Être un bon manager en 10 règles clés

29 juin 2022 - mis à jour le 29 juin 2022 7min

Être un bon manager en 10 règles clés

auteurs

Luc Bretones

Fondateur de Purpose for Good, organisateur de l’événement “The NextGen Enterprise Summit” et président d’honneur du think tank Institut G9+

Master en management, séminaires, formations certifiantes… Manager une équipe est une discipline à part entière, voire même un art. Si vous vous apprêtez à endosser cette importante responsabilité, certains fondamentaux vous aideront à motiver vos équipes, à vous imposer en toute bienveillance et in fine, à gagner en légitimité. Quels que soient la taille de votre équipe et votre secteur d’activité, gagnez du temps et épargnez-vous quelques erreurs de débutant en mettant en application ces 10 règles clés pour devenir un bon manager.

1. Ne pas vouloir tout contrôler

Votre casquette de manager va de pair avec de nouvelles responsabilités. Parmi elles, on attendra notamment de vous que vous gardiez l’œil sur le travail de votre équipe, mais attention : il vous faudra résister à la tentation de les contrôler. Luc Bretones, CEO de NexGen et expert du Lab Welcome to the Jungle, l’affirme : « Le manager d’aujourd’hui doit changer d’attitude en passant d’une posture de surplomb à une posture de support. Il doit être dans le care, faciliter le quotidien de ses subordonnés et surtout favoriser l’émergence de l’intelligence collective, bien plus puissante que la somme des individus qui la composent. Ce faisant, il développe l’autonomie et la capacité de l’équipe à co-construire, à faire émerger des solutions nouvelles ».

Le secret ? Apprendre à déléguer et avoir confiance en l’autre. « Il est essentiel, dans cette optique, que chacun puisse s’exprimer de manière équitable, qu’on soit grande gueule ou plus discret par exemple », note Luc Bretones. « Le bon manager, lui, doit faire preuve d’une capacité d’arbitrage lorsque c’est nécessaire et faire le lien entre la raison d’être de l’organisation et l’équipe elle-même. Il doit aussi s’assurer que le collectif se concentre sur sa raison d’être plutôt que sur des projets accessoires… »

2. Laisser une liberté « encadrée » à chacun

Dès le début de votre prise de fonction, posez les bonnes règles de manière explicite. Exprimez clairement vos objectifs et ce que vous attendez de chacun : c’est une excellente manière de vous affirmer et de rassurer votre équipe. « Être précis sur le cadre permet de libérer les énergies et les potentiels de chacun. Bien déterminer les périmètres d’action est essentiel pour favoriser la créativité », affirme Luc Bretones. « Je suggère également d’adopter un management par les rôles plutôt que par les fiches de poste. Le principe d’un rôle, c’est qu’il donne à la personne une entière autonomie, ce qui va de pair avec la confiance qui lui est accordée », ajoute Luc Bretones. Et ne l’oubliez pas : un manager qui ne sait pas recadrer est perçu comme faible par son équipe. À l’inverse, recadrer à tout bout de champ ne permet pas d’être considéré comme un bon manager… L’idéal ? Être dans l’équilibre et ajuster le curseur en permanence.

3. Cultiver la transparence

« Cultiver la transparence, c’est donner un maximum d’informations à la personne que l’on manage pour qu’elle ait tous les outils en sa possession », explique Luc Bretones. « Historiquement, le pouvoir était corrélé au niveau d’accès aux informations. Aujourd’hui, avec Internet, ceux qui veulent en savoir plus le peuvent sans aucune difficulté. Gouverner en faisant de la rétention est donc archaïque ! » Essentiel également : faire des retours constructifs à ses collaborateurs. « On évite l’entretien annuel, qui est une pièce de musée », sourit Luc Bretones. « Le feedback doit s’envisager continuellement et les retours d’expérience être les plus fréquents possible, afin de toujours savoir ce qu’on peut améliorer ».

Pour faire des feedback constructifs, vous pouvez suivre ces trois étapes :

  1. D’abord, un feedback positif sur le comportement. Mettez en valeur les atouts de votre collaborateur !
  2. Ensuite, un feedback plus négatif. Exprimez avec clarté les points d’amélioration envisageables. Cette étape est la plus délicate mais sans elle, pas de remise en question donc pas d’évolution. Évitez le style direct, qui peut être froissant.
  3. Terminez par un feedback positif. Quelles que soient ses erreurs, la personne est ainsi reconnue dans sa qualité première : elle-même.

4. Apprendre à dire non

Votre titre de manager engendre une hausse de votre charge de travail. Votre premier défi ? Prouver que vous êtes à la hauteur de vos nouvelles responsabilités. Or, pour pouvoir assumer toutes vos tâches, il vous faut poser des limites.

  • Ne répondez pas oui à toutes les sollicitations.
  • Ne prenez que les dossiers à forte valeur ajoutée et déléguez les autres (en clair : priorisez).
  • Pour la gestion des flux de mails en continu, choisissez des plages horaires pour les consulter et dans l’intervalle, coupez les notifications.
  • Ne surchargez pas votre agenda et laissez vous des temps de concentration pour gérer les problèmes de fond : stratégie, vision, organisation de l’équipe.

« Il y a également la question du courage managérial ou de la capacité à être authentique, » note Luc Bretones. « Pour être un bon manager, il faut regarder les choses telles qu’elles sont et rester bienveillant en toute circonstance, mais sans tomber dans la complaisance. De trop nombreux managers évitent les problèmes et n’agissent pas assez tôt. Il faut être capable de trouver collectivement des solutions, de les mettre en œuvre au fil de l’eau. »

5. Favoriser la cohésion d’équipe

Ne perdez jamais de vue que vous êtes une seule et même équipe. Plus vous renforcerez le sentiment d’appartenance, plus votre écurie sera performante et opérationnelle. Alors, consacrez du temps à chacun de vos collaborateurs.

Comment créer l’effet dream team :

  • faites des réunions bien sûr, mais pas trop : les réunions à répétition sont parfois contreproductives ;
  • partagez votre vision, soyez transparent ;
  • fêtez les réussites individuelles et collectives en dehors de l’entreprise ;
  • valorisez votre équipe auprès de la hiérarchie et de vos homologues.

6. Équilibrer les moments formels et informels

Vos nouvelles fonctions de manager vous imposent un devoir de réserve. Certaines informations ne concernent en effet pas l’équipe, mais plutôt des décisions stratégiques que vous devez savoir garder pour vous. Ne critiquez en aucun cas votre hiérarchie auprès de votre équipe ! Même si certains moments seront dédiés à la décontraction et à des conversations plus informelles, être un bon manager vous oblige à garder une certaine distance, c’est un gage de votre légitimité. Ceci dit, « instaurer des rituels est essentiel parce qu’il sont efficaces et aident à l’émergence de la créativité et de la convivialité », pointe Luc Bretones. « Le manager est le chef d’orchestre de ces activités collectives. Il doit savoir aménager ces temps-là, qui souvent s’avèrent plus constructifs que les réunions à rallonge. »

7. Écouter ses collaborateurs

Apprenez à connaître l’ensemble de vos collaborateurs en sachant é-cou-ter. Vous cernerez ainsi mieux les personnes sous votre aile : leurs facultés, leurs différences, leurs forces et leurs faiblesses. C’est par l’écoute que vous créerez une synergie puissante et positive. En connaissant les forces des uns et celles des autres vous pourrez déléguer plus facilement et en toute confiance à la bonne personne. Cette ouverture vous servira aussi dans les tâches du quotidien qui incombent à un bon manager : la répartition des congés, les évaluations, les décisions sur telle ou telle formation… Prendre le temps d’écouter et d’échanger, c’est aussi progresser et créer une équipe solide et performante.

8. Montrer l’exemple

Dites ce que vous faites et faites ce que vous dites… Vous devez vous appliquer tous les principes que vous exigez des autres. C’est une condition indispensable pour inspirer le respect et être considéré comme un « modèle ». C’est aussi le moyen de s’affirmer comme un chef cohérent et juste dans ses décisions : un effet rassurant « anti-stress » pour vos collaborateurs. « C’est ce qu’on appelle le lead by example, ou walk the talk », précise Luc Bretones. « Il faut être *raccord avec son discours. Lorsque j’interviens dans des entreprises en tant que consultant managérial, je m’intéresse toujours en premier lieu à la direction : si les choses ne vont pas en haut, elles ne peuvent pas être intégrées en bas. Il faut toujours montrer l’exemple et mettre en œuvre ce que l’on dit. »

9. Ne jamais micro-manager

Le micro-management, c’est une attitude que l’on observe lorsqu’un responsable n’a de cesse de contrôler les faits et gestes de ses collaborateurs, leur mettant ainsi toujours plus de pression sur les épaules et créant volontairement ou pas des situations de tension. « Ça consiste à dire à une personne intelligente quels sont ses objectifs et comment les atteindre par le menu détail », clarifie Luc Bretones. « C’est insupportable, parce qu’il faut laisser aux individus la capacité de décider par eux-mêmes comment ils vont aller de la situation actuelle à l’objectif fixé. » Selon lui, le risque de basculer vers le harcèlement, dans ce cas de figure, n’est pas négligeable. « C’est le poison des organisations. Ce qu’il faut faire, c’est expliquer clairement ce qu’on attend, être à l’écoute si la personne a besoin d’aide, mais la laisser en charge de son rôle, car elle est la plus compétente pour le faire, ayant été spécifiquement recrutée pour ça. Il faut garder en tête qu’un bon manager est un soutien, mais qu’il ne doit en aucun cas donner la marche à suivre par le détail à celui qu’il dirige ».

10. Instaurer le droit à l’erreur

« Voilà un autre stigmate des entreprises où il ne fait pas bon vivre : un droit à l’erreur inexistant », alerte Luc Bretones. « La recherche l’a prouvé : les individus ne commettent pas d’erreurs par plaisir. Ce qu’il faut, c’est considérer les faux pas comme des sources de progrès et non comme des sources de tensions. » Aménager ce droit à l’erreur, c’est donc créer une sécurité psychologique pour son équipe, qui s’avère absolument nécessaire si l’on veut s’entourer d’individus proactifs. « Pour être créatif et inventif, il faut être détendu. Le cerveau droit se débloque uniquement lorsque les gens ne sont pas stressés. Ainsi, un bon manager qui rassure ses équipes et leur laisse le temps de l’amélioration, c’est aussi un chef qui aide à grandir, à se perfectionner, à vouloir faire mieux. C’est un point de management moderne essentiel ! »

Au-delà de tous ces conseils, l’essentiel reste de donner du sens à son job au jour le jour. Vous avez un seul et même but : impulser une dynamique entre plusieurs individus et faire d’une équipe un ensemble cohérent évoluant dans un cadre bienveillant. On ne naît pas bon manager, on le devient. Apprenez l’art de l’équilibriste, un dosage subtil entre autorité et flexibilité, où il s’agit d’obtenir sans imposer, d’écouter et d’être en mesure de trancher. Et puis, gardez en tête que vous ne plairez pas à tout le monde… Alors, ne prenez pas tout trop à cœur sauf, bien sûr, cette nouvelle fonction de manager qui vous promet des projets passionnants et valorisants.

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Article édité par Ariane Picoche, photo : @SeeConcept pour WTTJ

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