Candidats : comment casser le mode interrogatoire de l'entretien ?

Entretien d'embauche :  comment sortir du mode interrogatoire ?

L’entretien est une machine en apparence bien rodée. Entre les tenues, les attitudes et les dialogues, rien ne dépasse et chacun joue son rôle. Le recruteur pose les questions pour cerner le candidat au mieux tandis que le job de ce dernier est d’y répondre. Pourtant, à trop se plier à ce mode de fonctionnement binaire, on finit par négliger son potentiel, et parfois même à passer à côté du poste en question. Alors comment casser le mode interrogatoire de l’entretien pour mettre toutes les chances de son côté ? Mila Elhamdi, coach et consultante en gestion de carrière, nous dévoile ses conseils pour y remédier.

Pourquoi le mode interrogatoire n’est pas efficace

Sans grande surprise, répondre aux questions posées par un recruteur est à la base de tout entretien. « Pourtant, lorsqu’un candidat se contente de répliquer sans approfondir ni relancer, il est difficile pour la personne chargée de vous embaucher d’apprendre à vous connaître ou de percevoir l’intérêt que vous portez pour l’entreprise », explique Mila Elhamdi. Ce mode de communication a beau être subi - en raison d’un trop grand stress et d’un rapport de force candidat-recruteur déséquilibré - ou choisi en tant qu’approche stratégique, il est loin d’être optimal car il vous rabaisse d’entrée de jeu. Le recruteur peut interpréter cette attitude comme un manque d’ouverture de votre part et peut alors passer à côté de votre potentiel. « L’interaction avec un recruteur est nécessaire pour que ce dernier puisse affirmer votre plus-value », révèle la coach. Et cette assurance doit se ressentir au moment de l’entretien afin que le recruteur puisse vous projeter dans le poste en question. « D’autant plus si ce dernier comporte des responsabilités. », ajoute Mila Elhamdi. Un candidat trop passif risque d’être jugé trop malléable pour le job… Même s’il a toutes les capacités pour.

À l’inverse, une discussion donne l’impression de postures d’égal à égal. Vous ne devez pas vous soumettre au jeu de l’entretien mais alimenter un échange collaboratif. « Et ce dernier point est intéressant dans la mesure où devenir salarié dans une entreprise renvoie à la nécessité de collaboration avec autrui », rappelle la spécialiste. La fluidité de l’échange va donc mettre le candidat en position de force mais aussi attirer l’attention du recruteur qui verra en lui un élément motivé et digne d’intérêt. Alors comment reprendre le contrôle de l’entretien si vous avez du mal à sortir du mode “question-réponse” ?

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5 conseils pour inverser la tendance

Pour casser le mode interrogatoire de l’entretien, il ne suffit pas de relancer le recruteur à chaque question posée mais plutôt de transformer l’attitude que l’on renvoie à son interlocuteur. Et Mila Elhamdi nous livre cinq conseils pour y parvenir.

1. Changer de perception

Pour sortir de cette posture passive, il faut tout d’abord changer la vision que l’on a de l’entretien. « En effet, ce cadre particulier s’accompagne souvent de tout un imaginaire négatif qui nous envahit dès lors que le jour J se rapproche, analyse la spécialiste. Et bien souvent, c’est cette perception faussée qui empêche la construction d’une discussion. » On voit trop souvent l’entretien d’embauche comme un moment où nous allons être jugé, passé à la loupe. Alors voyez les choses autrement ! Certes, des enjeux sont présents mais cela n’empêche pas qu’il s’agit avant tout d’une rencontre. Et toute rencontre au sein du monde professionnel est toujours bonne à prendre pour s’enrichir personnellement.

2. Se préparer … Mais rester spontané

Une erreur commune avant un entretien est de trop préparer la forme en délaissant le fond. C’est notamment le cas lorsqu’on anticipe les questions pour avoir des réponses toutes faites en tête lorsque le recruteur va les poser. « Mais ce schéma empêche toute spontanéité et vous bloque dans vos pensées sans en sortir », révèle Mila Elhamdi. Alors certes il est important de vous préparer pour témoigner de votre intérêt pour le poste, mais n’oubliez pas de sortir du cadre et d’improviser pour garder un peu d’authenticité. Plutôt que de répéter vos répliques en boucle, menez votre enquête en amont et renseignez vous sur l’entreprise et la vie au sein de la boîte. « Aujourd’hui avec les réseaux sociaux, et notamment LinkedIn, il est possible de récolter des informations qui vont vous être utiles pour dialoguer et ainsi davantage impliquer votre interlocuteur », poursuit la spécialiste. Une étape d’autant plus efficace qu’elle vous permet d’avoir une meilleure compréhension du poste, de l’entreprise et de ses enjeux.

3. Ne pas subir

Ne pas subir le cadre de l’entretien est la clé pour sortir de cette forme de communication. Car vous avez beau être candidat, vous n’êtes pas une marionnette pour autant ! « L’entretien est avant tout un échange, alors vous aussi posez les questions qui vous taraudent par rapport à l’entreprise, à la teneur du poste, à l’organisation de l’équipe etc… », précise Mila Elhamdi. Non seulement cela équilibre les rôles mais en plus cette étape est cruciale dans votre processus de réflexion. « Candidater ne veut pas dire à 100% que vous allez accepter le job au bout du compte, vous êtes aussi maître de votre décision ! », nuance la coach. Alors avant toute chose, profitez-en pour faire le plein de renseignements afin de comprendre au mieux les enjeux de l’environnement qui vous attendent.

4. Challenger le recruteur en posant des questions

Mettez-vous à la place du recruteur qui voit défiler des candidats en répétant toujours les mêmes questions concernant la prise du poste. Car si ce dernier n’est jamais challengé, difficile pour lui de faire la différence entre tous. « Transformer l’interrogatoire en échange permet non seulement de passer un moment plus agréable mais aussi de vous démarquer des autres avant vous », confirme Mila Elhamdi. Alors plutôt que de subir le monologue, intéressez-vous à son rôle au sein de l’entreprise pour valoriser sa position mais aussi pour en savoir davantage sur l’organisation de la boîte, posez lui des questions sur la stratégie de l’entreprise : qu’ont-ils déjà mis en place ? Qu’est-ce qui a fonctionné ? Échoué ? Qu’attendent-ils de vous précisément ? Cela correspond-il à vos compétences ?

5. Rester concentré

« Attention toutefois à ne pas vous montrer trop à l’aise dans la mesure où échanger ne signifie pas forcément plus de légèreté » met en garde Mila Elhamdi. Plutôt que de redoubler d’effort pour casser le mode interrogatoire en étant familier, restez sur vos gardes en étant concentré jusqu’à ce vous ayez passé le pas de la porte. « Il arrive que les recruteurs complimentent votre profil ou votre CV mais vous n’êtes pas en terrain conquis pour autant », poursuit-elle. Autrement dit, il ne faut ni trop subir en étant passif, ni dévaloriser le recruteur avec un excès d’assurance. Tout est une question d’équilibre !

Finalement, casser le mode interrogatoire est surtout un moyen de délaisser cette image qui ne vous ressemble en rien. Alors privilégiez la discussion, vous n’en paraîtrez que plus intéressant !

Article édité par Gabrielle Predko
Photo par Thomas Decamps

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