Le récap des infos RH : que s'est-il passé en février ?

Le récap des infos RH : que s'est-il passé en février ?

70% des salari.é.s français.e.s…

…se trouvent fréquemment en situation d’anxiété. C’est ce que nous dévoile une récente étude du Boston Consulting Group (BCG), réalisée en partenariat avec l’institut Ipsos, au sujet de l’impact de la pandémie sur les salarié.e.s français.e.s et leurs perspectives de carrière.
Crise oblige, plus de deux tiers des répondants décrivent des conséquences néfastes importantes en raison du contexte, à commencer la généralisation du télétravail, sur leur santé mentale. La sonnette d’alarme est tirée avec notamment 32% des salarié.e.s qui déclarent ressentir des signes de mal-être sur le plan personnel. Les conséquences ? Un risque de décrochage professionnel pour une partie du personnel se profile : « 50% d’entre eux envisagent de réduire leur investissement dans leur travail, en donnant davantage de place à leur vie personnelle. Plus d’un sur cinq envisage même de faire une pause professionnelle, en arrêtant de travailler pendant un temps. »

La quote RH du mois

« Le télétravail, ça ne se décrète pas […] Le télétravail est basé sur le principe dit du double consentement entre l’employeur et le salarié. Dès l’instant que vous rendez un dispositif de cette nature obligatoire, vous êtes tenus à l’obligation de moyens pour le réaliser. »

François Hommeril, président de la CFE-CGC, soucieux des différents tenants et aboutissants de ce mode de travail dans la durée, après la remontée de bretelles de la ministre du Travail Elisabeth Borne estimant un relâchement du recours au remote ces dernières semaines.

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Loi pour la santé au travail : la prévention l’emporte (enfin) sur la réparation

Le nombre de maladies professionnelles a augmenté de 1,7 % par rapport à 2019. Vous l’aurez compris, l’année 2020 nous a donné un sacré uppercut au moral (spoiler : 2021 semble également bien partie). Afin de « répondre aux enjeux contemporains et futurs », pour reprendre les propos de la députée LREM Charlotte Parmentier-Lecocq, une proposition de loi pour la santé au travail – qui transpose en grande partie les mesures développées dans l’accord national interprofessionnel (ANI) de décembre 2020 – a été votée par les député.e.s le mercredi 17 février dernier.
Le but ? Renforcer l’information en santé des salarié·e·s et favoriser la prévention des risques, avec notamment une extension des obligations de prévention inhérentes aux entreprises. Leurs nouvelles compétences s’étendent à l’évaluation et la prévention des risques professionnels, mais également à la promotion de la santé sur le lieu de travail, notamment avec la prise en charge de campagnes de vaccination et de dépistage.
Autre mesure phare de cette loi : la création d’un « passeport prévention » qui consiste à recenser toutes les formations suivies par les salarié.e.s sur la sécurité et la prévention. Ce passeport sera incorporé dans celui d’orientation, de formation et de compétences, accessible depuis la plateforme « Mon compte formation ».

Après les tickets resto, des titres-bureau pour lutter contre les inégalités du télétravail ?

Un an après l’apparition du Covid-19, le recours au télétravail se veut encore la règle plus que l’exception. Un état de fait où les inégalités en matière de santé mentale comme des conditions d’exercice de ce mode de travail (l’un et l’autre ne sont-ils d’ailleurs par liés ?) rentrent malheureusement peu en ligne de compte. Reste que celui/celle qui télétravaille depuis sa spacieuse maison en bord de mer, semble bien mieux lotti.e que cet.te autre coincé.e entre les quatre murs de son studio.
Pour pallier ces inégalités, plusieurs sénateurs ont déposé une proposition de loi afin de favoriser le développement d’un télétravail plus juste, avec notamment la création de titres-bureau.
L’idée ? Favoriser le recours à des tiers-lieux ou des espaces de co-working. Dans la même lignée que son cousin le ticket-resto, le titre-bureau permettrait aux salarié.e.s de régler une partie de la location d’un espace de travail approprié, à proximité de leur domicile. Le retour à une vie professionnelle plus sociale et égalitaire pour les uns, des avantages fiscaux et sociaux pour les autres (réduction d’impôt de 50% des dépenses engagées pour les loyers payés, suramortissement pour les entreprises de moins de 250 salariés qui achèteraient des locaux). Alors, qui dit mieux ?

Pas de vaccin, pas de boulot ?

À moins de vous être exilé.e au bout du monde, sans télévision ni réseau, vous avez déjà eu tout le loisir de savourer les nombreux débats à l’oeuvre en matière de vaccination contre le Covid-19. Si les entreprises sont officiellement rentrées dans la danse du plan national de vaccination, depuis le 25 février 2021, elles ne le peuvent qu’à certaines conditions : à l’égard notamment de leurs salarié.e.s âgé.e.s entre 50 et 64 ans, présentant des comorbidités. Et bien évidemment, la vaccination reste au bon vouloir des collaborateurs.rices, sur la base du volontariat.
Nos voisins britanniques, eux, envisagent déjà un tout autre scénario : celui de la rendre obligatoire en entreprise. Selon les dires de certains cabinets d’avocats anglo-saxons, plusieurs organisations réfléchiraient au fait de faire figurer cette obligation sur leurs futurs contrats de travail. Un facteur discriminant, qui créé la polémique au sein du pays. Vous l’aurez compris, il se peut qu’Outre-Manche, le plus important pour décrocher un job soit bientôt d’être vacciné.e. Affaire à suivre !

Vers une possible syndicalisation, Amazon n’en mène pas large

Une page marquante de l’histoire d’Amazon est-elle sur le point de s’écrire ? Le 8 février 2021, près de 5 800 employé.e.s d’un entrepôt situé dans l’Alabama, aux Etats-Unis, ont créé la surprise (à commencer celle de leur direction) en revendiquant la création d’un syndicat au sein de l’entreprise. La patience étant mère de toutes les vertus : l’ensemble des collaborateurs.rices ont jusqu’au 29 mars 2021 pour envoyer leur scrutin.
Une mobilisation qui ne semble pas être au goût du géant américain, qui a décidé de s’entourer du consultant Russell Brown – également connu pour son aide dans l’opposition d’une loi de protection du droit du travail (l’homme de la situation donc) – afin de contrecarrer l’élection. L’initiative de sabotage ne s’arrête pas là : tentative de report de l’élection, distribution de tracts… tout est mis en oeuvre pour faire échouer le projet.
Pourquoi un tel remue-ménage nous direz-vous ? Parce qu’en dépit de sa masse salariale d’envergure (pas moins de 1,3 millions de salarié.e.s à travers le monde, dont une majorité de livreurs indépendants dont les droits au travail trouvent peu d’écho), aucun syndicat n’est jamais parvenu à voir le jour chez Amazon. Cette première brèche pourrait ainsi ouvrir la voie à la revendication d’un cadre et de conditions de travail plus saines. Pas le bout du monde, mais visiblement pas si simple !

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