Obsession algorithmique : la story inspirante de Quentin Lechémia

La story inspirante de Quentin Lechémia

À 28 ans, Quentin Lechémia a déjà eu plusieurs vies. Après être passé à côté d’une possible carrière sportive, il se lance dans la musique et découvre les failles de l’industrie. Il décide alors de créer en 2011 une plateforme digitale pour mettre en contact artistes, majors et marques grâce aux algorithmes : My Band Market. Après sept années et deux pivots : My Band Market est devenue ELISE qui propulse aujourd’hui la solution SocialWall.me. Long story short, Welcome to the Jungle vous raconte cette belle histoire entrepreneuriale.

De 2008 à 2012, tu t’es lancé à fond dans la musique mais tu as renoncé à faire carrière dans ce domaine, pourquoi ?

En 2008, on a créé avec un ami un groupe qui s’appelait Destronics. Quand ça a commencé à bien marcher pour nous, certains labels nous ont demandé d’être focus et de tout arrêter pour ne faire que de la musique. J’adorais ce que je faisais mais je sentais bien qu’intellectuellement ça n’allait pas être suffisant car je ne voulais pas juste composer des chansons. Je voulais créer autre chose et mettre les mains dans le cambouis ! C’est pour ça que j’ai créé My Band Market en 2011.

J’adorais ce que je faisais mais je sentais bien qu’intellectuellement ça n’allait pas être suffisant […] Je voulais créer autre chose et mettre les mains dans le cambouis !

Quel était le concept ?

C’était une plateforme où tous les musiciens étaient cotés grâce à un algorithme qui utilisait les données issues de Facebook ; le nombre de commentaires, de fans, de likes etc ; pour fixer un prix. Ça allait de 100 euros pour un petit artiste à 500 000 euros pour David Guetta par exemple. Il y avait 8000 artistes et bookers inscrits. La plateforme permettait aux premiers d’évaluer leurs prestations live et de se faire connaître, et aux seconds de découvrir des artistes et de les booker pour des concerts. Et moi, je prenais les commissions sur les mises en relation générées par le site.

D’où est sorti cet algorithme ?

Ma chance a été de savoir coder seul, j’ai appris en autodidacte avec Myspace au départ, puis grâce à des forums et des tuto’. Avec cette compétence, je faisais aussi des sites pour des clients ce qui m’a aidé à financer mon activité. Mais ça me permettait surtout d’être indépendant dans la création de mon business car si j’avais dû payer quelqu’un pour le faire, ça m’aurait coûté une fortune et j’aurais planté cinq fois ma boîte !

Ma chance a été de savoir coder seul […] Si j’avais dû payer quelqu’un pour le faire, ça m’aurait coûté une fortune et j’aurais planté cinq fois ma boîte !

Comment a évolué la structure ?

On a réalisé un premier pivot en 2014 et My Band Market est devenu ELISE, d’après le nom du coeur algorithmique qu’on avait créé. On s’était rendu compte que l’on pouvait, en plus de coter les artistes en euros, leur donner aussi une note d’influence sur 100 en fonction de leur impact sur les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et le bruit médiatique généré sur plus de 200 000 médias. C’est à ce moment là qu’on s’est dirigé vers la big data.

On a réalisé un premier pivot en 2014 et My Band Market est devenu ELISE […] C’est à ce moment là qu’on s’est dirigé vers la big data.

À qui s’adressait ce nouveau service ?

C’était un service BtoB qui aidait les labels à détecter les nouvelles tendances musicales et les marques à trouver exactement l’artiste dont ils avaient besoin pour une nouvelle publicité en fonction du message qu’ils voulaient véhiculer et de la cible qu’ils voulaient toucher. Et pour les artistes c’était une manière de gagner leur vie au delà des concerts et du merchandising.

Tu parles au passé, pourquoi ?

Oui car on a largement dépassé les frontières de la musique depuis avec ELISE. Nous avions développé une technologie hyper performante mais sous exploitée. Dans ce secteur, tu peux avoir la meilleure techno du monde, avant d’être rentable, ça peut prendre beaucoup beaucoup de temps !
Nous l’avons clairement réalisé quand notre side project SocialWall.me - qui utilisait notre même coeur algorithmique - captait une traction bien plus importante, notamment auprès des grands comptes. Du coup, notre side project n’est pas resté “side” très longtemps !

Comment ça fonctionne ?

SocialWall.me permet d’agréger toutes les interactions sociales autour d’une marque, de les scorer avec une analyse profonde du contenu et des influenceurs, et d’en faire ressortir le contenu le plus engageant. On a élargi notre expertise datas : de la musique à la prescription BtoB pour des entreprises et des marques. Depuis on a signé une soixantaine de très belles marques et d’agences qui utilisent notre service pour leurs événements - pour afficher et modérer les contenus des réseaux sociaux - ; dans leurs bureaux - pour créer de l’interaction interne et avoir tous les analytics utiles à leur développement - et enfin en magasins, en intégrant une toute nouvelle expérience interactive dans le secteur du retail.

SocialWall.me permet d’agréger toutes les interactions sociales autour d’une marque, de les scorer avec une analyse profonde du contenu et des influenceurs, et d’en faire ressortir le contenu le plus engageant.

Tu peux nous donner un exemple concret ?

Notre objectif est de créer le format publicitaire de demain. Nous souhaitons voir afficher du contenu social ciblé sur les écrans dynamiques des boutiques, des lieux de transports, et tout espace public.

Prenons l’exemple d’une affiche de film dans le métro. Aujourd’hui, tu vas voir une critique figée de Télérama en gros dessus. Super, mais pas sûr que leur avis te touche. En revanche, s’il est affiché des avis dynamiques d’influenceurs que tu connais et qui ont été repérés par nos algorithmes comme convenant à la cible du film, ça semble beaucoup plus pertinent !

Notre objectif est de créer le format publicitaire de demain.

Et quelles sont les perspectives futures ?

On est actuellement en “road show” (une tournée de prospection auprès de futurs potentiels investisseurs financiers, ndlr) pour lever de l’argent auprès d’acteurs de la tech et du retail. Ce tour va notamment nous permettre d’agrandir l’équipe. Aujourd’hui on est 10 mais l’objectif est d’être entre 20 et 25 fin 2018, avec un renforcement de nos équipes R&D et sales, pour développer notre solution en France et pays limitrophes, puis d’aller à l’international en 2019.

Après 7 ans de travail pour développer cette techno et 2 pivots : comment te sens tu en tant qu’entrepreneur ?

Toujours à fond ! Si je me lève à 6h le matin pour aller au bureau, je suis content et j’ai hâte ! C’est aussi ce que j’essaie d’insuffler à mon équipe. Je ne dis jamais “je vais au boulot” ou “je travaille”, je me lève tous les matins pour m’amuser et faire vivre ELISE et notre “projet-passion” SocialWall.me devenu le coeur de notre aventure.

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Photo by Marie Ouvrard pour Encore Magazine

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