Full remote : comment faire face à ses peurs et oser se lancer ?

Full remote : comment ne plus avoir peur de se lancer ?

Vous avez toujours voulu travailler en full remote sans jamais oser sauter le pas ? Pour le deuxième épisode du Grand Saut - le live de Welcome to the Jungle qui déconstruit nos peurs professionnelles -, nous avons reçu Rodolphe Dutel, fondateur de Remotive.io, un jobboard spécialisé dans le 100% télétravail, qui nous a aidé à démonter les mythes et peurs associés à la vie loin de son travail. Vous n’avez pas pu suivre le live ? Pas de panique, cet article rassemble les meilleurs conseils issus de l’interview.

Peur n°1 : Souffrir d’isolement social

Télétravailler ne veut pas forcément dire télétravailler seul

Pour plus d’un Français sur deux, l’isolement social est perçu comme le principal désavantage du télétravail à 100%. Et c’est vrai que lorsqu’on est seul chez soi à travailler derrière un écran, les journées peuvent sembler longues. Mais contrairement à ce que nous avons expérimenté pendant les différents confinements, le télétravail n’est pas toujours synonyme de solitude. Dans une situation de télétravail choisie (pas subie donc), il est tout à fait possible de travailler dans des cafés, des espaces de coworking et ainsi socialiser avec d’autres salariés eux aussi à distance ou avec des freelances. Selon Rodolphe Dutel, « si jusqu’à présent, vous alliez tous les jours au bureau et vous passez du jour au lendemain au 100% télétravail, la transition peut être un peu rude ». Cependant notre expert estime qu’il faut arrêter de penser que l’isolement est une fin en soi, mais aussi que s’il devient pesant, « vous pouvez vous inscrire à des activités hors de vos activités professionnelles, rejoindre des groupes de télétravailleurs de votre ville, de votre région… »

Rien ne remplace le présentiel à petites doses

« En 2014, j’ai rejoint une entreprise en 100% télétravail et il m’a fallu six mois pour rencontrer un collègue, se souvient le fondateur de Remotive.io. Cette expérience était assez surréaliste ! D’autant, que selon mon expérience, pour commencer à créer des liens, le présentiel est très important. » Pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation, le spécialiste conseille de regarder si l’entreprise que vous souhaitez rejoindre ou qui vous propose de basculer en full remote, met à disposition des activités qui permettent aux salariés d’entrer en contact les uns avec les autres et ce, même en distanciel. Cela peut être des clubs de lecture, des forums de discussions, ou des temps virtuels où l’on ne parle pas de travail. « Heureusement, aujourd’hui, la plupart des entreprises ont compris l’importance du lien social et celles qui ont l’habitude de fonctionner avec des équipes éclatées proposent généralement des séminaires au début des contrats, voire proposent aux télétravailleurs de venir dans les locaux de l’entreprise quelques fois par trimestre, observe Rodolphe Dutel. Après, c’est à vous d’évaluer le nombre de fois que vous avez besoin de rencontrer vos collègues pour vous sentir bien et d’en parler avec vos managers. »

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Peur n°2 : Ne pas arriver à décrocher

Séparer physiquement le travail et le perso aide à déconnecter

Qu’on ait des enfants ou pas, des animaux de compagnie, ou juste des lessives à faire… Le fait de séparer sa vie professionnelle de sa vie personnelle est fondamental. « En full remote, c’est un peu plus facile à dire qu’à faire, remarque notre expert. Tout le monde n’a pas les moyens, ni l’espace, d’avoir un bureau personnel et fermé loin du chahut familial à son domicile. » C’est aussi pour cette raison qu’il estime nécessaire le fait de se rendre régulièrement dans des espaces coworking. « Et si vous vivez vraiment loin de votre travail, sachez qu’il est possible de demander un défraiement à ce sujet à votre employeur, détaille-t-il. Si vous n’obtenez pas un remboursement complet de vos dépenses, peut-être que vous pourrez obtenir un forfait mensuel. N’oubliez pas que votre employeur a tout intérêt à vous mettre dans de bonnes dispositions de travail pour que vous puissiez améliorer votre productivité. »

Le télétravail est un marathon, ménagez-vous !

Lorsqu’on télétravaille sans connaître ses limites, le burn out est un vrai risque. Comme nous sommes moins visibles, nous avons naturellement tendance à surcompenser pour donner l’impression qu’on est là et bien investis. Sauf qu’à force d’être connecté, il est parfois difficile de prendre du recul sur sa situation physique, psychologique et de déceler les premiers signes d’un mal-être. « Donc, dans la mesure du possible, essayez de respecter un rythme de travail régulier, sans oublier de prendre des pauses. Si vous sentez une fatigue importante, vous pouvez aussi comptabiliser les heures travaillées et ajuster votre planning, explique Rodolphe Dutel. Personnellement, le matin, je vais dans un coworking parce que j’ai besoin de me trouver dans un environnement stimulant. Puis, je prends une grosse pause pour retrouver de l’énergie le midi et l’après-midi, je travaille chez moi. Mais l’équilibre n’est pas facile à trouver et nécessite de tester différents formats de journée avant de trouver celui qui nous correspond. » Aussi, il est tout à fait possible de profiter du temps que vous ne perdez plus dans les transports le matin et le soir pour vous lancer dans un projet personnel ou dans une activité de loisir. Et quelle que soit votre charge de travail, évitez d’enchaîner dix heures de boulot d’affilée en grignotant devant votre ordi.

Peur n°3 : Perte d’engagement

Comprendre et connaître le projet de l’entreprise

En télétravail à temps plein, il est courant de se sentir un peu loin des préoccupations de l’entreprise et de ses objectifs à long terme. Ainsi, beaucoup de télétravailleurs ont plus souvent l’impression de faire partie d’une petite équipe plutôt que d’un tout, d’une entreprise. Pour éviter cet écueil induit par le télétravail, les salariés doivent se rendre régulièrement dans les locaux de l’entreprise et aller à la rencontre de leurs collègues. Les ressources humaines, les fondateurs, les fondatrices des organisations dispersées doivent avoir en tête que s’ils veulent avoir une culture d’entreprise solide et un engagement de leurs équipes, ils doivent rassembler leurs collaborateurs dans une même pièce assez régulièrement. Mais, c’est à eux de prendre en charge les déplacements et d’organiser ce genre d’événements.

Se fixer des objectifs quotidiens

« Je pense qu’en 100% télétravail, il est important de se fixer des objectifs quotidiens pour se motiver, et pour cela, vous pouvez par exemple répartir votre charge de travail dans un tableau où vous inscrivez vos tâches du matin, de l’après-midi, explique le spécialiste du full remote. De cette façon, vous pouvez également fixer des pauses pour profiter de votre environnement. Vous avez besoin de vous aérer en fin de matinée ? Si vous commencez à 9h30 et travaillez efficacement pendant une heure et demie, ce n’est pas un problème, vous pourrez rattraper ce temps à la fin de la journée et cela ne vous empêchera pas de finir votre to-do à temps. » Généralement, si vous avez fait le choix d’être en full remote, c’est pour habiter dans un environnement qui vous convient mieux et profiter d’une autre qualité de vie. Pour être en accord avec ce choix de vie, vous devez trouver un équilibre entre le fait de rendre un travail de qualité à votre employeur et la liberté dont vous bénéficiez désormais. Malheureusement, ce n’est pas toujours évident à trouver et c’est aussi à votre manager de vous faire confiance et de vous responsabiliser. Lorsqu’on est en 100% télétravail, on ne peut pas fonctionner comme dans une équipe classique, le manager doit privilégier l’asynchrone, sans pour autant oublier d’organiser des points réguliers avec ses équipes.

Peur n°4 : Être limité dans sa progression de carrière

Regarder l’organigramme de l’entreprise

Le télétravail est-il incompatible avec la progression de carrière ? C’est en tout cas ce que laissent penser les résultats du baromètre Empreinte Humaine, qui notait que 43% des télétravailleurs avaient l’impression d’être devenus invisibles en 2020. Cependant, ce n’est pas une fin en soi et cela dépend aussi de notre projet professionnel. « Vous voulez monter dans l’organigramme de l’entreprise en full remote ?, pose Rodolphe Dutel. Regardez si l’équipe dirigeante de l’entreprise dans laquelle vous travaillez ou postulez est elle-même en télétravail. » Il est assez facile de voir si le télétravail est plutôt envisagé comme une option où s’il s’agit d’une vraie politique d’entreprise. « Si vous en êtes encore en processus de recrutement, vous pouvez poser la question à votre interlocuteur : quelle est la différence de progression de carrière entre un salarié qui travaille au siège de l’entreprise et une personne qui télétravaille ? Et comment vous accompagnez celles et ceux qui sont physiquement loin ? », recommande-t-il. Ces dernières années, beaucoup d’entreprises se sont lancées dans le télétravail mais n’ont pas toujours les moyens et ne sont pas toujours prêtes à accompagner leurs collaborateurs dispersés.

Photo par Welcome to the Jungle, édité par Eléa Foucher-Créteau

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