7 préjugés qui nous découragent de postuler... alors qu’ils ne devraient pas !

07 déc. 2022 5min

7 préjugés qui nous découragent de postuler... alors qu’ils ne devraient pas !
auteur.e
Elise Assibat

Journaliste - Welcome to the Jungle

contributeur.e

Pas assez compétent, trop junior, un nombre de concurrents à faire peur… Nombreuses sont les raisons qui nous découragent et nous font renoncer à candidater à des emplois sans même mener bataille. Mais ces freins sont-ils justifiés ou nous font-ils juste passer à côté d’une opportunité ? Comment faire taire ces mauvaises pensées qui freinent nos ardeurs ?

Parmi tous les obstacles que l’on peut rencontrer en recherche d’emploi, notre mental est parfois le plus redoutable de tous. Surtout lorsqu’une annonce retient notre attention. Cette offre nous tenterait bien… Mais bien souvent, un seul critère trop éloigné de notre profil suffit à nous refroidir. Alors, il n’est pas rare de s’auto-persuader que nous n’aurons jamais le poste en question. Anna Gibert, coach professionnelle et psychologue du travail, nous aide à nous débarrasser de cette vilaine habitude, et décortique pour nous sept préjugés à mettre de côté pour de bon. Car ces critères qui nous freinent ne sont pas toujours lieux d’être.

1. « Je ne me sens pas à la hauteur »

Rien d’anormal à se sentir tout sauf à la hauteur pour un poste, surtout lorsque les recruteurs chantent les louanges du candidat idéal (le fameux moutons à cinq pattes). Mais les annonces sont rarement bien formulées et peuvent même faire peur. « Notamment lorsque le champ lexical employé est rempli d’épithètes tels que “vous maîtrisez”, “vous gérez”, “vous êtes le top”, “vous savez faire parfaitement”... énumère la coach professionnelle Anna Gibert. Le ton peut alors décourager même les plus compétents car il est rare de se considérer comme parfaitement maître dans tous les domaines demandés. » Même quelqu’un qui connaît parfaitement Excel et l’utilise tous les jours ne dit pas forcément qu’il maîtrise l’outil sans faute. Parfois, il s’agit aussi d’une stratégie des entreprises pour faire un premier tri de manière à mettre de côté ceux qui manquent de confiance en eux, une façon (parfois effrayante) de tester les candidats. « L’important va donc être de ne pas se laisser déstabiliser par l’annonce qui ne demeure qu’une première étape dans le processus de recrutement », révèle la spécialiste. Franchissez ce pas en ayant confiance en vous et en vos capacités.

2. « Je ne me projette pas dans le poste »

Parfois on voit des annonces très précises qui ne laissent pas vraiment de place à l’imagination. « Voire aucun espace pour une éventuelle appropriation du poste par le candidat », précise Anna Gibert. La projection est donc limitée et renvoie à l’idée que l’on est un simple exécutant. « Il ne faut pas oublier que l’annonce est un indicateur certes, mais c’est aussi un outil de marketing utilisé par l’entreprise pour se vendre et elle peut parfois travestir la réalité du terrain », rappelle la coach. De même, des annonces à l’allure monotone ou peu descriptive peuvent aussi cacher des postes passionnants. « À l’inverse, la réalité de la culture d’entreprise n’est pas toujours la même que celle vendue sur l’annonce, nuance Anna Gibert. Il faut se méfier de ces premières apparences et ne pas trop s’arrêter sur la fiche de poste. » Le candidat ne doit donc pas hésiter à postuler car c’est pendant l’entretien qu’il se fera vraiment un avis sur l’ambiance, la culture. Notons aussi qu’il est toujours possible de se renseigner en amont sur l’entreprise auprès des autres salariés et des anciens pour en avoir le cœur net…

3. « Je ne maîtrise pas toutes les compétences »

Manquer de confiance en ses capacités fait partie des incontournables de la recherche d’emploi. Surtout lorsqu’une annonce requiert un grand nombre de compétences. Évidemment, vous n’allez pas postuler pour un emploi dont vous ne maîtrisez aucun code.

« Mais, s’il vous manque une compétence, deux, ou même trois sur lesquels vous n’êtes pas forcément à l’aise, il ne faut pas hésiter à postuler, encourage Anna Gibert. L’objectif est avant tout de décrocher un entretien pour justement pouvoir montrer de quelle manière vous allez pouvoir compenser certains déficits. » Par exemple, je ne maîtrise pas le logiciel en revanche je dispose de capacités d’apprentissages importantes, d’une forte curiosité etc. « L’idée est que le recruteur se sente en confiance et que votre motivation lui donne envie de vous former sur les potentielles compétences manquantes plutôt que d’engager une copie conforme des attentes de départ, soulève l’experte. La personnalité, la manière de se présenter, d’argumenter son parcours, ses envies peuvent vraiment contrebalancer un déficit technique. » Alors restez concentré sur votre objectif et ne reculez pas devant cette annonce !

4. « Trop de gens ont dû postuler »

Aujourd’hui, de nombreux outils - à commencer par Linkedin - permettent d’informer sur le nombre de concurrents auxquels on se confronte sur une même offre d’emploi . Pourtant, rien ne sert de se renseigner en amont sur le nombre de candidats ayant déjà postulé. « C’est un élément perturbateur qui risque de vous faire perdre vos moyens, voire de vous autocensurer, met en garde Anna Gibert. D’autant que savoir que 150 personnes ont envoyé leurs candidatures avant ou après vous n’aide en rien. » Il s’agit d’une information qui sert la visibilité de la boîte et non votre démarche personnelle. « Vous venez avec votre parcours à défendre, votre personnalité et vous êtes unique », rappelle la coach. Alors nul besoin de se comparer aux autres car seule votre candidature importe. Selon Anna Gibert, « ne dit-on pas 100% des gagnants ont tenté leur chance ? »

5. « L’annonce est postée depuis (trop) longtemps »

Il n’est pas rare de tomber sur la perle rare des annonces… avant de se rendre compte que cette dernière a été publiée il y a déjà plusieurs semaines. Une éternité à l’échelle du recrutement… Mais si une annonce est en ligne depuis quelque temps, cela ne change rien à votre démarche. Parfois le processus de recrutement prend simplement du temps. « En tant que candidat, sa date de mise en ligne n’est pas votre problème », atteste Anna Gibert. Pas la peine de se mettre à la place du recruteur, occupez-vous de candidater. Et à partir du moment où cette dernière est toujours disponible et qu’une adresse mail est affichée, c’est tout ce qui importe à vos yeux. « Tant de facteurs ne dépendent pas de vous, alors rien ne sert de chercher à maîtriser ce qui n’est pas de votre ressort, poursuit la spécialiste. En revanche, vous êtes en capacité de maîtriser votre discours et la compréhension du poste, alors restez concentré. » Rien ne vous empêche de postuler.

6. « Le salaire est trop bas »

Une annonce regroupe toutes vos conditions à l’exception du salaire, trop bas à vos yeux ? Ne la mettez pas tout de suite de côté ! Il ne faut pas oublier que tout se passe pendant la rencontre. « Par exemple, il arrive qu’une entreprise recherche un profil ultra-junior mais après avoir eu un coup de cœur pour un candidat revoit son offre à la hausse, même si cela lui coûtera plus cher », illustre Anna Gibert. Car si vous cochez toutes les cases à côté ou qu’une véritable alchimie se passe durant l’entretien, il est possible que l’entreprise fasse un petit effort de son côté. « De plus, une présélection s’effectue souvent avec le recruteur par téléphone justement », ajoute la coach. Ce premier contact peut aussi être l’occasion pour savoir si la politique salariale est plus ouverte qu’il n’y paraît.

7. « Le poste a trop de responsabilités pour moi »

Vous vous posez des questions sur une annonce qui requiert des responsabilités que vous n’avez jamais exercées ? Certes, postuler à un poste plus haut gradé peut susciter l’appréhension. Car l’hésitation qui vous prend aux tripes est parfois le signe que vous n’êtes pas encore à ce stade dans votre parcours pro. La marche semble trop haute, ou c’est simplement que cette position n’est pas faite pour vous. Mais un candidat qui a envie de manager ou d’encadrer une équipe aura une volonté naturelle d’embrasser cette vocation. Ce tremplin vers plus de responsabilités nécessite donc une profonde motivation qu’il va falloir transmettre aux recruteurs. En revanche, si vous vous décidez à tenter l’opportunité, travaillez votre entretien en amont pour la consolider. Faites des liens avec des moments où vous avez pu avoir des charges de travail supplémentaires. Tels que l’accompagnement des clients, l’accueil des stagiaires… Mais vous pouvez aussi piocher des exemples dans votre vie personnelle. Bref, à vous de mettre vos capacités de manager né en avant.

Finalement, le maître mot demeure de ne pas accorder trop de pouvoir à une annonce. Il ne faut pas s’autocensurer sur des critères à première vue indispensables, ou sur des idées toutes faites. Le recrutement reste avant tout un processus humain où chacun vient avec son histoire. Évidemment certains prérequis sont indispensables pour obtenir l’entretien mais une fois que la rencontre s’opère, rien n’est impossible.

Édité par Manuel Avenel, photographie par Thomas Decamps

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