Les 10 mots et expressions à bannir au travail en 2022

10 mots et expressions à bannir du travail en 2022

On ne va pas se mentir, 2021 n’a - finalement - pas vraiment été “The year to be”… Si on résume rapidement, on aura fait rimer “confinement / déconfinement” avec “passe sanitaire”, envie de changer de carrière et grosses fatigues pas passagères. En télétravail ou dans les open-space (fenêtres ouvertes s’il vous plaît), ça n’a pas été facile tous les jours. Alors bon, pour 2022 on était prêt à vous souhaiter tout le bonheur du monde, et que quelqu’un vous fasse un rappel de vaccin, mais on ne voulait pas non plus paraître trop optimistes… Alors on s’est dit que, pour rendre quand même la vie au travail un peu plus agréable cette année, on pouvait au moins vous aider à bannir les 10 mots et expressions pro qui nous rendent tous·tes un peu chèvres ! Pour cela, on a demandé à Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, auteur de « Les 100 expressions à éviter au bureau et ailleurs », de nous livrer sa petite sélection. Objectivité 100% garantie.

« La rentrée »

C’est quand la rentrée ? Vous en savez quelque chose, vraiment ? Il y a encore deux ans, c’était clair : rentrée de septembre – la vraie de vraie ! –, rentrée de nouvelle année, et toutes celles qui suivent les vacances scolaires… La « rentrée » était encore un mouvement physique symbolique, un grand retour au travail. Désormais, la rentrée peut se faire en télétravail depuis son canapé… Le mot rentrée a-t-il encore un sens tant que le monde ne tourne pas rond ? Évitons-le en 2022, et reprenons son utilisation dès que tout ira mieux… en touchant du bois !

« Covid friendly »

C’est hallucinant de constater à quel point la mode des anglicismes au bureau a encore, en 2021, réussi à engendrer des horreurs linguistiques ! « Nan mais attends, tu veux vraiment maintenir la réunion à six en présentiel ? C’est pas très Covid friendly. » Ou mieux : « Pour le déjeuner d’équipe de fin d’année, faisons en sorte que ce soit Covid friendly ; laissons deux places libres entre chacun de nous, et portons nos masques entre les plats ! » (ha ça, ça va être super friendly !) Au bureau, certain·e·s se sont même improvisé·e·s experts pour décréter ce qui est Covid friendly et ce qui ne l’est pas du tout. D’ailleurs, si vous avez un doute, n’hésitez pas…

« On fait ça en visio, hein ? »

Heuuuu, non. Pas vraiment. Il est 9h15, je sors à peine de la douche, et j’ai un look vestimentaire “full remote.Traduction : je suis en caleçon ou, au mieux, en pantalon d’intérieur. Qui, en 2022, a réellement envie de passer sa journée en visio ? Qui aura l’outrecuidance de dire que, réellement, c’est mieux que d’échanger « en vrai » ? Gageons d’une réalité : pendant que nous étions assignés à résidence, privés de libertés et d’interactions sociales, nous nous sommes largement persuadés que les Microsoft Teams et autres Google Meet nous sauvaient la vie – ce qui est en partie vrai – et que ce quotidien sur écran était une vie normale. Sans blague ! La visio, c’est pratique. Cela dépanne. Certes. Mais, franchement, c’est pas une vie.

« Tu as pris ton après-midi ? »

On prend les mêmes et on recommence ! Le retour au bureau, cela signifiait retrouver nos petits camarades, avec leurs qualités et leurs défauts. Pour notre plus grand malheur, ce collègue présentéiste borné en fait partie. Il est environ 16h45. « Tiens, bin, tu as pris ton après-midi ? » Cette phrase, lancée sur le ton de la plaisanterie – même si c’en était une, elle serait mauvaise – n’avait déjà plus grand intérêt dans le monde d’avant (Covid)… Aujourd’hui, elle a des allures préhistoriques ! Comment diable, après avoir passé des mois en télétravail, peut-on encore se soucier des heures de présence au bureau ? Plus que jamais, juger la qualité d’un individu sur la base de sa présence sur son siège – aussi confortable qu’il soit – est stupide.

« Agile »

C’était déjà un « buzzword » totalement officiel. Mais franchement, en 2022, à force d’agilité permanente, on risque d’avoir de sévères courbatures. Voire des lumbagos. Ou des côtes fêlées. C’est paradoxal : précisément, c’est lorsque l’on parle d’être « agile » dans n’importe quel contexte qu’on tourne sur soi-même dans une roue de hamster lexicale particulièrement statique !

« Hybride »

Encore une jolie formule qui donne l’impression d’être dans une concession automobile avec un commercial qui vante les prouesses écologiques d’un véhicule sans charme. Dans l’entreprise, le terme est duplicable à merci : management hybride, bureau hybride, poste de travail hybride, fiche de paie hybride… À certains moments, je me demande si mon corps ne va pas se scinder en deux : les jambes et le tronc à la maison, au repos. Et ma tête élégamment coiffée d’un épais casque audio posée sur mon bureau, à quelques kilomètres de là. De cette façon ingénieuse, mes jambes pourraient aller chercher ma fille à la crèche, et ma tête continuer à bosser tranquillement. Le progrès ! Le salarié hybride, découpé et augmenté !

« On se fait la bise ? »

Vous n’avez pas honte ?! Armez-vous de vigilance (et de bon sens). Attention à qui vous tendez votre joue ou votre main ! Pour des raisons évidentes, ces gestes simples du monde d’avant ne sont toujours pas en vigueur… Si vous faites un excès de zèle, certains auront d’ailleurs une réaction épidermique ! Et vue l’accumulation de tensions ces derniers mois, évitons de tendre davantage nos relations pro. En 2022 - du moins en ce début d’année - il semble que la fameuse salutation du coude ou du poing va rester la norme.

« Le monde d’après »

Voilà un insupportable tic de langage utilisé avec excès par les politiques et les personnalités médiatiques. Je confesse l’avoir moi-même plusieurs fois employé en interview… Quelle faiblesse ! Au bureau aussi, le monde d’après, c’est ce fameux renvoi vers des horizons meilleurs, « quand l’activité aura repris »… Ce moment où vous aurez enfin votre variable ou votre augmentation de 10% promise depuis si longtemps. Le monde d’après, dans le langage corporate, c’est une façon de botter en touche… et de remettre aux calendes grecques ! Ne vous faites pas avoir. D’autant que ce monde d’après – l’écrire me donne presque des frissons tellement il m’agace – est un ballon de baudruche linguistique facilement dégonflable : quand vous aurez fini de lire ces lignes, nous y serons déjà !

« Le masque sur le nez s’il vous plaît ! »

Que ce soit au bureau, dans la rue, dans le métro ou au supermarché, certains de nos concitoyens aiment à se prendre pour des petits flics dès qu’ils en ont l’occasion. Un ami - qui hait le port du masque, comme tous les êtres humains normalement constitués - me racontait le curieux objectif professionnel d’une collègue. Sa mission est simple : repérer TOUS les clients dont le masque n’est pas porté correctement et leur signaler sur un ton réprobateur. Cela commence par un regard, des sourcils qui se froncent, un geste qui montre son visage, puis cette phrase laconique : « Le masque sur le nez ! » Elle aurait même poussé le vice jusqu’à écrire un mail à la DRH pour signaler un collègue récidiviste ! Vivement que le masque n’ait plus besoin d’être sur le nez. Ni nulle part ailleurs. À part peut-être à la télé. Vous savez, le monsieur tout vert qui hurle « Splendide ! »

« Du coup »

Chaque année, je prie pour que “du coup” cesse de sortir constamment de nos bouches sans que nous nous en rendions compte. À chaque coup de téléphone où mon interlocuteur dit “du coup” toutes les 20 secondes, j’ai envie que l’Académie Française prenne des mesures pour interdire cette formule, et que son utilisation soit passible d’une amende de 135 euros. Du coup, pour 2022, je vous souhaite de ne pas l’entendre. Et du coup, de ne surtout pas l’utiliser !

Article édité par Clémence Lesacq ; Photo de Thomas Decamps pour Welcome to the Jungle

  • Ajouter aux favoris
  • Partager sur Twitter
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Linkedin

Pour aller plus loin

Les derniers articles

Suivez-nous !

Chaque semaine dans votre boite mail, un condensé de conseils et de nouvelles entreprises qui recrutent.

Vous pouvez vous désabonner à tout moment. On n'est pas susceptibles, promis. Pour en savoir plus sur notre politique de protection des données, cliquez-ici

Et sur nos réseaux sociaux :