LinkedIn : faut-il miser sur une photo pro quand on est en recherche d'emploi ?

22 déc. 2022 5min

LinkedIn : faut-il miser sur une photo pro quand on est en recherche d'emploi ?
auteur.e
Jessica Beebe

Multimedia journalist living and working in New York City

Comme la poignée de main, la bonne photo de profil sur les réseaux professionnels fait partie d'un ensemble de bonnes pratiques pour soigner la première impression que l'on fait aux recruteurs. Et si pour la réussir à tous les coups, on s'allouait les services d'un spécialiste de l'image ?

En scrollant sur votre fil d’actualités sur LinkedIn, vous avez peut-être remarqué que beaucoup de vos contacts ont une photo de profil de qualité professionnelle. En effet, les actifs cherchant à donner un coup de boost à leur carrière sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des pros pour les aider à soigner leur image et faire une bonne première impression. Cette photo de profil doit les aider à se mettre en avant en tant que candidat, à développer leur réseau ou simplement afficher un style professionnel en accord avec leur « personal branding ».
Mais vu le prix non négligeable de la prestation et en prenant en compte que faire ses photos, c’est aussi du boulot, comment être sûr que cela sera vraiment un tremplin pour sa carrière ? Notre rédaction américaine a rencontré trois photographes spécialisés dans le portrait pour recueillir leur témoignage et analyse sur cette tendance.

Derrière l’objectif, le business

« Notre promesse est de vous permettre de faire une bonne première impression », annonce Arpi Pap, à la tête de Headshots NYC, à New York. Photographe depuis plus de 20 ans, il explique que les clients et clientes de son studio sont principalement des personnes « cherchant à donner un coup de frais à leur image ou à leur marque » ou qui veulent un portrait pour des raisons professionnelles. « Il y a un peu de tout », précise Arpi Pap, citant les clichés pour les signatures d’e-mail, les pubs des pros de l’immobilier, les autopromos en tout genre ou destinés à être utilisés sur les réseaux sociaux.

En Utah, Laurence Boswell fait le même constat. En activité depuis près de 10 ans, il a lancé son offre de portraits en 2020. Sa clientèle vient le voir avec des requêtes diverses, mais toujours d’ordre professionnel : photo pour son profil LinkedIn ou son CV ou encore pour compléter un dossier de candidature pour postuler à une grande école.

Scott Hester quant à lui, réside en Californie. Il s’est spécialisé dans les portraits il y a deux ans, pour répondre à la demande grandissante de ses clients. Son studio propose également des « shootings sur site » aux entreprises, c’est-à-dire au sein de leurs locaux. L’occasion pour ces organisations de constituer une base de photos professionnelles avec l’ensemble de leurs collaborateurs.

Réaliser the portrait

Arpi Pap explique qu’il est important de donner le ton et de créer l’ambiance propice à un bon shooting photo. « Nous veillons toujours à ce que les personnes qui viennent ici soient dans leur zone de confort. Nous cherchons à les comprendre, à saisir ce qu’elles dégagent. Nous choisissons les bons mots pour leur parler, nous les encourageons pour que l’expérience soit vraiment agréable. » Le photographe insiste sur le fait que : « Arriver dans un lieu accueillant, avoir droit à un vrai sourire et un peu de chaleur humaine après une grosse journée peut vraiment faire toute la différence pour la suite du shooting. » Après quelques poses plutôt détendues, le photographe enchaîne rapidement sur le portrait pro, « et hop la session est finie sans que vous ayez vu le temps passer ! » Sur Internet, sa clientèle est dithyrambique : « Je me suis senti hyper à l’aise et en confiance avec lui », témoigne par exemple Andy Jeon, qui précise qu’Arpi s’est montré « clair et concis » et a « le contact facile ».

Laurence Boswell œuvre dans le même état d’esprit : « Je tâche toujours d’en savoir un peu plus sur la personne que j’ai en face de moi avant de commencer à prendre les photos. Je fais ça pendant que je prépare le shooting. Ça me permet aussi de voir ce qui fonctionnera le mieux pour elle. Je montre à mes clients ce que ça donne sur l’écran de prévisualisation de mon appareil, afin d’être sûr qu’ils soient satisfaits du résultat final. » Laurence revient lui aussi sur l’importance de mettre chaque personne à l’aise dès qu’elle pousse la porte du studio. « Je tiens à m’assurer que les gens se sentent bien face à mon objectif. » C’est crucial, insiste le photographe car c’est comme ça qu’on obtient un vrai sourire, quelque chose d’authentique. « Sinon ça peut ressembler à une grimace figée, une espèce de demi-sourire ou une expression tendue. » Ses clients et clientes vont dans le même sens. Dans un avis laissé par un certain Mitchell H., par exemple, on peut lire que « Laurence Boswell a le don de nous faire nous sentir bien dans notre peau ». Et ça se reflète sur les images.

Scott Hester explique qu’un shooting de portrait, c’est bien plus que “dites cheese” et clic. « Je coache les personnes qui viennent dans mon studio. C’est aussi mon métier, de faire sortir le meilleur de chaque personne qui passe devant mon appareil photo. » À l’instar de Laurence Boswell et Arpi Pap, Scott Hester prend le temps, avant chaque séance photo, de s’asseoir et de nouer la conversation, en parlant de tout et de rien. « Si nous ne sommes pas tous les deux détendus, la magie n’opère pas », insiste t-il.

De l’art et de la technique

Scott Hester, l’affiche en grand sur son site Internet « tout le monde mérite un beau portrait ». Pour ce faire, il utilise divers arrière-plans, notamment des aplats de papier uniformes, gris ou dans des tons neutres. « Les arrière-plans neutres sont plus faciles à manipuler pour moi au moment de la post-production. C’est pratique, parce que certaines personnes sont davantage mises en valeur sur fond clair, d’autres sur fond sombre. » Le photographe demande d’ailleurs à ses clients de venir avec une seconde tenue, au cas où d’autres couleurs lui sembleraient mieux convenir pour un cliché professionnel. « Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas quoi porter pour un shooting photo, alors je leur conseille de prendre un échantillon de leur garde robe et on choisit ensemble. »

Arpi Pap et Laurence Boswell disposent eux aussi d’arrière-plans et d’éclairages nomades, qu’ils peuvent emporter avec eux quand ils photographient leurs clients directement au sein des entreprises. « Il est essentiel d’avoir le bon cadre et le bon éclairage, confirme Laurence. J’apporte généralement deux ou trois boîtes à lumière, des softbox dans notre jargon, et un arrière-plan uni, tout simple. Je fais attention à ce qu’il n’y ait pas d’ombre bizarre derrière mon sujet ou sur son visage, et que son regard soit bien éclairé. »

Un cliché professionnel, une bonne idée ?

Pour Scott Hester, aucun doute : il est impératif d’afficher un portrait digne de ce nom. « C’est crucial pour faire une bonne première impression. Qu’on soit en recherche d’emploi ou qu’on ait besoin de ce portrait pour d’autres objectifs professionnels, on a envie d’avoir l’air investi et sérieux, et ça passe aussi par une belle photo de profil. Elle montre que vous soignez vos candidatures jusque dans les moindres détails. »

Cette photo est ce que l’on montre en premier aux managers, aux collègues, aux recruteurs et à tous les professionnels avec qui on interagit. « Je suis à 100 % convaincu qu’un portrait de qualité sur les réseaux sociaux contribue à la bonne première impression que vous donnez à votre écosystème professionnel, commente Laurence Boswell. C’est l’occasion d’afficher votre professionnalisme et votre sérieux. C’est même incontournable si vous êtes entrepreneur ou à la tête d’une entreprise. » Si votre photo de profil a été prise avec un portable, dans votre cuisine ou dans la rue, l’effet sera au contraire négatif d’après lui : « J’aurais tendance à moins prendre au sérieux quelqu’un qui utilise ce genre de photos que quelqu’un qui a fait l’effort et la dépense pour avoir un cliché de facture professionnelle », analyse le photographe.

Dans la même veine, Scott Hester, qui a longtemps été photographe de magazines et d’actualités avant d’ouvrir son propre studio, estime que « le selfie en photo de profil LinkedIn est une très mauvaise idée. Et pourtant la pratique est très répandue ! » Un mauvais cliché qui peut même vous coûter cher : 71 % des recruteuses et recruteurs admettent en effet avoir déjà rejeté une candidature pour cause de photo LinkedIn peu professionnelle — même quand le CV était, lui, convaincant, nous dit une enquête signée Passport-Photo.online. L’enjeu n’est donc pas anodin…

Alors, si vous cherchez à soigner votre image, à faire un peu de personal branding ou à mettre à jour votre profil LinkedIn, il peut être judicieux de vous tourner vers un studio professionnel. C’est peut-être même ce qui pourrait vous différencier des autres candidats ou candidates dans la course au job de vos rêves. Allez, dites ouistitiii !

Traduction de l’anglais par Sophie Lecoq, édité par Aurélie Cerffond
Photo Thomas Decamps pour WTTJ

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