Freins à l'immigration : quels impacts sur les ressources humaines ?

Freins à l'immigration : quels impacts sur le recrutement ?

Historiquement, on oppose deux positions concernant le lien entre l’immigration et le monde du travail. Dans le paradigme industriel, la position des entreprises et des employeurs était traditionnellement ouverte à plus d’immigration parce que cela s’accompagne d’un meilleur accès à une main-d’œuvre bon marché, prête à accepter des emplois souvent difficiles à pourvoir, et parce que cela exerce une pression à la baisse sur les salaires locaux. À l’inverse, les syndicats et les travailleurs étaient souvent hostiles à plus d’immigration parce que cela menace leur pouvoir de négociation.

Dans le monde d’aujourd’hui, la dichotomie entre la première et la seconde position n’est plus aussi nette. Le monde est de plus en plus fragmenté. Le populisme a conquis des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, qui étaient des pôles d’attraction pour les immigrés en quête de nouvelles opportunités. En Europe également, des gouvernements plus populistes (en Pologne et en Hongrie, pour n’en citer que deux) ont cherché à imposer davantage de restrictions à l’immigration, et même, depuis la pandémie, aux mouvements intracommunautaires. C’est devenu évident depuis l’élection de Trump et le référendum du Brexit : nous sommes entrés dans une phase qui va rendre la vie plus difficile aux migrants et à ceux qui les recrutent.

Au Royaume-Uni, un Brexit « dur » se profile (en décembre 2020) qui mettra un terme brutal aux mouvements des citoyen.ne.s de l’UE vers le Royaume-Uni. Cela réduira considérablement le réservoir de talents dans de nombreux secteurs devenus dépendants des travailleurs/travailleuses de l’UE : la santé (le NHS), le soin aux personnes âgées, la garde d’enfants, la restauration, la construction… mais aussi les startups, et le secteur bancaire.

En 2019, on estimait à 2,31 millions le nombre de ressortissants de l’UE travaillant au Royaume-Uni. Beaucoup d’entre eux/elles resteront au Royaume-Uni dans le cadre du “Settlement Scheme”, mais très peu de nouveaux ressortissants de l’UE pourront dorénavant venir travailler au Royaume-Uni. Cela va tarir le vivier de travailleurs/travailleuses pour tous les recruteurs, même si davantage d’immigrés hors UE arriveront au Royaume-Uni dans les années à venir. Rien n’était plus facile pour les recruteurs que d’embaucher des ressortissant.e.s de l’UE dans le cadre du marché unique. Les nouvelles frictions à l’embauche seront coûteuses pour les entreprises.

Aux États-Unis, où l’épidémie de coronavirus fait des ravages, Trump a adopté des décrets inédits pour mettre un terme (temporaire ?) à toute forme d’immigration. Il opérait auparavant une distinction entre les immigré.e.s « méritant.e.s », hautement qualifié.e.s, qu’il semblait souhaitable de continuer à faire venir, et les « non méritant.e.s », peu qualifié.e.s, jugé.e.s moins désirables (ce qui n’a rien à voir avec la réalité des besoins des employeurs puisque les besoins les plus importants se trouvent dans les emplois peu qualifiés), mais le récent moratoire de Trump sur les visas H-1B (travailleurs qualifiés) affectera les entreprises qui ont besoin d’ingénieurs, de data scientists, de chercheurs (en particulier la Silicon Valley).

Le Covid-19 a érigé de nouveaux murs entre les nations. De nombreux pays ont imposé des restrictions sans précédent à l’immigration, et pourraient profiter de la crise économique actuelle pour prolonger ces restrictions au-delà de la pandémie. Mais au-delà du court terme — de nombreuses personnes sont toujours au chômage et la pandémie est loin d’être terminée — cela pourrait avoir des conséquences de long terme sur le monde de l’emploi.

Les restrictions à l’immigration provoqueront une polarisation plus forte sur les emplois faiblement rémunérés

Plusieurs secteurs ne peuvent tout simplement pas fonctionner sans un afflux constant de nouveaux immigré.e.s parce que les emplois qu’ils offrent sont très mal payés, dangereux et/ou peu attrayants. La pandémie a rendu ces emplois plus visibles et a mis en lumière certains des problèmes qui se poseront à l’avenir.

  • Dans l’agro-alimentaire, la production sera plus chère et moins sûre

Les travailleurs des abattoirs, par exemple, sont majoritairement des immigré.e.s. Souvent décrit.e.s comme des « esclaves modernes », les travailleurs des usines de production de viande sont particulièrement exposé.e.s au virus, comme on l’a vu aux États-Unis ou en Allemagne. Dans ces deux pays, les abattoirs ont provoqué de nombreuses contaminations (notamment en raison de mauvaises conditions de travail). Aux États-Unis, le CDC (Center for Disease Control) a estimé que la moitié des cas de Covid-19 peuvent être imputés aux abattoirs.

De même, les travailleurs agricoles sont en grande majorité des immigré.e.s aux États-Unis. Comme l’explique cet article du New York Times, « la grande majorité des personnes qui récoltent les fruits et légumes sont des immigré.e.s sans papiers, principalement du Mexique, dont beaucoup vivent aux États-Unis depuis des décennies. Souvent parents d’enfants nés aux États-Unis, ils vivent depuis des années avec la menace de la déportation qui plane au-dessus de leurs têtes. » Faute d’un nombre suffisant d’immigré.e.s, les récoltes peuvent littéralement pourrir dans les champs.

Quant aux caristes et livreurs, on compte parmi eux également beaucoup d’immigrés, comme dans tous les métiers qui nous permettent d’avoir de la nourriture sur nos tables. Pour les entreprises de l’agro-alimentaire et les commerçants, ces immigrés représentent le dernier maillon (critique) de la chaîne. S’il y en a moins, il sera plus difficile d’assurer les recrutements, ce qui rendra la logistique et la livraison plus coûteuses. Enfin, les restaurants dépendent fortement des immigrés pour travailler dans les cuisines, servir les clients ou faire la vaisselle.

Avec un accès réduit à ces travailleurs immigrés qui participent à la production et à l’acheminement des aliments vers les tables des consommateurs, la production et la distribution pourraient devenir moins sûres (les conditions pourraient devenir encore plus désastreuses dans les abattoirs, par exemple), moins fiables (les pénuries ou les excédents alimentaires pourraient être plus fréquents, comme cela a été le cas pendant la pandémie) et, au final, plus coûteuses.

  • Les femmes actives risquent de payer le prix fort et le vivier de talents pourrait se réduire dans tous les secteurs

Dans tous les pays de l’OCDE, la santé, les soins aux personnes âgées et la garde d’enfants dépendent en grande partie des immigré.e.s. « Alors que la pénurie de travailleurs américains pour s’occuper des personnes âgées et des handicapés s’aggrave, les freins à l’immigration risquent d’aggraver la situation », affirment les chercheurs. Il en va de même pour le ménage et la maintenance. Au Royaume-Uni, le secteur médico-social (toutes ces personnes « qui s’occupent de ceux qui ne peuvent pas s’occuper d’eux-mêmes, comme les handicapés ou les personnes âgées ») dépend fortement des travailleurs/travailleuses de l’UE et des immigré.e.s.

Au Royaume-Uni, le plan d’immigration post-Brexit rendra la vie difficile aux organisations de ce secteur : cela sera de plus en plus compliqué pour elles de recruter les personnes dont elles ont besoin. Dans le cadre du nouveau plan, les personnes qui souhaitent travailler au Royaume-Uni se verront attribuer des points en fonction de leurs qualifications et de leur niveau d’anglais. On laissera passer beaucoup moins de travailleurs. La pénurie aura deux effets. Dans le secteur privé, certains travailleurs pourraient être mieux payés, et le prix de ces services sera sensiblement plus élevé. Ces solutions privées de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées ne seront abordables que pour les plus riches. Dans le secteur public, il y aura une pénurie constante de personnels qui dégradera la qualité du service et les conditions de travail des travailleurs concernés (ce qui rendra d’autant plus difficile leur recrutement).

Une pénurie d’immigrés va donc amplifier la polarisation entre les services privés et les services publics. Alors que la garde d’enfants et les soins aux personnes âgées deviendront de plus en plus inabordables (ou de qualité insuffisante), de plus en plus de travailleurs devront quitter leur emploi pour s’occuper (gratuitement) d’un enfant ou d’un parent. Parmi ceux-là, on compte une majorité de femmes. ([Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’abandonner leur travail ou de réduire leurs heures de travail pour s’occuper d’un enfant ou d’un parent.]https://www.carersuk.org/news-and-campaigns/features/10-facts-about-women-and-caring-in-the-uk-on-international-women-s-day)) Cela pourrait accroître encore l’écart entre les femmes et les hommes, et réduire encore le réservoir de talents pour les entreprises. En effet, les actifs qui quittent le marché du travail pour s’occuper de quelqu’un d’autre travaillent dans tous les secteurs.

En bref, les freins à l’immigration peu qualifiée ont un double impact sur les recruteurs : il devient plus difficile de recruter des travailleurs peu rémunérés, et il est plus difficile de recruter toutes sortes de travailleurs car un plus grand nombre d’entre eux doivent quitter un travail rémunéré pour effectuer un travail non rémunéré. En outre, cela entraîne une diminution du PIB et des recettes fiscales, car le travail rémunéré est remplacé par du travail non rémunéré. La pression fiscale sur les autres contribuables peut s’en trouver accrue.

  • Robots et esclaves : moins d’immigration, c’est plus d’automatisation et plus d’exploitation humaine

Face à la pénurie de main-d’œuvre et à l’augmentation des coûts, les employeurs sont incités à poursuivre leurs efforts d’automatisation. Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, car le travail mal rémunéré automatisable est souvent très dur. Jusqu’ici, beaucoup des tâches qui pouvaient être automatisées ne l’ont pas encore été parce que le travail humain était trop bon marché (moins cher que l’investissement nécessaire pour automatiser ces tâches). L’augmentation des salaires s’accompagne généralement d’une automatisation accrue. Mais dans certains secteurs, comme celui de la restauration, peu de tâches peuvent être automatisées. Certaines peuvent être effectuées par les consommateurs, c’est pourquoi les restaurants avec un modèle de libre-service et les food courts se développent.

Dans les services de proximité, notamment le ménage, la garde d’enfants et les soins aux personnes âgées, de nombreuses tâches ne peuvent pas être automatisées. Le ménage dans une maison ou des bureaux, par exemple, est difficile à automatiser. Les employeurs continueront donc à dépendre de travailleurs humains, qui seront de plus en plus souvent des immigrés clandestins. Les employeurs d’immigrés clandestins sont bien sûr confrontés à des risques juridiques, mais ils sont également en position de pouvoir total sur leurs travailleurs clandestins.

Les immigrés clandestins sont à la merci d’employeurs qui peuvent les dénoncer aux autorités (et prétendre qu’ils ne savaient pas qu’ils étaient en situation irrégulière) et les menacer d’expulsion. Ces travailleurs ne bénéficient d’aucune des protections habituelles accordées aux travailleurs. Ils ne sont pas protégés contre le harcèlement sexuel, les bas salaires et toutes les formes d’exploitation. Ils ne sont pas en mesure de négocier collectivement. Ils n’ont pas de syndicat, pas de sécurité sociale, pas de soins médicaux. À bien des égards, ces travailleurs sont des esclaves modernes.

  • La pénurie de travailleurs qualifiés obligera les entreprises à s’adapter ou à accepter le déclin

En matière d’immigration, la distinction habituelle entre travailleurs « qualifiés » et « non qualifiés » est bien plus artificielle qu’il n’y paraît, car les différents bassins d’emplois sont interconnectés. Une pénurie de personnel soignant entraîne une pénurie de travailleurs dans d’autres secteurs, car un plus grand nombre d’entre eux sont obligés de quitter le marché du travail pour s’occuper d’un enfant ou d’un parent. La distinction est artificielle, mais politiquement commode. Elle a été faite souvent par des politiciens, bien qu’elle n’ait guère de sens sur le plan économique.

Pourtant, récemment, de nouvelles restrictions ont également été imposées à l’immigration qualifiée. Le Brexit rendra plus difficile l’accès des employeurs britanniques aux travailleurs qualifiés de l’UE. La pandémie a entraîné des restrictions à la libre circulation des travailleurs au sein de l’UE. Et aux Etats-Unis, Trump a suspendu tous les visas, y compris les visas H-1B pour les travailleurs qualifiés, jusqu’à l’année prochaine au moins. Le décret a fait beaucoup de bruit, notamment dans la Silicon Valley. Dans les entreprises numériques, un ingénieur sur deux n’est pas né aux États-Unis. « L’interdiction de visa de travail imposée par Trump va frapper durement la Silicon Valley », explique le media Techcrunch : « Cela sera un coup dur pour les entreprises technologiques en phase de démarrage qui essaient de prendre leur envol. »

  • Les restrictions en matière de visas vont créer des difficultés pour la Silicon Valley et offrir de nouvelles opportunités aux autres régions/pays du monde

« L’immigration a énormément contribué au succès économique des États-Unis, faisant du pays un leader mondial dans le domaine de la technologie, et de Google l’entreprise qu’elle est aujourd’hui », a déclaré Sundar Pichai, PDG de Google, sur Twitter. Un brain drain intensif a alimenté le développement des entreprises de la Silicon Valley. Ce sont les ingénieurs indiens travaillant dans des entreprises technologiques qui ont obtenu la majorité des visas H-1B délivrés dans le pays. Sans eux, les entreprises technologiques comme Google ou Apple n’auraient pas pu construire des empires mondiaux.

La pénurie de talents a longtemps été un goulot d’étranglement pour les entreprises technologiques de la Silicon Valley. Les ingénieurs y sont beaucoup plus chers que partout ailleurs aux États-Unis. Et le recrutement requiert des fonds de capital-risque et de l’ingéniosité. Jusqu’à récemment, l’abondance du capital-risque permettait à ces entreprises de continuer à recruter les meilleurs talents. Mais les nouvelles restrictions à l’immigration s’accompagneront de défis sans précédent pour la Silicon Valley.

Il en va de même de la City de Londres. Les banques et les startups fintech comptent sur des travailleurs talentueux du monde entier, payés plus cher que presque partout ailleurs. Mais le nouveau goulot d’étranglement et la pénurie de travailleurs peu qualifiés risquent de rendre les choses plus difficiles pour la City aussi. Le renchérissement des services de garde d’enfants et la dégradation du confort permis par les services de proximité accessibles (à cause de la pénurie de personnel peu qualifiés) rendra la City moins attrayante pour les travailleurs qualifiés qui pourraient encore envisager de demander un visa.

Par conséquent, les autres pays qui offrent plus de services, des meilleures infrastructures et des solutions de garde d’enfants abordables pourraient avoir de nouvelles opportunités de se mettre en avant. L’Estonie, par exemple, travaille d’arrache-pied pour attirer des talents du monde entier dans le domaine des technologies de l’information. Le Canada veut attirer les travailleurs de la technologie bloqués par Trump.

Dans un contexte de freins à l’immigration, il existe cinq options pour les entreprises :

  1. Externaliser davantage : de nombreuses sociétés de services informatiques dans le monde (en Inde ou en Roumanie, par exemple) peuvent tirer profit des restrictions imposées à l’immigration aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Pour de nombreuses entreprises, quand le recrutement en interne devenant inabordable ou compliqué, un plus grand nombre de projets et de tâches devront être externalisés à des sociétés informatiques externes, dont un nombre croissant se trouvera à l’étranger à mesure que les prix augmenteront.

  2. Automatiser davantage : même si l’informatique est un travail qualifié, beaucoup de choses peuvent être automatisées ou faire l’objet de crowdsourcing. De plus en plus d’entreprises s’appuieront sur du code open source. Un plus grand nombre d’ingénieurs seront encouragés à automatiser une part plus importante de leur travail. Les entreprises les plus innovantes relèvent avec ingéniosité le défi de la pénurie de main-d’œuvre.

  3. Se développer à l’étranger : il n’est pas dans l’ADN des entreprises technologiques de la Silicon Valley d’ouvrir des bureaux dans les pays étrangers, car elles recherchent des rendements d’échelle croissants. Mais l’ouverture de filiales et le recrutement local peuvent être la seule solution pour conquérir de nouveaux marchés et recruter des talents mondiaux. Les entreprises technologiques seront divisées en deux groupes : celles qui se contenteront du marché intérieur américain et abandonneront le reste du monde, et celles qui investiront des ressources localement dans les autres pays.

  4. Travailler à distance : le travail en remote et une nouvelle organisation du travail (comme celle défendue par Jason Fried et David Heinemeier Hansson dans Remote) permettent de continuer à travailler plus facilement avec des ingénieurs et des développeurs à l’étranger. Il existe cependant des barrières juridiques, linguistiques et culturelles. Quel type de contrats locaux devez-vous élaborer pour avoir un employé indien en Inde, ou un employé de l’UE dans l’UE, si vous n’avez pas de succursale là-bas ?

  5. Diversifiez votre recrutement national : faute de candidats étrangers, vous devrez peut-être considérer différemment votre vivier national. Il est possible de recruter beaucoup plus de personnes talentueuses parmi les femmes et les minorités, à condition de leur offrir de nouvelles opportunités de formation. Certaines entreprises envisagent de créer des programmes de recrutement ou de formation afin de mieux exploiter des viviers de candidats jusque-là inexploités. Si vous ne pouvez pas recruter d’étrangers, diversifiez votre recrutement national !

Lire aussi :Discrimination : qu’est-ce que l’inclusion et comment faire mieux ?

En conclusion, les restrictions à l’immigration rendront la vie des professionnels des ressources humaines beaucoup plus difficile. De nombreux secteurs sont susceptibles de connaître de graves pénuries de main-d’œuvre. L’impact se fera surtout sentir dans les services de proximité (la santé, les soins, les services à la personne). Cela pourrait pousser de nombreux travailleurs (surtout des femmes) à abandonner leur travail rémunéré. Le bon côté des choses, c’est que la pénurie de talents aux Etats-Unis et au Royaume-Uni pourrait également offrir de nouvelles opportunités aux entreprises ingénieuses qui imaginent des solutions innovantes pour y faire face. Elle pourrait accélérer l’essor du travail à distance, la transformation du management et contribuer au développement de nouvelles régions du monde.

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Laetitia Vitaud

Editor in Chief

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