N’ayez pas peur de recruter une femme enceinte !

Recrutement : n'excluez pas les femmes enceintes

En entreprise, les ventres ronds ne sont pas légion. Qui plus est lorsqu’il s’agit d’une prise de poste. Pourquoi ? Parce que les femmes enceintes s’autocensurent de peur d’être discriminées ou que leur rythme de travail ne soit pas compatible avec l’arrivée de leur chérubin. Et que dire des RH et managers qui excluent réellement les candidates enceintes, apeuré·e·s à la seule vue d’un baby bump naissant ? Heureusement, les contre-exemples existent et prouvent qu’être enceinte… ce n’est pas une maladie ! Récit et analyse d’une embauche inspirante.

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Le saviez-vous ? Refuser d’intégrer dans ses rangs une femme enceinte n’est autre qu’une discrimination à l’embauche, sanctionnable par la loi. Pardonnez-nous ce petit rappel à l’ordre, mais pour certain·e·s recruteur·se·s, la chose ne semble pas encore très claire. Car même si la grossesse n’est qu’un état passager, pour beaucoup, elle effraie. Alors, qu’on se le dise une fois pour toutes : « Le problème, ce n’est pas tant que la salariée va s’absenter quelques mois comme cela pourrait finalement arriver avec n’importe quel·le employé·e, c’est surtout le manque d’anticipation des besoins en recrutement des entreprises qui cause des dégâts », martèle Caroline Chavier, recruteuse tech, PDG de The Allyance et cofondatrice de Meetup.

Recruter une femme enceinte : « Où est le problème ? »

Pour Céline, 34 ans, chargée de recrutement au sein d’Action Logement, l’anticipation a effectivement été le mot clef lors de son embauche alors qu’elle venait tout juste de découvrir sa grossesse. « Lorsque j’ai quitté mon précédent job, j’ai su le lendemain que j’étais enceinte. Plutôt que de me laisser influencer par mes préjugés, j’ai décidé de postuler. Et j’ai bien fait ! », lance la jeune maman d’un petit Axel, âgé de 15 mois. Après avoir rencontré Karen, sa future manager de 10 ans son aînée, Céline se projette totalement dans l’entreprise. Alors qu’elle avance dans le processus de recrutement, elle décide de jouer cartes sur table avant de recevoir sa proposition finale. « Malgré les avertissements d’une partie de mon entourage, je me suis écoutée et j’ai surtout réfléchi à la relation que je voulais avoir avec mon futur employeur », explique-t-elle. Un pari gagnant puisque la nouvelle a été chaudement accueillie par sa potentielle supérieure. « Je n’ai tout simplement pas vu où était le problème ! Ce n’est pas parce qu’une personne s’absente plusieurs mois que le monde s’arrête. C’est à nous, employeurs, DRH, managers, de nous organiser », assure Karen, qui s’est empressée de féliciter Céline pour cette heureuse nouvelle, un point qui a particulièrement touché la future maman.

Pour notre experte Caroline Chavier, la transparence d’une candidate sur sa grossesse – à l’heure où les entretiens se passent souvent dans le virtuel – témoigne d’une profonde honnêteté. « De plus, une femme enceinte qui postule témoigne de sa motivation, elle est donc dans l’attitude recherchée par un recruteur », affirme-t-elle. Et si, en tant que recruteur·se, vous apprenez la grossesse après coup, accueillez la nouvelle avec bienveillance, puis discutez ensemble pour trouver la meilleure solution en termes d’organisation. N’y voyez pas un manque de confiance. Si la future maman a préféré taire cette information, c’est par peur d’être discriminée, tant la chose est encore fréquente de nos jours. Pour éviter cet écueil, n’hésitez donc pas à rédiger une annonce inclusive dès le départ, stipulant que le poste est ouvert à tou·te·s, peu importe son état de santé.

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« Je me sentais redevable »

Bien souvent, les femmes enceintes fraîchement recrutées sont portées par leur envie de bien faire, à tel point que le rôle du / de la manager est alors de les aider à décélérer doucement. « J’ai vraiment essayé de tout donner avant de partir en congé maternité. D’une certaine façon, je me sentais redevable. Je ne voulais surtout pas les décevoir », confie Céline. Une implication fortement ressentie par Karen : « Pendant 5 mois, nous avons vraiment eu le temps d’écrire une histoire ensemble. Et les dernières semaines, je sentais que Céline ne voulait rien lâcher ». Finalement, la future maman parvient à décrocher et bénéficie d’un offboarding tandis que sa remplaçante prend le relais. « J’ai même eu le droit à une fête de départ, et j’ai pu partir sereinement. Ensuite, j’ai gardé des liens avec l’équipe via WhatsApp, mais plutôt centrés sur l’humain », raconte-t-elle.

De retour au travail après quelques semaines à mi-temps accordées sans difficulté par sa hiérarchie, Céline est toujours autant passionnée par son travail. De son propre aveu, elle n’a jamais été aussi efficace. Logique, avec ses nouvelles obligations, elle n’a plus de place pour la procrastination ! Et puis, l’entrée dans sa vie de mère s’est faite en douceur, ce qui lui a permis de pouvoir construire tranquillement cette nouvelle identité sans éprouver de culpabilité d’un côté ou de l’autre. « Finalement, la maternité m’a beaucoup appris, à la fois en termes de priorisation mais aussi d’affect. Ce qui m’irritait hier, me contrarie beaucoup moins aujourd’hui car j’ai pris de la distance », confie Céline. De nouvelles compétences dont bénéficie Karen, qui ne regrette pas un seul jour d’avoir misé sur Céline ! « En plus d’être redoutablement efficaces, les jeunes parents font souvent d’excellents managers car ils communiquent de manière inclusive et ouverte », renchérit Caroline Chavier.

« Si vous avez trouvé la bonne personne, il ne faut surtout pas reculer »

Plus que satisfaite de son recrutement, Karen encourage les recruteur·se·s à faire confiance à ces mum to be : « En tant que responsable du recrutement, il est nécessaire de savoir prendre du recul. Il est dommage de prendre une personne juste parce qu’elle va combler un trou et se refuser un coup de cœur sous prétexte qu’elle est enceinte. Pour moi, c’est ça le recrutement : quand vous avez trouvé la bonne personne, il ne faut surtout pas reculer ».

Souvent invisibilisées au travail, les femmes enceintes doivent donc être davantage mises sur le devant de la scène afin que leur potentiel recrutement ne soit plus une question. Pour cela, il convient de ne jamais oublier le maître mot : la communication. « Beaucoup de femmes enceintes se mettent souvent en arrêt de travail prématuré, car elles n’ont pas pu dialoguer sereinement avec leur employeur, et voir leurs besoins respectés », conclut Caroline Chavier. Alors, managers, DRH et dirigeants, n’ayez crainte : accueillez à bras ouverts la maternité en entreprise (et la paternité aussi) ! Effet boomerang assuré si tant est qu’il vous faille une garantie.

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Photo par WTTJ

Article édité par Ariane Picoche

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