Se faire débaucher de son entreprise, comment gérer ? 5 conseils

Se faire débaucher de son entreprise, comment gérer ?

Commerciaux, développeurs, ingénieurs… la chasse fait rage dans les boîtes mail ! D’ailleurs, un recruteur a été charmé par votre profil et vous propose un nouveau poste intéressant… C’est flatteur, mais problématique car vous êtes déjà en poste. Comment gérer cette proposition ? Il s’agit de prendre la bonne décision, de bien négocier votre départ (proche) et votre arrivée (presque aussi proche), mais aussi de conserver la confiance de votre boss et de vos collègues. Le tout, en toute légalité. Pfiou ! Inspirez… expirez… voici 5 conseils pour bien gérer cette situation.

Vérifier si votre contrat vous permet de partir pour cette autre entreprise

Un contrat de travail, c’est comme une assurance pour smartphone, mieux vaut lire les petites lignes avant de signer. Car il est très probable qu’il y ait un loup quelque part et - dans le cas présent - il porte généralement le doux nom de “clause de non-concurrence”. Cette clause est l’arme préférée de tout employeur prudent. Elle le protège en empêchant son salarié d’exercer une activité qui porterait préjudice à l’entreprise, en l’échange d’une compensation financière. Cette clause doit répondre à un certain nombre de règles très strictes, alors n’hésitez pas à vérifier sa validité… ou à la négocier, même après l’avoir signée. Même si on peut toujours vous mettre des bâtons dans les roues, il est dans l’intérêt de votre employeur de trouver une solution pour que tout le monde sorte gagnant. Martin, responsable expérience client dans le e-commerce, raconte « J’étais en mission de conseil pour le même client depuis près d’un an quand il m’a proposé de rejoindre son entreprise. Mais mon contrat de prestation comprenait une clause de “non-débauchage” qui m’empêchait d’accepter. Il a fallu des semaines de discussion avec mon cabinet, puis un très gros chèque de “dédommagement” signé par mon client pour que je puisse partir. Quelle pression de commencer un nouveau job en sachant que j’avais déjà coûté si cher à ma nouvelle boite ! Mais je suis toujours chez eux après 3 ans donc le jeu en valait la chandelle. »

Peser le pour et le contre

Si une proposition de débauchage est toujours flatteuse, se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle reste souvent un saut dans le vide. Prenez donc du recul avant de prendre votre décision : qu’espérez-vous trouver dans cette nouvelle entreprise ? Si c’est uniquement une question de salaire, le jeu en vaut-il la chandelle ? Est-ce le bon moment pour vous ? « J’étais plutôt satisfaite de mon job mais j’avais envie de dépaysement. C’est à ce moment qu’un recruteur m’a contactée. C’était la première fois que j’étais “chassée” et il m’a vraiment envoyé du rêve. J’ai accepté rapidement. Finalement, il m’a fallu moins d’une semaine pour comprendre que les missions ne correspondaient pas au niveau de responsabilité que l’on m’avait décrit. En plus, l’ambiance était hyper morose dans le service où je travaillais. J’ai rompu ma période d’essai avant de m’enfoncer plus loin dans cette galère. Ça m’a clairement appris à y réfléchir à deux fois par la suite » rigole Célia, chargée d’affaires. N’hésitez pas à demander une rencontre avec vos futurs managers - voire vos potentiels collègues - avant d’accepter. Vous avez le temps, profitez-en pour vous assurer que l’herbe est vraiment plus verte dans la tour d’à-côté.

Bien négocier son gap salarial

Un poste à responsabilité, un grand bureau, une licorne de fonction… Lorsque vous vous faites débaucher, vous êtes en position de force et le recruteur le sait. Il ne s’agit pas d’être démesurément gourmand, mais c’est peut-être le moment de financer vos prochaines vacances d’été. « Lors de mon premier changement de poste, j’ai demandé 10K de plus en pensant clairement que je me ferai envoyer promener. Le recruteur a accepté directement. Ce n’est qu’après ça que j’ai compris à quel point j’étais sous-payée dans mon ancien travail… Et même avec cette augmentation j’étais toujours tout juste dans les prix du marché. J’aurais pu demander bien plus ! J’ai changé plusieurs fois de poste depuis et je n’ai plus jamais refait cette erreur » s’amuse Eléonore, consultante dans le digital. Pensez à jeter un œil à des sites comme Glassdoor ou à interroger des personnes au profil et job similaires au vôtre pour vous faire une idée de ce que vous pouvez demander. Quant à la question de gonfler ou non son salaire précédent, il est peu recommandé de mentir de façon trop grossière, mais rien ne vous interdit de compter un peu large.

En parler à son entreprise… ou pas ?

Selon la nature de vos relations avec vos managers et vos collègues, l’annonce de votre départ et les éventuels mois de préavis peuvent être plus ou moins faciles à gérer. Que doit-on dire de sa future aventure à sa future ex-entreprise ? Que doit-on garder pour soi ? « J’étais proche de mon boss, j’avais anticipé que l’annonce de mon départ serait difficile car il ne s’y attendait pas. Même si ma décision était prise, je gardais une part de doute sur laquelle je savais qu’il ne fallait lui donner aucune prise. Je ne voulais pas lui donner la possibilité de trouver les bons arguments pour me faire rester. Alors je lui ai simplement dit que je ne partais pas pour la concurrence et j’ai gardé tout le reste pour moi jusqu’au bout. Ça a été difficile quand j’ai fini par lui dire la vérité, nous sommes passés par toutes les phases d’une rupture amoureuse, mais j’ai tenu ! » confie Alice, sales dans une start-up. Juridiquement parlant, tant que vous ne partez pas pour la concurrence, rien ne vous oblige à parler de “la suite”. C’est à vous de mesurer les risques. Alors tenez bon !

Refuser poliment et se ménager une porte de sortie

Le poste que l’on vous propose ne vous convient pas, ou vous n’êtes pas prêt à l’accepter pour le moment ? Remerciez votre interlocuteur pour sa proposition et expliquez simplement les raisons de votre refus. Un recruteur appréciera de comprendre ce qui ne vous correspondait pas, et ce dont vous avez envie aujourd’hui. Mais ne fermez pas complètement la porte. Votre recruteur pourrait vous garder dans ses petits papiers et penser à vous pour de futures opportunités. Et dans le meilleur des cas, il pourrait même re-dimensionner sa proposition pour transformer votre “non” en un “oui”.

Votre décision est prise ? Le chemin n’est pas terminé pour autant. Annoncer son départ, boucler ses derniers dossiers, préparer son successeur,… autant d’étapes à franchir avec élégance pour laisser un bon souvenir derrière vous. À l’heure des réseaux sociaux, protéger sa réputation et garder de bonnes relations avec vos anciens boss et collègues est crucial. Même si votre tête est ailleurs et que cette période de préavis semble interminable, assurez-vous de ne pas laisser votre patron et vos collègues dans le pétrin. Qui sait, peut-être que vous ferez partie de ces employés boomerang qui reviennent dans leur précédente entreprise après quelques années ?

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Photo d’illustration by WTTJ

Marlène Moreira

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