Ce que les Pays-Bas peuvent nous enseigner sur le télétravail

Pendant cette période de pandémie, de nombreuses entreprises qui n’en avaient pas l’habitude se sont tournées vers le télétravail pour poursuivre leurs activités. Face aux incertitudes de la période et aux difficultés du monde de l’immobilier, les débats font rage sur l’avenir des bureaux, les transformations du management et les leçons à tirer de cette pandémie pour l’organisation du travail de demain.

Pourtant, aux Pays-Bas, ces débats sont presque inexistants. Pourquoi ? Parce que tous/toutes ceux/celles pour qui c’est possible pratiquaient déjà le télétravail de manière régulière avant la pandémie. Même sans Covid, il est « normal » pour un.e membre des « classes créatives » de travailler où il/elle veut, y compris à la maison. La culture du travail y est l’une des plus flexibles au monde (avec celle des pays scandinaves, comme la Suède ou la Finlande). Avant la pandémie, c’est un.e salarié.e sur six (tous emplois confondus) qui travaillait régulièrement ailleurs qu’au bureau, soit plus de deux fois plus qu’en France.

La pratique régulière du télétravail et la culture qui la soutient ont conféré aux Néerlandais.es une longueur d’avance en période de pandémie. La continuité d’activité a été remarquablement plus aisée, notamment parce qu’on utilisait déjà tous les outils du travail en remote. Les travailleurs/travailleuses ont aussi un meilleur poste de travail, car il n’est pas rare que leur employeur en finance une partie de l’installation.

On peut expliquer l’avance néerlandaise par quatre grands facteurs :

  • L’internet est mieux partagé qu’ailleurs : 98% des foyers néerlandais ont accès au haut débit ; la « fracture numérique » y est faible ; l’éducation au numérique se fait dans toutes les écoles et les usages numériques sont plus avancés que chez les voisins européens (notamment allemands).

  • La culture néerlandaise est basée sur la confiance. La confiance facilite grandement le management en télétravail. En conséquence, les Pays-Bas se positionnent au premier rang dans le domaine de de l’équilibre vie professionnelle-vie privée. L’idée d’offrir à ses salarié.e.s des vacances illimitées y gagne du terrain. C’est le cas de la banque ING, qui teste cette politique sur un groupe pilote de salarié.e.s.

  • Les logements sont de meilleure qualité. C’est évidemment plus facile de travailler chez soi quand on a un logement digne de ce nom. C’est le cas d’une grande partie des Néerlandais.es. Les logements y sont en général abordables et de bonne qualité, même pour les moins riches. Les Néerlandais.es sont casanier.e.s : la gezelligheid néerlandaise n’a rien à envier au hygge des Danois.es ! Enfin, les inégalités de revenus sont moins fortes que dans la moyenne de l’OCDE.

  • Les infrastructures publiques et tiers lieux accueillent volontiers les télétravailleurs/euses. Selon Bart Götte, un prospectiviste interviewé par la BBC, les infrastructures publiques ont toutes été converties à la réalité du télétravail. Par exemple, les bibliothèques publiques ont trouvé une nouvelle raison d’être en devenant des tiers lieux où tout le monde peut venir travailler avec une bonne connexion internet. Les cafés et restaurants accueillent les remote workers à toute heure de la journée. Et les espaces de coworking y sont particulièrement nombreux et populaires. Enfin, on trouve facilement du wifi dans tous les lieux publics.

Les employeurs/employeuses néerlandais.es ont rapidement compris qu’ils/elles avaient tout à gagner à réduire leurs surfaces de bureaux. Cela fait déjà dix ans que ceux-ci se transforment en conséquence.

La grande ubiquité des travailleurs/travailleuses semi-nomades s’explique aussi par le grand nombre de freelances aux Pays-Bas. Ils/elles sont plus d’1,1 million dans un pays qui ne compte que 16 millions d’habitant.e.s (la France en compte à peu près le même nombre… pour une population de 66 millions !). Parmi ces freelances, beaucoup travaillent régulièrement à leur domicile.

À bien des égards, c’est vers les Pays-Bas qu’il faut se tourner pour imaginer notre avenir du travail de bureau post-Covid, tant pour ce qui concerne le management qui repose sur la confiance que pour les infrastructures de l’ensemble du pays. Si on ajoute à cela, la culture du vélo, on réalise à quel point le pays est en phase avec les réalités d’un monde toujours en pleine pandémie !

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Photo Rémy Gieling @unsplash

Laetitia Vitaud

Rédactrice en chef @Recruiters

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