2020 : 5 bonnes résolutions RH (et une mauvaise)

2020 : 5 bonnes résolutions RH (et une mauvaise)

L’année 2019 a été riche en transformations pour la fonction RH. Essor du recrutement data-driven, mode des « robots recruteurs », fusion croissante entre marketing et RH, explosion du télétravail… Alors, quelles pratiques éprouvées en 2019 sont à reproduire en 2020 ? Et quelles sont celles qu’il vaut mieux éviter ? Voici nos prévisions.

L’acquisition de talent comme point de départ

La révolution digitale a transformé en profondeur nos modes de travail, entraînant au passage la faillite de nombreuses entreprises. Dans son ouvrage, Innovations RH : Passer en mode digital et agile, Michel Barabel rappelle que 52% des entreprises qui figuraient dans le classement Fortune 500 en 2000 ont aujourd’hui disparu. Pourquoi ? La plupart ont négligé les RH et ont échoué à développer les compétences digitales et l’agilité nécessaires pour se réinventer.

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. »

Winston Churchill.

Parmi les organisations qui ont su s’adapter, beaucoup ont réorienté leur stratégie RH, traditionnellement axée sur le recrutement, vers l’acquisition de talents. Le but n’étant plus de répondre à un besoin ponctuel d’une équipe métier, mais de favoriser la croissance future de l’entreprise. Et pour concrétiser cette ambition, les entreprises ont travaillé dès lors sur leur marque employeur, à travers l’amélioration de l’expérience candidat et de l’expérience collaborateur. Une stratégie en phase avec les aspirations des travailleurs :

Face à ces préoccupations, les entreprises ont mis en place des solutions RH innovantes pour redonner du sens au recrutement et à l’emploi. Voici notre sélection des tendances éprouvées en 2019, à développer en 2020 :

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Utiliser la Data pour détecter et évaluer les soft skills

Alors que le monde de l’entreprise devient de plus en plus mouvant et complexe, les soft skills incarnent le nouveau « graal » de l’employabilité. Selon une étude Monster, 85 % des recruteurs délaissent les hard skills au profit des soft skills. Problème : là où les hard skills sont relativement simples à identifier (ex: diplômes), les soft skills sont plus difficiles à évaluer. Les recruteurs doivent rencontrer les prospects et se baser sur leur « feeling » pour les confirmer. Mais avec le « recrutement data-driven », il est désormais possible d’utiliser le Big Data pour détecter des soft skills en amont de l’entretien et de manière objective (en réduisant les biais humains). C’est ce que permettent certains ATS, comme Recruitee, ou les outils de Talent Intelligence de LinKedIn. Autre exemple, Goshaba, propose des jeux sur mobile pour présélectionner les candidats avec les meilleures soft skills.

Plonger dans l’ère du mobile & social recruiting

D’après une étude HelloWork, les réseaux sociaux constituent aujourd’hui le troisième canal de recrutement, derrière les sites d’offres d’emploi et les agences de Pôle emploi. L’INSEE estime pour sa part que 31 % des demandeurs d’emploi utilisent les réseaux sociaux, y compris les plus de 50 ans (25 %). « Les candidats peuvent postuler sans CV, ni lettre de motivation. Un simple clic suffit, en mettant à jour son profil sur LinkedIn », explique Maud Lorant, directrice recrutement chez SII, au Télégramme. De plus, avec 55 % des candidats qui postulent via leur smartphone, avoir un site carrières responsive est devenu un must ! Un bon exemple à suivre : « Orange Jobs », le site carrières développé par le groupe Orange (à consulter sur mobile, donc).

Soutenir la montée en puissance du Marketing RH

68 % des candidats se disent prêts à décliner une offre d’emploi, si la marque employeur de l’entreprise ne correspond pas à leurs attentes. Ainsi, pour séduire les candidats, les RH adoptent de plus en plus les codes du marketing. Alors qu’il s’agisse de publier des contenus attractifs sur le site de l’entreprise ou d’animer des réseaux sociaux, ces actions font déjà partie du quotidien des recruteurs. Tout l’enjeu aujourd’hui est de se différencier via des initiatives de marketing RH toujours plus innovantes. Un bon exemple : Brandstorm, un concours d’innovation lancé par L’Oréal, à l’issu duquel le Groupe recrute 200 jeunes talents. « La compétition évolue au fil des ans pour apporter une nouvelle touche d’innovation afin d’attirer toujours plus de jeunes » précise Eva Azoulay, directrice du Talent Acquisition du groupe L’Oréal, dans une interview pour Studyrama.

Miser sur la QVT pour booster l’expérience collaborateur

Salle de gym, télétravail, espaces siestes… Au-delà des effets d’annonces type babyfoot-panier de fruits, depuis quelques années, les entreprises redoublent d’efforts pour améliorer (vraiment) la qualité de vie au travail. Mais qu’en ont pensé les collaborateurs en 2019 ? [L’édition 2019](https://newsroom.malakoffmederic-humanis.com/actualites/malakoff-mederic-humanis-presente-les-resultats-de-la-11e-edition-de-son-barometre-sante-et-qualite-de-vie-au-travail-bcee-63a59.html du Baromètre Santé et QVT de Malakoff Médéric Humanis révèle que la force du collectif est, pour les salariés, le premier déterminant de la qualité de vie au travail, devant la rémunération. Ainsi, les initiatives visant à créer une meilleure ambiance entre collègues, sont de loin les plus importantes. Qu’il s’agisse de Team Building, d’ateliers créatifs ou de clubs de lecture ; les RH ont tout à gagner à mettre en place des activités qui permettent de tisser des liens et de renforcer la cohésion des équipes.

Quid du télétravail ? Le télétravail a beaucoup progressé ces dernières années et concerne aujourd’hui 29% des Français. Si cette pratique présente de nombreux avantages, elle génère également des risques… Pour 60% des salariés, le télétravail engendre un empiétement de la vie pro sur la vie perso. Aussi, à un rythme trop intensif, le télétravail pourrait accroître les niveaux de stress et les risques de dépression. Il revient donc aux RH d’encadrer efficacement ce dispositif, pour limiter au maximum les répercussions néfastes sur les salariés comme sur l’entreprise.

Privilégier l’Adaptive Learning pour développer les talents

Le digital bouscule les organisations et jamais le besoin d’actualisation des compétences de chacun n’a été aussi important qu’aujourd’hui. Dans ce contexte, le concept d’Adaptive Learning gagne du chemin. Il s’agit de permettre aux salariés d’apprendre à leur rythme, grâce à des programmes de formation sur-mesures pleinement adaptés à leur niveau de compétences et à leur profil cognitif. Selon Raphaël Bennour, ancien cadre RH et auteur d’un article sur la question : « l’avenir des RH se dessine probablement autour du Learning : les RH comme garants d’une organisation super-apprenante et compétitive, par un potentiel humain exploité à son maximum. » Dans cette perspective, une nouvelle fonction devrait émerger : le Chief Learning Officer (CLO).

Puisque chez Welcome to the Jungle, on aime bien la nuance, on vous a dégotté une bonne résolution (en apparence) qui, dans la pratique, ressemble davantage à un fail. A ne pas reproduire tel quel en 2020, donc.

Offrir des vacances illimitées, la fausse bonne idée ?

Suivant l’exemple des géants de la Silicon Valley, comme Netflix ou LinkedIn, de plus en plus d’entreprises proposent à leurs salariés des « vacances illimitées ». Mais est-ce réellement une bonne idée ? Après avoir testé ce modèle pendant 3 ans, la startup anglaise CharlieRH a finalement décidé de l’abandonner. Dans un post publié cette année sur le blog de l’entreprise, le co-fondateur, Ben Gateley, explique les raisons de ce choix. Perte de repères, angoisse de poser trop de congés, disparités et tensions au sein des équipes… Résultat : les vacances illimitées, censées offrir un meilleur équilibre de vie aux salariés, impactaient négativement la vie de l’entreprise. À noter : les entreprises françaises courent un risque légal. Celui d’une rupture d’égalité entre les salariés s’ils ne prennent pas le même nombre de jours. Ainsi, si les vacances illimitées sont séduisantes sur le papier, elles présentent aussi des effets pervers… Prudence donc !

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