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Le métier d'UX designer : à la rencontre de l’utilisateur

  • January 15, 2020

Depuis que la plupart des entreprises ont opéré leur transition digitale, les UX designers sont devenus des profils très prisés sur le marché du travail. Leur mission : développer des interfaces de sites et d’applications ergonomiques, attirantes et surtout efficaces pour l’utilisateur. Ils s’informent, s’inspirent, échangent avec les utilisateurs cibles et ajustent les designs jusqu’à parvenir à la solution parfaite pour un produit. Isabelle Vieux est UX designer en freelance depuis 10 ans, elle nous raconte son métier et ses missions pour des entreprises comme Renault Trucks, Engie ou encore le ministère de la Défense.

Quel a été ton parcours avant de devenir UX designer ?

Je suis d’abord passée par un BTS en communication visuelle, grâce auquel j’ai fait une alternance dans une agence de marketing direct. J’y étais graphiste et faisais essentiellement du print. Ils m’ont ensuite embauchée en CDI. Cette expérience m’a permis de me familiariser avec le web design. J’ai ensuite travaillé un an chez Rapp, une agence du groupe DDB, toujours en graphisme et design web, puis j’ai fait le choix de m’établir en freelance.

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Comment en es-tu arrivée à l’UX design ?

J’ai d’abord démarré en freelance comme “web designer”, il y a 10 ans maintenant. Et puis on a commencé à parler de plus en plus de design UX/UI, c’est-à-dire d’interfaces web aussi compatibles pour les mobiles. C’est à l’occasion d’une mission chez Renault Trucks que j’ai collaboré pour la première fois avec un UX designer. Avec lui, j’ai dû aller à la rencontre des utilisateurs, tester les prototypes d’applications sur le terrain, directement dans les camions Renault… Cette expérience m’a beaucoup intéressée, j’ai donc décidé de me former à ce nouveau métier. J’ai lu beaucoup de livres sur le sujet puis j’ai complété mes connaissances avec une formation aux Gobelins (école de référence spécialisée dans la création de l’image, ndlr) J’ai donc découvert mon appétence pour l’UX design sur le tas, au cours de ma carrière.

J’ai dû aller à la rencontre des utilisateurs, tester les prototypes d’applications sur le terrain, directement dans les camions Renault…

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Quelles sont les missions du métier de UX designer ? Et en quoi est-il différent du métier d’UI designer ?

L’UX design et l’UI design sont effectivement deux métiers différents, même si on peut être amené à faire les deux en même temps. L’UX, c’est vraiment la rencontre avec les utilisateurs d’un site ou d’une application. Quand je travaille sur un projet, je dois les identifier, les interviewer pour comprendre leur métier et leurs problématiques lorsqu’ils naviguent sur un site, par exemple.

Dans un deuxième temps, je fais des ateliers de création avec eux pour dessiner des solutions à ces problèmes. À l’issue des ateliers, je designe ces solutions. De ce travail découle celui de l’UI designer qui doit quant à lui créer l’identité visuelle et s’assurer que le design qu’il a crée est fonctionnel. Ensuite, on doit refaire tester aux utilisateurs. Cette fois on leur donne un parcours à suivre et on analyse les blocages qu’ils rencontrent. On recommence le processus jusqu’à ce que le produit soit parfaitement adapté aux utilisateurs et qu’il n’y ait plus de blocages. Une fois que c’est le cas, on l’envoie en développement.

L’UX design et l’UI design sont deux métiers différents, même si on peut être amené à faire les deux en même temps.

Pourquoi avoir fait le choix de travailler en freelance ?

Pour avoir la liberté des horaires, des vacances, mais aussi pour être mieux rémunérée ! J’apprécie aussi beaucoup pouvoir changer de missions régulièrement, de ne pas avoir de journée type non plus puisque tout dépend de l’avancement du projet sur lequel je travaille.

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Tu travailles sur quel type de projet et avec quel type de client en ce moment ?

En ce moment, je travaille pour le Ministère des Armées. Je suis en mission là-bas depuis un an. Je fais partie d’une équipe qui s’appelle le Commando numérique. Nous sommes trois : une Product owner, une UI designer et moi, qui suis UX. On travaille pour des projets militaires, comme par exemple une application pour les médecins militaires qui partent en mission extérieure et qui ont besoin de consulter des fiches médicales lorsqu’ils sont en contact avec des blessés. Pour l’instant, ils doivent se munir de gros livres ou consulter des fichiers PDF, ce qui n’est pas très pratique. Donc on développe une appli qui regroupe toutes les informations dont ils ont besoin. Je travaille aussi sur un objet connecté qui permet de recharger facilement les véhicules militaires. Et puis parfois, c’est un peu moins rigolo, ce sont des missions comptables pour l’armée.

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Comment se déroule généralement un processus de création ?

Je commence toujours par m’immerger dans le projet car, parfois, ce sont des sujets ou des problématiques que je ne connais pas du tout, comme la médecine ou les véhicules militaires, par exemple. Je suis obligée de me documenter et d’échanger beaucoup avec les professionnels concernés et/ou les utilisateurs. Lors des ateliers de création, j’ai souvent recours au jeu pour essayer de faire sortir des idées ou des solutions. Je m’inspire aussi beaucoup de ce que font les autres graphistes ou designers. Comme c’est un métier qui évolue énormément, je fais de la veille en permanence. Que ce soit en termes de logiciels ou de méthodes de travail, on doit se former régulièrement.

Je suis obligée de me documenter et d’échanger beaucoup avec les professionnels concernés et/ou les utilisateurs.

Quelles sont les qualités indispensables pour être un bon UX designer ?

Je pense qu’il faut avoir de l’empathie et de l’écoute avant tout. C’est important d’accepter les critiques également car, lorsqu’on fait des tests utilisateur, on ne doit pas influencer les personnes en face de nous et être capable de réagir si le test n’est pas concluant. Il faut garder son sang-froid, ne pas se vexer et comprendre qu’on ne fait pas le produit pour nous mais pour l’utilisateur.

[Il faut] être capables de réagir si le test n’est pas concluant (…) ne pas se vexer et comprendre qu’on ne fait pas le produit pour nous mais pour l’utilisateur.

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La demande en design est de plus en plus forte, quel est le meilleur moyen de se distinguer des autres designers ?

C’est important d’avoir des missions variées et qui soient un peu originales. Ce qui a marché pour moi, par exemple, c’est de travailler pour Renault Trucks sur des véhicules spéciaux. Et puis, aujourd’hui, le fait de travailler pour le Ministère des Armées attire les clients, qui sont curieux de découvrir ce que je fais.

Qu’est-ce qui est le plus enthousiasmant dans le métier d’UX designer ?

La rencontre avec les utilisateurs est la dimension la plus enrichissante. Le design ne se résume pas seulement à des questions d’ergonomie, on doit échanger avec l’utilisateur pour comprendre ses problématiques. C’est finalement un métier très humain ! On n’est plus tout seul derrière son ordinateur comme il y a quelques années.

Le design ne se résume pas seulement à des questions d’ergonomie, on doit échanger avec l’utilisateur pour comprendre ses problématiques.

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À l’inverse, y a-t-il des difficultés inhérentes à ce métier ?

Parfois, les clients ne prennent pas conscience de l’importance de cet échange avec l’utilisateur, justement. Forcément, c’est un processus coûteux à mettre en place mais c’est une économie à l’arrivée puisque cela permet de développer des solutions optimales ensuite. Devoir convaincre le client du bienfait de la rencontre avec l’utilisateur est la dimension la plus compliquée, et souvent frustrante, de ce métier.

Quels seraient vos conseils à quelqu’un qui souhaiterait devenir UX designer ?

Je conseille de lire beaucoup de livres, comme par exemple l’ouvrage qui est considéré comme la bible du design, Méthodes de design UX de Carine Lallemand et Guillaume Gronier. Ou UX design et ergonomie des interfaces de Jean-François Nogier et Jules Leclerc. L’agence UX-Republic fait aussi des cartes assez rigolotes pour expliquer les rouages du métier, c’est bien fait. Après je pense que c’est un métier accessible à tous, dans lequel on peut mettre à profit tous les types de parcours et de compétences. Faire des stages intéressants, s’autoformer ou se former, aux Gobelins par exemple comme je l’ai fait, est essentiel pour comprendre les subtilités de ce métier qui est encore un peu mal compris aujourd’hui.

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Photo d’illustration by WTTJ

Aglaé Dancette

Fondateur, auteur, rédacteur @Word Shaper

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