Travail debout : bosse-t-on mieux planté sur ses deux pieds ?

Travail debout : une bonne idée pour notre santé ?

Dans les open spaces, certains originaux se distinguent par leur position ô combien dynamique. Exit le dos tassé sur une chaise, à scroller avidement sur les écrans : ces travailleurs du futur se tiennent fièrement debout ! Installés sur des tables hautes, l’ordinateur à la main ou encore parcourant des kilomètres de bureaux pour un call, ils s’activent à la verticale. Alors pourquoi ces aficionados du travail debout ont-ils franchi le pas ? Est-ce que l’on bosse mieux planté sur ses deux pieds ? Est-ce bon pour la santé ? Ce sont les questions que l’on s’est posées !

Et si Michel Berger avait raison, en chantant à tue-tête de jouer du piano debout ? En open space, certains salariés ont épousé la position verticale pour diverses raisons. Pour Romain, 31 ans, cette pratique a été renforcée par la crise sanitaire : « les habitudes ont changé dans mon entreprise durant la pandémie. À la place des réunions où l’on restait assis en présentiel, on fait plus souvent des points par téléphone. Du coup, je passe mes appels debout, en faisant les cent pas. Je le faisais déjà avant, mais ça s’est accentué avec le Covid. »

Pour ce directeur commercial d’un cabinet de conseil, il s’agit surtout d’être plus concentré sur ses appels et de pouvoir « marcher en se vidant la tête pour se focaliser sur ses idées ». Travailler debout le stimule, n’en déplaise à certains de ses collègues qui n’apprécient pas forcément ses déplacements tout terrain : « Parfois, ils ont besoin de silence donc ils n’aiment pas trop voir quelqu’un s’agiter autour d’eux. » Il est donc question de concentration pour ce dernier, mais qu’en est-il de la santé ?

Bouger pour sa santé !

Car derrière l’idée d’éviter la sédentarité en travaillant debout, il y a bien sûr des raisons sanitaires. D’après une étude de la British Psychological Society, les employés resteraient en moyenne 5h30 par jour, assis sur leur chaise. Une donnée qui fait froid dans le dos quand on sait que l’inactivité est responsable de 27 % des cas de diabète et de 95 % des douleurs dorsales. Alexandre, ostéopathe à Paris, rappelle qu’il reçoit tous les jours des patients avec des douleurs liées aux postures au travail. « Dans les grandes villes, il y a beaucoup de boulots sédentaires avec des gens assis derrière leurs bureaux. On se retrouve avec beaucoup de douleurs lombaires et cervicales », analyse-t-il. Le spécialiste explique l’inconvénient de travailler assis trop longtemps : « Cette position un peu tassée augmente la pression sur les disques intervertébraux. Et tous les muscles du dos travaillent très peu. Ça diminue le tonus musculaire et aussi la circulation car le retour veineux se fait principalement par le bas du corps. »

Ces douleurs, Antoine-Benjamin, 40 ans, les a bien connues. Lors de sa dernière expérience professionnelle, ce chief-marketing officer était amené à beaucoup voyager : « Je prenais très souvent l’avion et j’ai commencé à avoir de grosses douleurs au dos à force de rester assis. » Il se renseigne alors et découvre les méfaits de la sédentarité au travail. À ce moment en poste chez Facebook, il devient adepte du travail à la verticale, encouragé par les outils mis en place par la boîte américaine. « Là-bas, tout le monde a son propre bureau qui peut monter et descendre. Depuis que je travaille debout, j’ai beaucoup moins de douleurs. » S’il ne perçoit pas de différence particulière quant à sa concentration, il témoigne d’une véritable évolution quant à sa créativité lorsque son corps reste actif : « Certains bureaux avaient même des tapis roulants. On pouvait passer ses calls et marcher, j’avais l’impression d’avoir plus d’idées, c’était enthousiasmant. »

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Debout contre vents et marées ?

Alors doit-on tous se lever de nos chaises et travailler debout pour avoir une meilleure posture au travail ? Il faut d’abord souligner que les entreprises ne sont pas toutes égales quant aux moyens mis à la disposition des salariés, comme le rappelle Anthony, 32 ans, kinésithérapeute qui intervient souvent dans les sociétés pour donner des conseils ergonomiques aux employés : « Travailler sur des tables hautes, debout, c’est une bonne alternative mais c’est assez peu fréquent dans la pratique. Même dans les bureaux neufs, ça doit concerner 10% des postes de travail. Ce n’est pas forcément accessible à tout le monde, et comme certains sont en flex office, c’est premier arrivé, premier servi. »

Il faut donc faire avec ce qu’on a, ou ce que l’on n’a pas. Et c’est ce que fait Adrien, CEO d’une entreprise de conseil en finance. Ce trentenaire s’est inspiré des grandes entreprises comme Amazon qui mettaient en place de nouvelles méthodes de travail avec notamment des bureaux amovibles pour « faire évoluer sa posture au boulot ». C’est selon lui, une manière de se mettre en mouvement, de favoriser un esprit dynamique : « Le fait d’être debout, ça met dans une intention qui est différente, beaucoup plus dans l’action que dans la réception. Il y a un côté passif à être assis, dans la démarche de recevoir. Travailler debout, ça donne plus cette impression que les choses sont en perpétuelles évolutions, que les projets avancent. »

Adepte des challenges, Adrien compte les pas qu’il fait en passant ses appels et transporte son ordinateur un peu partout, n’hésitant pas à se faire remarquer. Certains collaborateurs s’étonnent en effet de le voir façonner son bureau nomade. Et même si certains, de façon ponctuelle, peuvent l’imiter, il déplore des pratiques encore « trop conventionnelles ». Pour Antoine-Benjamin aussi, sa volonté de travailler debout interpelle ses collègues : « Ça crée de la discussion, ça intrigue les gens et parfois ça leur donne même envie de faire pareil ! » Adrien précise bien sûr qu’il faut savoir s’adapter. Les réunions ne permettent pas toujours de travailler debout et il est bien forcé d’alterner. Une obligation qui s’avère bénéfique si l’on en croit notre expert ostéopathe pour qui, rester debout toute la journée, n’est pas la solution idéale.

L’alternance, c’est la clé

« C’est très bien d’alterner assis et debout. Il ne faut pas être debout toute la journée, le corps n’aime pas être dans le même position tout le temps, il aime être en mouvement », tempère ainsi Alexandre. Ce dernier incite surtout les salariés à trouver des raisons pour bouger toutes les heures. Pour cela, il existe des astuces :

  • placer la photocopieuse à distance des employés
  • s’imposer des petites sorties de 5 minutes pour faire le tour du bureau
  • offrir le café aux collègues de tous les étages

Alterner les positions assises et debout serait donc l’idéal. L’ostéopathe témoigne des effets bénéfiques ressentis par ses patients qui ont changé leurs habitudes au travail et ont choisi de changer de postures régulièrement : « Ils se sentent moins fatigués et plus productifs. Et surtout, ça évite bien des douleurs chroniques. »

Téléphoner debout, réfléchir en marchant, alterner les positions, maintenir un mouvement perpétuel vous permettra donc de prendre soin de votre corps au travail et d’honorer le fameux leitmotiv : « Un esprit sain dans un corps sain. » Et pour maximiser vos chances de ne pas faire souffrir votre dos ou votre cou lorsque vous alternez avec la position assise, Anthony nous donne quelques conseils qu’il adresse régulièrement à ses patients :

  • Mettre un pull ou une serviette roulée entre votre bassin et votre chaise, afin de reposer votre bassin et éviter l’effet dos voûté.
  • Faire en sorte que votre coude soit aligné avec votre main
  • Disposer votre ordinateur afin que le haut de l’écran soit au niveau de vos sourcils.
  • Étirer vos trapèzes en attrapant vos mains derrière le dos en tirant d’un côté puis de l’autre.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le corps doit être dans une position reposée afin qu’aucune tension ne se crée. Et comme le dit si bien Adrien, CEO en finance, « le fait de se sédentariser derrière son poste, avec une dimension travail à la chaîne, c’est triste. L’action, c’est beaucoup plus inspirant ! »

Alors on se lève tous pour bosser !

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Édité par Manuel Avenel

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