Nora Hamzawi « Je fais ce pour quoi je me suis battue toute ma vie »

Entretien : Nora Hamzawi, humoriste « obsédée par le contrôle »

On pénètre le salon de l’Hôtel du temple (Paris 9ème), où quelques attablé·e·s instagrammisent leurs petits-déjeuners sur des tables de bistrot romantiques. Au milieu des moulures et banquettes façon cuir, on la repère tout de suite, chignon mi-haut et éternelles grandes lunettes posées sur la table à côté elle. Nora Hamzawi nous a vu, fait un signe timide de la tête ; penchée sur elle, sa maquilleuse finit de dessiner le contours de ses yeux noisette.

Nora Hamzawi, humoriste, chroniqueuse et désormais comédienne, est de retour sur les planches depuis septembre dernier pour son 5ème seule-en-scène, sobrement intitulé Nouveau Spectacle. Vous avez sûrement déjà lu ou entendu sa plume acidulée, dans les pages de Glamour puis Grazia, sur les ondes de France Inter ou encore chez Yann Barthès. Son credo : le quotidien, souvent le sien, et tous ces états fous dans lequel il nous met constamment. Libido du couple, charge mentale, crises de pleurs et autres névroses, la jeune femme ne nous épargne rien.

Et quand Nora Hamzawi s’attable avec vous, vous ne savez sur quel pied danser. À la fois grande timide, complexée, et volubile - mais est-ce que ça ne va pas souvent de paire ? -, elle laisse refroidir ses cafés à force de ne jamais laisser un blanc se former. Le corps s’emballe, les mains miment. Et si certaines questions sont prohibées, la trentenaire semble s’amuser de toutes les autres, ravie de faire rire et sourire son auditoire.

Nora, tu fais quoi dans la vie ?

Quand on me demande – mais ça arrive rarement – je crois que je réponds “comédienne-humoriste.” L’autre jour, quelqu’un m’a dit : « En fait, tu fais des blagues quoi. » C’est une traduction un peu lourde et très littérale de ce que je fais, mais dans le fond c’est ça.

Tu “fais des blagues” sur scène, à la radio, à la télé, et maintenant, tu joues même au cinéma (Alice et le maire sorti le 2 octobre 2019, ndlr). Entre tout ça, tu préfères quoi ?

Je pense que la scène est nettement au-dessus. J’aime bien la radio aussi, parce qu’il y a un côté mystérieux, caché. Au cinéma, j’apprends à accepter que cela soit quelqu’un d’autre qui contrôle les choses. Et ça, c’est complètement nouveau pour moi.

Tu as tendance à vouloir tout contrôler ?

Oui, je suis obsédée par le contrôle. Je me décris moi-même comme étant une control freak, alors que je déteste cette expression. Quand je prends l’avion ou la voiture, je passe mon temps agrippée à mon siège, flippée de ne pouvoir rien contrôler, de laisser ma vie entre les mains de quelqu’un que je ne connais pas. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi un métier où je suis seule, pour pouvoir tout décider moi-même : mon emploi du temps, mes textes et tout le reste.

J’ai choisi un métier où je suis seule pour pouvoir tout décider moi-même.

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D’ailleurs, tes textes ne parlent que de toi, de ta vie…

Totalement. C’est très égocentrique, mais je fais ce métier pour ne parler que de moi. C’est un besoin profond que je ne sais pas vraiment expliquer. On me le reproche parfois. Un jour, une metteuse en scène m’a dit d’un ton très désagréable : « Tu veux que je te dise combien de fois tu as dit “je” dans ton spectacle ? » Mais je crois quand même qu’il est préférable de dire “je”, car cela permet de parler de soi tout en parlant des autres. Le “tu” ou le “nous” donnent l’impression qu’on essaie de rallier les gens à notre cause alors qu’ils n’ont rien demandé.

Généralement, tu t’installes où pour écrire ?

J’ai essayé de travailler dans des cafés, mais j’en suis incapable, il y a trop de bruit, et j’ai l’impression que tout le monde m’observe et se dit : “ha encore une qui fait semblant de travailler.” (Rires) Donc j’écris dans mon lit, le plus souvent. Ou à mon bureau quand je suis vraiment très en forme.

Tu as toujours été aussi casanière ?

Oh oui. Je sors très peu.

Et tu arrives à t’imposer un rythme ?

C’est totalement aléatoire ! Quand j’ai un gros projet en prévision, j’arrive rarement à m’y mettre tout de suite. Généralement, je passe au moins une semaine à déprimer sous la couette, sans rien faire, jusqu’à ce que j’ai soudainement un sursaut et que j’écrive tout d’une traite. C’est comme ça depuis l’école : je fais les choses à l’arrache, comme ça, si jamais je rate, ce n’est pas parce que j’aurai été stupide, c’est parce que je n’aurai pas assez travaillé. Je crois que c’est parce que cela me met face à mes complexes : j’ai souvent l’impression de rêver de trucs trop grands dont je ne serai jamais capable.

J’ai souvent l’impression de rêver de trucs trop grands dont je ne serai jamais capable.

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On parlait cinéma tout à l’heure, il représente quoi pour toi ce premier rôle ?

Une réconciliation mentale. Même si cela peut paraître un peu excessif, c’est comme si Nicolas Pariser était venu déterrer mes complexes avec une pelle. Le fait qu’un professionnel venu d’un univers très différent du mien ait envie de bosser avec moi, cela m’a fait réaliser que les choses ne sont pas cloisonnées, que je peux parfaitement faire du stand-up et être actrice en même temps.

Cela te donne envie de continuer dans cette voie ?

Oui, mais pas à tout prix. Là, j’ai reçu des scénarios qui ne me tentent pas trop. Je veux faire des rôles qui me plaisent vraiment, et ne pas faire que ça. J’ai besoin d’écrire et de m’exprimer avec des mots. J’adore la scène, j’adore le fait de pouvoir combiner les deux métiers en fait.

Dans ton deuxième spectacle, débuté en septembre à Paris, tu parles surtout de tes angoisses, peurs, doutes… c’est vraiment toi ?

C’est presque moi. Disons que presque tout ce que j’évoque m’est arrivé à un moment ou un autre dans ma vie, mais au moment où j’en fais un sketch, mes problèmes sont résolus. Parce que je ne suis pas capable d’avoir de l’autodérision sur quelque chose qui est réellement encore un problème ou douloureux pour moi. Si dans ce spectacle je me permets de parler de grossesse par exemple, c’est parce que cette période est loin derrière moi.

Tu forces le trait pour faire rire, non ?

Un peu, mais pas tant que ça finalement. Parce que je crois qu’on se met parfois dans des états vraiment extrêmes dans la réalité, mais qu’on l’oublie, c’est tout. Personnellement, je me suis déjà vue faire de ces trucs… Comme cette fois, à l’époque où j’étais en stage en boîte de com’ et que je venais de me faire larguer. Je pleurais comme une folle dans les bureaux, je jetais des affaires par la fenêtre devant mon maître de stage. Il m’a prise pour une dingue ! (Rires) On a l’impression que mon personnage est tout le temps excessif parce que ce sont des moments comme cela que j’ai choisi de concentrer sur une heure. Mais en fait, ce sont plein de petits états dans lesquels on se met tous, mais en beaucoup moins concentrés dans le temps.

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Quand on pense “Nora Hamzawi”, on pense au combo lunettes-chignon-mèche. C’est une manière pour toi d’être identifiable ?

En fait, cela n’est pas vraiment calculé, je n’ai d’ailleurs pas toujours eu ce style-là ! J’ai longtemps eu les cheveux lâchés et raides, puis une queue-de-cheval haute sur le côté… Au tout début, je jouais même sans lunettes ! Mais c’était pour une autre raison : c’est juste que je ne voulais pas voir le public pour ne pas être intimidée (rires). J’arrivais avec, puis je les posais. Je ne les remettais qu’au moment du salut.

Tu as fait le Celsa (Ecole des Hautes Etudes en Sciences de l’Information et de la Communication, NDLR), une école de communication réputée, avant de devenir comédienne. Tu étais du genre bonne élève ?

Pas du tout ! Ado, j’étais un peu en réaction à tout donc j’en avais strictement rien à faire d’avoir des bonnes notes. J’étais très bonne jusqu’en sixième, et après j’ai commencé à m’intéresser aux garçons, aux fringues, et à tout ce qui existe à l’adolescence. Quand j’ai eu mon brevet, ma mère ne s’y attendait tellement pas qu’elle a ouvert le champagne. C’est un peu humiliant quand j’y pense, parce que beaucoup de gens ont leur brevet quand même (rires). Finalement, – et contre toute attente – j’ai eu mon bac avec mention, et je suis allée à la fac de droit d’Assas parce que mon frère m’y avait inscrite. J’ai tenu trois semaines. Je ne comprenais rien. Après, j’ai été vendeuse pendant un an tout en étant aux Cours Florent, puis j’ai fait un IUT Infocom et j’ai réussi le concours du Celsa. C’était très inattendu, vu mon niveau scolaire et la manière dont s’était passé l’oral d’admission… (elle sourit)

C’est-à-dire ?

Le jury m’a demandé ce que je voulais faire comme métier, donc forcément, j’ai répondu “comédienne”. Ils m’ont clairement demandé ce que je fichais là… Quand j’ai raconté ça à ma mère sur le chemin du retour, j’ai cru qu’elle allait me jeter sur le bord de la route (rires).

Comédienne, c’est le métier dont tu rêvais petite ?

Pas vraiment. Petite, j’ai voulu être fromagère, hôtesse de l’air… En fait la seule chose dont j’étais sûre, à six ans, c’était vivre seule et être indépendante financièrement (rires). De mes premiers cours de théâtre – je devais être en CP – je ne garde pas de très bon souvenirs. Je me souviens qu’une fois, j’ai eu un trou de mémoire monumental en jouant Le Petit Prince devant toute mon école. J’ai vécu cela comme une humiliation et j’ai été dégoûtée du théâtre pendant plusieurs années.

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Comment tu te retrouves au Cours Florent au lycée alors ?

En première, je suis tombée par hasard sur un documentaire de Canal+ où ils suivaient des élèves du Cours Florent. Je me suis dit “pourquoi pas essayer”. De toute façon, j’étais nulle en cours. J’y suis allée, et j’ai adoré. Je sentais que ma prof, Lise Belin, avait de l’estime pour moi, elle me regardait d’un air totalement différent de celui de mes profs de géo et de maths. Et d’allemand n’en parlons même pas (rires). Cela m’a encouragée à aller vers cette voie-là. À la fin du deuxième cycle j’ai intégré l’atelier Fanny Vallon (école de théâtre dans le 15e arrondissement de Paris, ndlr), et là, c’est devenu réellement incroyable. Ma prof passait son temps à fumer des clopes au fond de la salle et nous apprenait des tonnes de trucs.

Pourquoi tu as choisi de faire de la communication au lieu de te lancer à 100% dans le théâtre après le bac ?

Encore une fois, la notion d’indépendance financière a toujours été primordiale pour moi. Ma mère m’a élevée en me disant qu’il fallait que je trouve un CDI le plus tôt possible parce qu’elle ne pourrait pas me venir en aide financièrement dans ma vie. Alors, quand je voyais mes camarades comédiens qui ne vivaient que pour le théâtre, quitte à vivre entassés à cinq en colloc’ et à ne bouffer que des pâtes toute la semaine, je me disais : « si c’est ça être comédienne, je préfère ne pas l’être. » Pendant plusieurs années, j’ai donc combiné petits boulots ou études en plus des cours de théâtre le soir.

Tu te sens en sécurité dans ton travail aujourd’hui ?

Oui, dans le sens où je fais ce pour quoi je me suis battue toute ma vie : gagner ma vie en étant heureuse. Ce que je trouve dingue. Quand les gens me disent que je fais un métier difficile, je leur réponds que non, pas du tout. Ce qui est difficile, c’est de se lever tous les matins, et faire un boulot que tu n’aimes pas. J’avais beaucoup plus la boule au ventre en badgeant le matin aux Galeries Lafayette qu’avant de monter sur scène aujourd’hui.

Ce qui est difficile, c’est de se lever tous les matins, et faire un boulot que tu n’aimes pas.

En 2009, à 24 ans, tu te lances sur scène avec ton premier one-woman-show. La même année, tu es repérée dans le festival Juste Pour Rire Nantes-Atlantique, qui rassemble plus d’une centaine d’artistes. Comment cela est arrivé ?

J’en avais marre de passer des castings pour tout et n’importe quoi, sans succès… Un jour Alice, ma meilleure amie, m’a dit : « Fais du stand-up, fais-toi jouer seule ! » Cela m’a fait cogiter, et j’ai fini par envoyer un message à Juste Pour Rire après avoir lu leur mail quelque part, en bas d’une affiche de Florence Foresti, je crois. A partir de là, je commence à faire mes premières scènes ouvertes. Et là je réalise que la scène est le seul endroit où je me sens légitime. Pas forcément forte, parce que je me prends des bides, mais je me dis que même quand c’est dur, c’est normal d’être là. Tout me paraît hyper naturel. Faire des scènes ouvertes, c’est la meilleure manière de savoir si tu es fait pour ce métier ou pas.

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Ça a marché tout de suite ?

Pas du tout non. Les gens ont souvent cette impression, mais avant d’être produite, j’ai dû jouer pendant trois ans sans toucher un centime, voire même parfois à devoir payer pour jouer !

Tu fais encore des scènes ouvertes aujourd’hui ?

Non, je refuse systématiquement. Je n’ai plus du tout envie de me comparer. À chaque fois, je me sens de nouveau notée comme à l’école, je suis tétanisée, et je me sabote.

Puis de septembre 2011 à mars 2012, tu te retrouves sur le plateau de On ne demande qu’à en rire, émission présentée par Laurent Ruquier sur France 2. Pourquoi tu as voulu apparaître à la télé ?

On était en 2011-2012, époque où plein d’humoristes et séries comme Bref commençaient à cartonner. Et moi, j’étais là, coincée entre mon poste et mes chroniques chez Glamour et mes salles vides. Au lieu de penser à ce que j’avais envie de dire, je passais un temps fou à théoriser ce que voulaient les gens et pourquoi les autres humoristes marchaient. Je vivais tous les succès des autres comme des échecs personnels. Du coup, quand cette émission m’a appelée, je me suis dit : « Soit je reste cachée et je ne fais rien, soit j’y vais. »

Tu as aimé ?

Disons que le premier passage se passe plutôt bien. Mais ensuite, c’est le cauchemar, je ne fais que de me dénaturer. Je retrouve exactement ce que je détestais à l’école : des gens qui me jugent, me disent que je suis trop comme ci, pas assez ça. Et puis il y a ce soir où Jean Benguigui (acteur français et ancien membre du jury de l’émission, ndlr) me pourrit devant tout le monde, me disant que je suis une très mauvaise comédienne et que je ne ferai jamais carrière. Heureusement qu’à l’époque les réseaux sociaux n’existaient pas !

Tu les utilises, toi, les réseaux sociaux ?

Très peu. Je ne sais pas me mettre en avant devant une caméra, ni parler toute seule devant un téléphone. Je sais qu’il y a des gens qui le font hyper bien, mais cela ne me ressemble pas du tout. Pour cette raison-là, je pense qu’il aurait été extrêmement difficile pour moi de devenir humoriste aujourd’hui. On a souvent l’impression que c’est plus facile, parce que du coup, tout le monde a les moyens de se faire connaître (il suffit d’un smartphone), mais en même temps, les nouveaux humoristes sont noyés parmi tellement d’autres gens que je ne sais pas si j’aurais pu.

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Qu’est-ce que cette première apparition à la télé t’a apprise ?

Rien. Si ce n’est que je ne voulais plus jamais être jugée et notée par qui que ce soit, sauf par un public qui a fait le choix de venir me voir.

L’année d’après, en 2013, ton spectacle commence à bien marcher !

Oui. Entre temps, j’ai fait un petit burn-out, j’ai quitté Glamour et je me suis enfermée chez moi pour retravailler mon spectacle. En septembre, je l’ai joué à la Comédie des trois bornes (46 places), et peu à peu, le bouche à oreilles a fonctionné. Je commence à faire des petits papiers à droite à gauche, puis à faire des chroniques sur France Inter à partir de novembre. (Soit dit en passant, travailler sur une radio intelligente a résolu tous mes complexes de mauvaise élève à l’école !) En décembre, je réussis à avoir un producteur. Il me programme au théâtre du Gymnase, puis tout s’enchaîne.

Qu’est ce qui est le plus important pour toi sur scène ?

Le but, c’est que je m’amuse. S’il y a un truc qui me fait rire, quelque chose qui se passe dans le public, cela me rend heureuse, et je considère que le taff est fait à 50%. J’adore qu’il y ait des surprises et des accidents.

Comme quoi ?

Tout ce qui me permet de faire de l’impro : quelqu’un qui est mal à l’aise, quelqu’un qui n’est pas content d’être là et qui n’arrive pas à le cacher, un enfant… Avant-hier, par exemple, une fille du premier rang riait très fort au début, puis de moins en moins à mesure que l’heure passait. Son changement d’état était tellement flagrant que je ne réussissais pas à faire abstraction. Je lui ai donc demandé à haute voix ce qui lui arrivait. Elle m’a répondu : « *En fait, j’ai très envie d’aller aux toilettes. »

Ça t’es arrivée d’être réellement déstabilisée ?

Samedi dernier, un mec a fait “Bouuuh” quand je parlais du fait que j’étais castratrice. J’ai juste marqué un arrêt, puis j’ai continué. Je n’ai pas du tout eu envie de rebondir là-dessus, parce que, quand les gens cherchent volontairement l’interaction, cela ne devient plus naturel. L’autre chose, c’est que j’ai toujours peur de blesser. Par exemple il n’y a pas longtemps je m’adressais à un homme au premier rang, et il ne me répondait que par des gestes. J’ai dit « on va vraiment discuter en mimes ? » Et là je me suis dit « mince, mais si ça se trouve il est muet ! » J’ai formulé ma phrase à voix haute, à l’intention du public, pour dédramatiser la situation.

Tu as encore le trac avant de jouer ?

Oh oui. Mais ce n’est pas plus mal.

Ça se traduit comment ?

Très concrètement, cela passe par un peu de tachycardie et par le fait d’aller aux toilettes (rires). Pour me calmer, avant la scène, je mange systématiquement du réglisse. Les meilleurs ce sont les danois, ceux qui sont un peu salés. Et à la fin du spectacle, je retourne à ma loge pour boire un litre d’eau et changer de t-shirt. Je mets beaucoup de temps à sortir de la salle, à redescendre en pression. Parce qu’après un spectacle, j’ai l’impression que je n’ai plus rien à donner. Je redeviens la Nora normale, timide et réservée.

Anaëlle Orfila

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