Cahier de vacances : cet été, prenons le temps de questionner notre avenir pro'

Futur du travail : ces tendances pourraient-elles vous convenir ?
Un article de notre expert.e

Pour certains, les vacances sont déjà bien entamées ou approchent à grands pas ! Et qui dit vacances, dit… aussi cahiers de vacances ! Oups, j’évoque un mauvais souvenir ? Si les étés passés à gribouiller et à faire des tables de multiplication à la chaîne sont désormais révolus, je vous propose tout de même de préparer la rentrée, en remplaçant les conjugaisons par des questionnements d’adultes. Cap sur le futur du travail !

Le cahier de vacances pour les grands

Si la rentrée est souvent synonyme de nouveaux départs, la période estivale, elle, est bien utile quand il s’agit de prendre du recul et de se poser les bonnes questions. Ok, les vacances servent plutôt à recharger ses batteries avant de plonger à nouveau dans la roue infernale du travail. À moins que celle-ci ne soit infernale seulement parce qu’au moment de chercher un job, nous ne nous concentrons pas sur l’essentiel. Nous sommes nombreux à nous demander simplement : « Quelle boîte embauche pour ce job que je maîtrise dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour de chez moi ? » Dommage quand on sait qu’il y a beaucoup d’autres questions à se poser en amont pour savoir ce que l’on attend véritablement de son travail.

Analyser quelles seraient les caractéristiques du job idéal pour nous permet d’éviter de se laisser porter par les opportunités qui se présentent à nous et ainsi maximiser ses chances d’obtenir ce que l’on veut vraiment : reconnaissance, apprentissages, rencontres… Les intérêts d’une telle démarche côté candidats sont évidents, mais sachez aussi que les recruteurs portent également plus d’intérêt aux personnes qui se seront interrogées sur leur travail et savent ce qu’elles recherchent.

Alors, on fait le bilan calmement ? Pour cela, je vous propose de prendre appui sur le documentaire Work in Progress que j’ai écris et dans lequel j’ai voulu montrer les différentes façons de donner du sens à son travail, en suivant les trajectoires de six pionniers qui incarnent, selon moi, le Futur of Work.

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Aller au boulot, sans aller au boulot, ça vous dit ?

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En vrai, ça donne quoi ?

Chez Basecamp, chacun est libre de travailler où bon lui semble et au rythme qu’il souhaite, à condition d’atteindre les objectifs fixés. Et le collectif dans tout ça, me direz-vous ? Cette entreprise du web spécialiste de la gestion de projet, qui expérimente le télétravail depuis près d’une vingtaine d’années, propose à ses membres disséminés aux quatre coins du monde de se rassembler deux fois par an pour des moments intenses de cohésion d’équipe. À en croire son co-fondateur, David Heinemeier Hansson, la boîte se transforme alors en colocation géante : « Lorsque nous nous rassemblons, nous nous voyons généralement une semaine. Le but est simplement de pouvoir se dire “nous mangeons un bout ensemble, jouons à des jeux de société, parlons un peu, bref, nous passons juste du temps ensemble.” Nous n’avons pas d’autre objectif que celui de finir la semaine en se disant : “c’était cool de passer du temps ensemble !” »

La part des entreprises autorisant le télétravail est plus importante que jamais, bien que la majorité privilégie encore un modèle hybride en conservant quelques jours de présentiel. Pour autant, toutes se dirigent vers un management plus ou moins fondé sur la confiance et le fonctionnement en mode projet. Reste à savoir quelle nuance de télétravail vous souhaitez intégrer dans votre quotidien.

« C’est pour moi ? » Les bonnes questions à se poser

  • Aimeriez-vous rejoindre une entreprise qui n’a pas de bureaux et où vous ne voyez vos collègues que quelques jours par an ?
  • Imaginez-vous travailler toute l’année à distance ? Ou avez-vous envie de partager du temps avec vos collègues de temps en temps ? Si oui, à quelle fréquence ?
  • Voulez-vous gagner en autonomie dans votre travail ?
  • Avez-vous l’habitude de vous exprimer à l’écrit ?

Vous avez 4 heures.

Se promener sur le triangle freelance-entrepreneuriat-salariat

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En vrai, ça donne quoi ?

« Nous allons voir de plus en plus de carrières éclectiques : quelqu’un qui était salarié va devenir freelance, et peut-être qu’il va aimer ça, ou peut-être pas, peut-être qu’il créera sa propre entreprise ou qu’il redeviendra salarié. Je vois cela comme un triangle au sein duquel vous pouvez faire des allers-retours dans les limites des critères que vous vous êtes fixés », analyse Rodolphe Dutel, le fondateur de Remotive.io, un site qui aide les profils tech à trouver un job en télétravail. Les carrières sont en effet de moins en moins linéaires, et effectuer une transition pro ne se limite plus à changer d’employeur ou de se former à un nouveau métier. Les changements de statuts sont de plus en plus fréquents et les créations d’entreprises sont toujours plus nombreuses chaque année : rien qu’en 2020, plus de 848 000 nouvelles entreprises ont vu le jour en France, un record selon l’INSEE !

Il y a donc de bonnes chances pour être tantôt salarié, tantôt freelance voire même entrepreneur, en explorant les différentes sous-catégories au sein de ces trois statuts : CDD, CDI, intérim, freelance solo ou au sein de collectifs…

« C’est pour moi ? » Les bonnes questions à se poser

  • Dans quel univers avez-vous envie de travailler en ce moment ?
  • Souhaitez-vous rejoindre une entreprise, un projet commun et trouver une équipe ?
  • Avez-vous envie de vous lancer dans l’aventure de l’indépendance ou de monter votre propre boîte ?
  • Êtes-vous plutôt du style à rechercher ou à fuir la stabilité ?

Gardons à l’esprit qu’il n’y a pas de bonne réponse et que toutes ces décisions sont réversibles. Nos envies évolueront certainement en fonction des opportunités qui s’offrent à nous.

Découvrez le documentaire Work in progress sur Welcome Originals

Work in Progress explore les différentes façons de donner du sens à son travail grâce aux transformations des dernières années.

Découvrir le documentaire

Travailler tout en voyageant

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En vrai, ça donne quoi ?

La crise a créé une situation paradoxale pour les nomades. D’un côté celles et ceux qui avaient l’habitude de voyager chaque mois ont dû ralentir le rythme et découvrir une routine, de l’autre, les personnes qui n’avaient encore jamais imaginé travailler tout en voyageant, ont découvert une forme de nomadisme en partant quelques semaines ou quelques mois.

Le phénomène des workations s’est développé en suivant l’idée que l’on pouvait voyager en dehors de son temps de vacances en profitant d’un nouveau cadre de travail. « Je trouve un certain épanouissement dans le fait de pouvoir jongler entre mon travail et mes voyages. Je vais là où le vent me mène », raconte Lauren Carey, une nomade invétérée. Les nomades qui, comme Lauren, voyagent en permanence ne représentent qu’une minorité de personnes, et généralement après quelques années, ils finissent par ralentir le rythme. En revanche, celles et ceux qui découvrent le plaisir de voyager tout en travaillant sont toujours plus nombreux. Aujourd’hui, tout un écosystème s’est créé pour les accompagner, que ce soit des services pour les entreprises prenant en charge les aspects administratifs et logistiques ou des plateformes pour réserver des hébergements garantissant une connexion de qualité et un lieu calme.

« C’est pour moi ? » Les bonnes questions à se poser

  • Imaginez-vous voyager quasiment en permanence, découvrir de nouvelles régions, de nouvelles personnes chaque mois ?
  • Quels sont les métiers qui s’accordent avec un tel style de vie ?
  • Êtes-vous assez autonome et discipliné pour maintenir une activité professionnelle tout en voyageant ?
  • Si vous n’avez pas envie de voyager à temps plein, quel serait le bon rythme de voyage que vous souhaiteriez intégrer dans votre quotidien ? Par quelle expérience pourriez-vous commencer ?
  • Auriez-vous envie de tenter une semaine de Workation avec des amis ? Avec des collègues ?

Vivre de sa passion

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En vrai, ça donne quoi ?

Cela fait des années que Youtube transforme des amateurs en professionnels en leur donnant les moyens de toucher des millions de personnes avec leurs contenus et de monétiser cette audience. Mais Youtube est loin d’être la seule plateforme : des dizaines d’autres existent et permettent, sur différents formats et dans tous les domaines, de rassembler une communauté et d’être payé pour ses créations. En gros allier l’utile à l’agréable. « À partir du moment où on est payé pour faire ce qu’on fait, on vit de notre passion », analyse l’acteur et YouTuber Ugo Marchand.

Ces plateformes abolissent les barrières et permettent à n’importe qui de rejoindre les rangs des créateurs. Sans capital de départ, il est désormais possible de vivre de sa passion ! Attention, tout n’est pas rose, lorsque la passion devient un métier, elle requiert aussi une discipline, un engagement et bien souvent de la patience avant qu’il ne soit possible d’en vivre. Les célébrités des plateformes cachent ceux qui ne vivent pas encore de leur passion, ou qui gagnent qu’un revenu complémentaire.

« C’est pour moi ? » Les bonnes questions à se poser

  • Avez-vous des passions ou s’agit-il plutôt de loisirs ?
  • Aimeriez-vous consacrer toutes vos journées à votre passion ?
  • Quelle est la passion que vous pourriez monétiser ?
  • Quels sont les formats qui vous attirent le plus ? Sur quelle plateforme pouvez-vous commencer à partager vos créations ?
  • Est-ce que vous vous projetez en étant exposé auprès du grand public ?
  • Ce projet pourrait-il vous permettre de garder un job à côté ? Ou avez-vous besoin de vous lancer à temps plein ?
  • Pourriez-vous vous retourner si cela ne fonctionnait pas ?

Travailler quand on veut, pour retrouver sa liberté

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En vrai, ça donne quoi ?

Louise Racine a quitté le salariat après une carrière d’une dizaine d’années dans le marketing et les réseaux sociaux, pour se lancer en freelance. « Ce qui change énormément c’est d’avoir le choix de travailler uniquement sur les projets sur lesquels on a une affinité, mais également de choisir les personnes avec qui on travaille, explique-t-elle. Aussi, la gestion de mon quotidien n’est plus du tout la même : je travaille lorsque ça m’arrange […] parce que je préfère travailler un peu tous les jours, seulement 4 ou 5 heures et ne pas avoir de week-end. » Les freelances mettent toujours en avant l’immense liberté que leur offre leur statut, à tous les niveaux !

Mais au-delà du statut, Louise et ses acolytes proposent surtout une réflexion sur le temps de travail : nous ne sommes pas tous productifs au même moment et nous n’avons pas tous les mêmes contraintes personnelles. Avec la démocratisation du télétravail, c’est surtout le travail asynchrone qui bouleverse réellement nos organisations ! Cette liberté n’est pas réservée aux freelances mais concerne tous les travailleurs ! Prêt à reprendre la main sur votre emploi du temps ?

« C’est pour moi ? » Les bonnes questions à se poser

  • Combien de temps avez-vous envie de travailler chaque jour ?
  • À quel moment de la journée ou de la semaine êtes-vous le plus productif ?
  • Que pourriez-vous faire si vous aviez deux heures de plus de libre chaque jour ?
  • Si vous pouviez changer quelque chose dans votre organisation, qu’est-ce que ce serait ?
  • Quels sont les métiers qui vous laissent la possibilité d’organiser votre quotidien comme vous le souhaitez ?
  • Lorsque vous pensez à la liberté, qu’est-ce qui est le plus important pour vous : le lieu de travail, le temps de travail, ou les types de projets ?

Nouer des relations amicales avant d’être professionnelles

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En vrai, ça donne quoi ?

« Et si votre lieu de travail, le lieu dans lequel vous vous rendez pour produire (d’ailleurs, oubliez le mot travail), était aussi le lieu où vous vous rendiez pour recevoir de l’attention, de la confiance et trouver du sens ? Et si les personnes qui se trouvaient sur votre lieu de travail étaient exactement les mêmes personnes dont vous voudriez vous entourer en dehors du bureau ? Et si inviter votre patron à votre fête d’anniversaire n’était pas une obligation, mais un plaisir ? C’est ce que je vis. C’est un tel bonheur que j’aimerais que tout le monde le vive aussi. » Le témoignage de Joriam Ramos, Catalyst au sein de la communauté Enspiral, donne envie de mieux connaître ses collègues, de se lancer dans une entreprise familiale ou entre amis, non ?

La culture start-up, les collectifs d’indépendants, les espaces de travail où se rencontrent tous types d’acteurs (coworking, makerspace, incubateurs…) et de plus en plus les initiatives en place au sein des grandes entreprises, participent à créer un environnement dans lequel nous nouons des relations personnelles avant qu’elles ne soient professionnelles. Dans le fond, c’est plutôt rassurant de nouer des amitiés avec des personnes avec lesquelles nous passons nos journées.

« C’est pour moi ? » Les bonnes questions à se poser

  • Est-ce que vous avez envie de nouer des amitiés sur votre lieu de travail ou tenez-vous à séparer votre travail de votre vie personnelle ?
  • Est-ce que vous vous verriez passer des week-ends avec vos collègues ?
  • Dans quel type d’environnement de travail vous sentez-vous bien ?
  • Quelles sont les entreprises dont la culture vous attire ?
  • Êtes-vous pleinement vous-même au travail ou devez-vous “porter un masque” ?

Si vous n’avez pas réponse à toutes ces questions, pas de panique, le simple fait d’avoir pris le temps d’y réfléchir vous donnera déjà des éléments pour décider de votre avenir lorsque vous chercherez votre prochaine aventure ! Plus facile qu’un vrai cahier de vacances, non ?

Parfois les transitions professionnelles n’ont pas vocation à chambouler toute la vie, mais seulement quelques éléments du quotidien. Aujourd’hui, et ce malgré la crise sanitaire, nous avons plus que jamais les cartes en main pour trouver l’environnement de travail qui nous correspond, et s’il n’existe pas encore ou que ne le trouve pas à temps, pourquoi ne pas l’inventer ? Au pire, ce sera très enrichissant, au mieux : ce sera très enrichissant mais aussi source d’épanouissement !

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Photo by WTTJ
Édité par Eléa Foucher-Créteau

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