Et si un fou rire pouvait vous aider à décrocher un job ?

Fou rire en entretien : un atout pour décrocher un poste ?

Se fendre la poire pendant un entretien d’embauche ? A priori, ce n’est ni le lieu, ni le moment. Et pourtant, à l’image de ces journalistes télévisés qui décrochent en plein direct, et finissent dans tous les bêtisiers du Nouvel An, cela peut arriver. Heureusement pour vous, cela restera entre vous et le recruteur (et les amis du recruteur, et les amis des amis du recruteur, et…). Situation absurde, interlocuteur blagueur, simple nervosité… Qu’est-ce qui peut déclencher un rire ? Peut-on réellement décrocher un poste par la suite ? Plusieurs lecteurs témoignent.

La tentative d’humour : quitte ou double

L’humour, c’est important pour vous ? Pour certains, cela veut dire beaucoup. Pour détendre l’atmosphère, Grégoire s’est essayé à quelques blagues. Alors qu’il passe un entretien dont l’enjeu est faible, il pense avoir trouvé un recruteur réceptif. « On avait à peu près le même âge, le même look, et j’avoue que le poste ne représentait pas un grand enjeu pour moi car j’avais déjà une offre ailleurs », explique-t-il. Son interlocuteur lui pose une question pointue sur son dernier poste, il décide de répondre par une réplique culte de son film préféré : OSS 117. « Honnêtement, elle était vraiment bien calée ! J’ai rigolé. Lui, non. J’ai compris qu’il ne comprenait pas. Il a compris que je comprenais qu’il ne comprenait pas. Gros blanc », raconte-t-il en rigolant. Il reprend l’entretien de lui-même, en répondant plus sérieusement à la question. « J’ai fait une ou deux tentatives d’humour supplémentaires, plus subtiles, mais elles sont passées inaperçues », ajoute-t-il. Quelques jours plus tard, assez surpris, il est recontacté. « J’imagine qu’au-delà de mon humour foireux, il a vu d’autres compétences en moi ?, s’interroge-t-il. Je n’ai pas pris le poste, mais j’ai bien rigolé donc ça valait le coup. » Et vous, comment est votre blanquette ?

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Le rire unilatéral : attention, danger

Si certains s’essaient à l’humour, d’autres vivent des situations cocasses sans les avoir anticipées. Quand le rire n’est pas partagé, peut-on tout de même tirer son épingle du jeu ? Parole à Clara et Thibault.

Clara vit à Paris, dans un appartement aux murs fins. Très fins. Alors qu’elle passe un entretien en visioconférence, elle entend ses voisins commencer des activités… exotiques. « J’ai commencé à pouffer, mais c’était surtout nerveux. Car la situation me semblait totalement absurde. » Si les bruits l’empêchent de se concentrer sur l’entretien, ils ne sont pas assez forts pour que son recruteur les entende également. « Je ne m’imaginais pas expliquer que mes voisins étaient en train de copuler contre le mur de mon salon. Je suis plutôt bonne au poker face, mais là je n’ai pas pu retenir quelques rires », se souvient-elle. Le recruteur, agacé, lui propose froidement de faire une pause ou de prendre un verre d’eau. Clara accepte et en profite pour couper sa caméra et son micro quelques secondes, puis frapper à son mur. « Ils se sont arrêtés, j’ai pu reprendre tranquillement, mais j’ai bien vu que le recruteur était plus froid », analyse-t-elle. Coïncidence ou pas, elle ne décrochera pas le poste. En revanche, ses voisins sont toujours aussi amoureux.

De son côté, Thibault vivait un entretien très classique en présentiel, pour un cabinet de conseil. « La RH était assez jeune. Elle me parlait du poste, des missions. Je pense qu’elle ne se rendait pas compte, mais elle utilisait un vocabulaire à double sens », explique-t-il. S’il parvient à se retenir quand elle évoque certaines missions parfois « longues et dures », il ne parvient pas à se retenir quand elle ajoute qu’il faut parfois « donner de sa personne ». « J’ai caché mon rire en faisant semblant de tousser. Plusieurs fois. Je me sentais un peu con, d’autant plus qu’elle ne rigolait pas du tout », continue-t-il. Son interlocutrice paraît franchement irritée, et poursuit ses explications. « On est passé d’une ambiance formelle à une ambiance glaciale. Et je n’ai évidemment pas eu le poste », ajoute-t-il. Aïe.

Heureusement, certains ont eu plus de chance.

Un fou rire ET un job ? Pourquoi pas 100 balles et un mars ?

Matthieu n’aurait jamais dû se rendre à cet entretien. Mais quand l’entreprise de ses rêves le contacte, il décide de braver son rhume carabiné et de s’y rendre, aidé d’un médicament aux effets secondaires notoires. Arrivé à l’accueil, il regrette sa décision, mais c’est trop tard : « Deux personnes m’ont accueilli et m’ont fait entrer dans une salle, partage-t-il. J’étais dans un état second. L’entretien a commencé normalement, mais assez rapidement, j’ai senti une terrible démangeaison dans ma gorge… » Matthieu essaie de faire bonne figure. Mais quand il est contraint d’ouvrir la bouche pour répondre à une question, il panique. Pris d’une quinte de toux, il se précipite à la fenêtre pour respirer, tire sur la poignée sans parvenir à l’ouvrir, incapable de s’exprimer. « La situation devenait absurde. Je toussais et je rigolais nerveusement en même temps, explique-t-il. Ils ont commencé à pouffer eux aussi, tout en essayant de m’aider. J’ai réussi à reprendre mon souffle, et on est tous partis dans un fou rire sans fin. » Ils reprennent laborieusement l’entretien. « Je toussais, je me mouchais, mon nez coulait sans s’arrêter. Vraiment, c’était épique, pour eux comme pour moi », ajoute-t-il. En sortant de l’entretien, il est convaincu qu’il ne décrochera jamais le stage. Et c’est très surpris que, quelques jours plus tard, il reçoit un appel de son futur manager pour lui annoncer qu’il avait su se montrer convaincant (et persévérant), entre deux quintes de toux. À vos souhaits !

Dans un autre registre, moins dégoulinant mais tout aussi gênant, Clémentine et son futur manager ont eu le malheur de surprendre un extrait de conversation inhabituel, d’un collaborateur qui passait un appel dans la salle adjacente. « Visiblement, il était en conversation avec sa crèche ou sa nounou, explique-t-elle. Son enfant devait être malade, et il cherchait tranquillement à en savoir plus sur la couleur et la texture de… ses selles. » Simple, basique. « Je n’aurais osé rigoler s’il n’avait pas commencé. J’aurais eu peur de passer pour une fille un peu puérile, ajoute-t-elle. Sur le coup, ça m’a vraiment détendue et j’ai eu l’impression de passer le reste de l’entretien avec beaucoup plus de naturel. Même si après l’entretien, j’ai quand même douté sur l’image que ça avait donné de moi. » Verdict ? Clémentine, elle aussi, a eu le poste. Ouf.

Alors, le fou rire, votre meilleure arme en entretien ? C’est en tout cas un conseil que la science pourrait vous donner. Une récente étude conclut que le rire fonctionne comme un ciment social : non seulement le rire authentique peut nous aider à nous relaxer, mais le rire partagé communique aux autres que nous avons la même vision du monde, et renforce les relations. Alors, pourquoi se priver ?

Article édité par Manuel Avenel, photo Thomas Decamps pour WTTJ

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