Ces profils expérimentés ont un trou dans leur CV. Et alors ?
22 sept. 2026
10min
Ça y est, vous avez (enfin) réussi à décrocher le graal, le fameux premier entretien avec la RH pour le poste de vos rêves. Le hic, c’est qu’au bout de 3 minutes, elle vous interrompt pour que vous lui expliquiez plus en détail ce maudit “trou” dans votre CV et là c’est le drame ; d’un coup, vous paniquez, tiraillé·e entre l’envie de faire bonne impression et celle de dire la vérité, vous bredouillez quelques mots et changez rapidement de sujet dans l’espoir que l’intérêt de la recruteuse ne s’envole pas en même temps que votre confiance en vous.
Et pourtant, il n’y a aucune honte à avoir un trou dans votre CV.
Ce fameux “trou” dans le parcours n’est d’ailleurs pas l’apanage des êtres humains, c’est le scénario classique vécu par des milliers d’animaux qui séjournent dans les refuges de la SPA ( Société Protectrice des Animaux) après avoir été abandonnés ou maltraités. Ici, le “trou” dans le parcours correspond à la période plus ou moins longue durant laquelle les animaux sont accueillis dans un refuge. Cette étape de leur vie, malheureusement pour eux toujours subie, fait partie de leur parcours et se valorise. Car ce sont leurs expériences vécues, même les plus difficiles, qui font leur force et forgent leurs personnalités uniques.
Mais alors pourquoi est-ce qu’un trou dans un CV, c’est encore un sujet tabou ?
Le trou dans le CV, ce délit imaginaire
Il n’existe aucune loi qui interdit de s’arrêter à un moment de travailler. Aucune clause qui oblige à enchaîner les contrats sans reprendre son souffle. Et pourtant, le “trou” entre deux postes constitue encore un motif silencieux de rejet de candidature. Un recruteur passe en moyenne 7,4 secondes à lire un CV avant de décider s’il donne suite ou non, un temps très court malheureusement propice aux biais cognitifs et au rejet rapide des profils atypiques” (dont les CV avec trous). C’est bien dommage car avoir un trou dans un CV, c’est très commun. En 2025, pas moins de 48% des CV français affichaient une pause de 6 mois ou plus, soit +7 points par rapport à 2021, selon une étude publiée par LiveCareer .
Pourtant, ce qu’il y a derrière ces trous est loin d’être un mystère : un congé maternité qui s’est prolongé en congé parental. Un burn-out dont on met dix-huit mois à sortir. Un parent à accompagner. Une reconversion qui a pris plus de temps que prévu. Un licenciement économique un mardi matin. Une maladie.
Ou parfois, simplement, l’envie de faire autre chose pendant un an. D’ailleurs, 89 % des moins de 35 ans envisagent ce type de pause, avec une idée précise en tête : ne pas attendre la retraite pour “profiter”.
Rien de tout cela ne ressemble pour autant à de l’inactivité. Une pause n’est pas un vide : c’est un chapitre.
Et comme le rappelle la SPA ( La Société Protectrice des Animaux) dans sa toute récente campagne :
« un passé ne disqualifie pas un candidat, il peut faire toute la différence. Avoir de l’expérience, c’est une force. Même quand on a quatre pattes.» *
Rémi, hamster professionnel de la roue et César, adorable chat fan de papouilles , tous deux arrivés au refuge suite à un abandon, ne se tournent pas les pouces. César prend des cours de sociabilisation pour faciliter son adoption et Rémi quant à lui se remet d’une rupture avec son ancien maître qui en avait marre de nettoyer sa cage. Et ils bossent dur chaque jour pour surmonter ces épreuves et faire de leurs expériences de vie une force. Leur passé n’est en aucun cas un frein à l’adoption, bien au contraire.
Comme le disait le philosophe Francis Bacon « L’expérience est de loin la meilleure preuve » , alors on a eu envie d’en faire la démonstration, pour en finir avec les discriminations des profils expérimentés dont le seul “défaut” est le trou dans leur CV.
La richesse des parcours atypiques
Stella, petite chienne en pleine santé avec à son actif 4 ans d’expérience en balade sportive et nettoyage d’assiettes sales n’a pas validé sa période d’essai. Du coup, elle cherche une nouvelle opportunité. Marcel, 7 ans d’expérience en ronronthérapie et chasse aux mouches est lui aussi “open to adoption”. Mais le “trou” dans leur CV, aka les quelques mois passés dans l’un des 64 refuges de la SPA suite à un abandon, n’est pas toujours leur meilleure carte de visite. Beaucoup de personnes sont encore réticentes à l’idée d’adopter un animal ayant déjà du vécu.
Quel rapport avec le monde du travail me direz-vous et pourtant…
Mélissa a 7 ans d’expérience en tant que Cheffe de projets évènementiels, pourtant depuis qu’elle est revenue de congé parental, on ne lui propose plus de gros projets. Paul, Talent Acquisition Manager dans la Tech depuis 5 ans, a dû faire une pause pour s’occuper de sa maman malade et pourtant maintenant, c’est lui que les recruteurs ghostent.
**Leur point commun à tous ? Un trou, ou dit plus joliment une parenthèse dans leur parcours.
Deux ans, quatre ans, six mois. Une pause choisie ou subie, toujours subie d’ailleurs pour nos compagnons à quatre pattes, mais pas effaçable. Et cette question qui revient toujours, avec le même petit sourire gêné : « Et donc, qu’est-ce que vous avez fait pendant tout ce temps ? »
Alors, même si chaque histoire est unique, on a tenté de classer en 3 grandes familles les raisons de cette parenthèse.
La pause pour prendre soin de soi (et de sa santé)
On vous les a présentés plus haut, nos candidats (à deux ou 4 pattes) ont de l’expérience et donc de la valeur sur le marché, seulement, entre leur dernier poste et aujourd’hui, il y a un vide. Enfin, c’est ce que certains recruteurs imaginent : qu’ils se sont « laissé vivre », qu’ils ont pris des vacances, qu’ils ont perdu la main, qu’ils auront du mal à retrouver le rythme… Les préjugés vont bon train, seulement, c’est rarement la vraie raison de l’absence.
Selon le Baromètre Empreinte Humaine × Ipsos BVA paru en juin 2026 , 50 % des salariés français se disent en état de détresse psychologique, le score le plus élevé depuis la création du baromètre en 2020, à un niveau comparable au pic du Covid. Cette détresse quand elle atteint un certain seuil se mue en maladie ou en burnout et donc en absence, plus ou moins prolongée, en fonction de comment on est accompagné·e, ça se solde même parfois en départ définitif, souvent par la petite porte.
Dans ce cas de figure, on en parle peu, surtout en entretien. On passe sous silence la raison qui se cache derrière ce “trou” dans le CV de peur d’être catalogué·e comme fragile et d’être rejeté·e. Pourtant, quand on guérit d’un burnout, on a souvent une connaissance beaucoup plus précise de nos limites, de ce que l’on veut, de comment on a envie d’employer notre énergie et nos efforts, et ça c’est de l’expérience et du recul, ce qu’on demande précisément à des profils seniors. Et puis, prendre soin de sa santé mentale en 2026 ne devrait plus être un tabou, prendre le temps de se remettre après une maladie, un deuil ou un burnout avant de repartir dans une nouvelle aventure c’est non seulement salutaire mais essentiel.
Du côté de nos amis à quatre pattes, c’est un peu le même refrain. Certains animaux passés par la case refuge sont d’office discriminés, avant même d’avoir pu rencontrer leurs futurs maîtres. En effet, quand l’envie d’adopter un animal se fait sentir, certains boudent la SPA de peur d’adopter un animal de compagnie abandonné et/ou maltraité, en gros un animal avec un passif. Pourtant, un passé ne devrait pas disqualifier un candidat - à l’adoption. C’est précisément ce vécu qui fait la richesse des animaux et qui donne envie de leur offrir cette précieuse deuxième chance.
Les équipes sont formelles : « Quand un animal abandonné arrive au refuge, qu’il soit en pleine forme, traumatisé ou atteint de pathologies lourdes, il est tout de suite pris en charge. Au refuge, l’éducation positive et le travail comportemental sont devenus nos enjeux centraux. Notre but ? Que chaque animal profite de son séjour au refuge pour reprendre des forces, se reconstruire et regagner confiance en l’humain. Cette pause est donc plus que nécessaire : abandon brutal, maltraitance, absence de bases d’éducation sont autant de facteurs qui nécessitent un accompagnement de l’animal».
Dans ce contexte, le passage au refuge, ce ‘trou’ dans leur CV n’est pas une tare mais témoigne de leur vécu et de leurs expériences de vie. C’est une petite bouffée d’espoir et d’amour prodigué par les équipes de salariés et bénévoles de la SPA dans une situation difficile. Un véritable sas de décompression pour se soigner et être prêt à trouver une nouvelle famille.
S’ils pouvaient parler au sortir du refuge, ces animaux de compagnie nous diraient sûrement la même chose que certains talents nous confient : « J’ai pris quelques mois pour me remettre d’une expérience traumatisante. C’est derrière moi maintenant, et ça a clarifié la façon dont je veux vivre et le type d’environnement qui me correspond. Je suis prêt à rencontrer une nouvelle famille, qui acceptera mon passé et ma personnalité. »
Rappel utile pour les candidats en process de recrutement : l’état de santé fait partie des critères de discrimination prohibés à l’embauche. Vous n’avez strictement aucune obligation de détailler quoi que ce soit. Si certaines questions vous gênent, tentez d’ailleurs de recentrer l’entretien.
Avec des phrases qui désamorcent, par exemple :
« J’ai fait une pause professionnelle pour raisons personnelles, je suis maintenant 100% disponible. Parlons plutôt de ce que je peux apporter au poste. »
« Mon poste a été supprimé. J’ai souhaité prendre quelques mois pour trouver le bon projet plutôt que de postuler à toutes les offres disponibles. »
Ce qu’on retient en deux mots : Après une rupture brutale, qu’on ait deux ou quatre pattes, il faut prendre ce temps de reconstruction pour mieux rebondir après.
La pause stratégique pour mieux se former (ou se reconvertir)
Commençons cette fois par prendre un exemple du côté de nos amis les animaux.
Mila, 5 ans d’expérience canine au compteur a un profil atypique :
Consultante en léchouilles (Janvier 2026)
Manager de bâtons surdimensionnés (Juin 2024-Décembre 2025),
Testeuse de souliers (Janvier-Novembre 2023).
La ligne qui gêne dans son CV ? Entre deux expériences, plusieurs mois semblent manquer. Et comme sur un CV humain, il est tentant de remplir les blancs avec nos propres suppositions. Si Mila était humaine voici ce que le recruteur imaginerait probablement : elle est instable, son projet pro est mal défini ou même elle ne sait pas ce qu’elle veut.
Mais un blanc sur un CV ne raconte jamais toute une histoire.
Dans le cas d’une reconversion, cette période peut au contraire correspondre à Une décision réfléchie, financée, et souvent assortie d’une formation certifiante. Comme nous le confirme France Travail, 61 % des actifs en reconversion suivent ou prévoient de suivre une formation. Cette pause est donc mûrement réfléchie et mérite même plutôt qu’un blanc, une ligne de CV en bonne et due forme.
« 2024–2025 — Reconversion professionnelle, formation [X], projet [Y]. »
Ce qui ressemble à une interruption peut aussi être une étape du parcours. Parce qu’avant de juger un parcours sur ses apparentes ruptures, encore faut-il prendre le temps de comprendre ce qu’elles racontent.
Toutes les histoires de reconversion ne sont pas les mêmes
Lily, labrador douce et empathique a 7 ans d’expérience
Manager de baballe (2026)
Responsable de la sécurité (2022)
Testeuse de jouets (2021).
Ce qui dérange dans son profil ? Le trou de quatre ans entre deux postes, sur un profil déjà expérimenté. Ce que le recruteur imagine : elle sera « trop chère » ou elle n’est « pas assez engagée ».
Mais ce que le CV ne dit pas, c’est que Lily a changé de vie.
Après plusieurs années dans un environnement qui ne lui convenait plus, elle a connu une période de transition avant de rejoindre une nouvelle famille. Elle a dû s’adapter à un nouvel environnement, reprendre ses marques, apprendre de nouveaux codes et trouver progressivement sa place.
Sur un CV humain, ce type de parcours pourrait être perçu comme une succession de ruptures. Pourtant, il raconte aussi autre chose : une capacité à s’adapter, à apprendre et à rebondir.
Et c’est précisément ce que l’on oublie parfois lorsque l’on regarde un parcours uniquement à travers ses dates et ses intitulés de poste.
Alors si vous vous reconnaissez dans ce profil et que vous êtes en entretien, un conseil, assumez ce “trou” dans le CV comme une donnée neutre.
La pause que l’on a pas vraiment choisie
César, joli chat au pelage gris-bleu, a 1 ans d’expérience en prof d’escalade sur arbre, malheureusement, il a dû arrêter sa carrière subitement. Motif ? Sa famille a déménagé dans un plus petit appartement, sans jardin, et César a beaucoup de mal à s’habituer à cette nouvelle vie intérieure.
Comme César, certaines personnes subissent un changement de vie, temporaire ou à plus long terme. **Ça lui fait un point commun avec les huit à onze millions de personnes en France qui accompagnent par exemple un proche en perte d’autonomie.
L’aidance familiale touche donc beaucoup de salarié·es qu’on ne le pense. A tel point qu’une partie d’entre eux réduisent ou interrompent complètement leur activité pour s’occuper de leurs proches.
Mais attention, ce n’est pas un temps de vacances. C’est du travail non rémunéré qui demande énormément de résilience, une résistance au stress et constitue un véritable rollercoaster émotionnel. Alors si vous êtes concerné·e par ce cas de figure, c’est un trou dans le CV dont vous pouvez être fier·e et qu’aucun bon recruteur ne devrait vous reprocher.
Le “congés sabbatique” est de plus en plus fréquent en début de carrière. C’est le cas d’Aurélie, jeune PMM dans une startup tech depuis 3 ans, qui a décidé de prendre un congé sans soldes pour faire un tour d’Europe car elle regrettait de ne pas avoir fait Erasmus.
Oui, mais du coup elle a eu une période d’inactivité, et alors ? Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Fort à parier que pendant son voyage elle aura développé ses compétences relationnelles, son niveau en langues et sa créativité, de quoi enrichir son profil.
A la SPA, cette période d’inactivité, la période passée en refuge, n’est pas choisie par les animaux, mais elle peut faire partie de leurs expériences, et s’afficher fièrement sur leur « CV ». En 2025, l’association a consacré une part importante de son budget au travail d’éducation, en s’appuyant sur cinq éducateurs canins régionaux et des éducateurs externes intervenant auprès des pensionnaires. Elle a également recruté son premier comportementaliste félin, chargé d’accompagner les structures accueillant des chats présentant des troubles du comportement. Tout cela dans le but de donner les meilleures chances aux pensionnaires de trouver une famille.
Terminons par quelques conseils pratiques pour expliquer votre “trou” dans le CV :
Nommez-le plutôt que de le maquiller. Les dates mentent très mal, et un recruteur repère un écart en trois secondes. Le dissimuler transforme une information neutre en secret et un secret n’est pas synonyme de transparence.
Faites-en une ligne de CV. Un blanc n’existe pas sur un CV : il y a toujours quelque chose à écrire. « 2022–2024 : Congé parental », « Reconversion », « Aidance familiale », « Année de transition ». Une ligne assumée vaut mieux qu’un blanc.
Racontez le retour, pas la chute. Personne n’attend le récit détaillé de votre burn-out. Ce qui intéresse un recruteur, c’est l’après : ce que vous avez décidé, clarifié, appris. Trente secondes suffisent.
Préparez votre réponse à l’avance. Calme, courte, sans excuse dans la voix. Une hésitation coûte plus cher que le trou lui-même.
Renversez le test. Un recruteur qui bloque sur une pause vous apprend quelque chose d’essentiel sur la culture de sa boîte, n’y allez pas.
Suite à un abandon, une rupture, un deuil ou même une maladie, nul ne mérite d’être rejeté ou discriminé, humain comme animal. Chaque expérience fait partie d’une histoire riche et complexe et mérite d’être entendue et valorisée. Alors si vous vous êtes reconnus dans cet article et que vous doutez parfois face à votre singularité, rappelez-vous cette citation d’Albert Camus :
« Être différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même. »
C’est le cas des milliers d’animaux qui sont “open to adoption” à la SPA, ils ont tous une histoire et un caractère différent et tous n’attendent que vous pour leur donner une seconde chance. Venez les rencontrer aux Portes Ouvertes de la SPA, les 3 et 4 octobre 2026, partout en France.
Les animaux de la SPA ont un CV riche en expérience
Depuis 180 ans, la Société Protectrice des Animaux (SPA) se dédie corps et âme quotidiennement à améliorer la vie de chaque animal. C’est la plus ancienne association en France qui œuvre dans le domaine de la protection animale et dont les membres se consacrent à venir en aide aux animaux en détresse. Lorsqu’il s’agit d’adopter, certains hésitent encore à accueillir un animal qui a déjà vécu. Pourtant, c’est précisément ce vécu qui fait la richesse des animaux de la SPA et qui les rend hors du commun. Chaque animal a son histoire, son caractère et ses qualités. Autrement dit, son propre CV.
Inspirez-vous davantage sur : Réorientation
Reconversion : pourquoi s'accompagne-t-elle parfois d’un sentiment de déclassement ?
« J’avais peur qu’on croit que j’avais fait ça toute ma vie… Ce qui est un peu con, parce qu’être cuisinière n’induit pas un manque d’intelligence ».
Projet de Transition Professionnelle : à quoi sert-il et comment l'utiliser ?
Se faire financer une formation tout en conservant sa rémunération... C'est la promesse de ce dispositif.
« Je travaille à perte depuis 12 ans pour vivre mon rêve »
Pour vivre sa passion pour les chevaux, Laurence a dû faire des concessions financières. Mais elle ne regrette pas un instant.
Pourquoi l'expression "prendre un nouveau départ" ne veut rien dire
Un bouleversement en amène-t-il d'autres ? Et si on se contentait d'avancer pas à pas ?
Petit éloge des transitions professionnelles qui prennent leur temps
Plutôt que de claquer la porte à chaque remise en question pro et si on optait pour le changement en douceur ?
La newsletter qui fait le taf
Envie de ne louper aucun de nos articles ? Une fois par semaine, des histoires, des jobs et des conseils dans votre boite mail.

Vous êtes à la recherche d’une nouvelle opportunité ?
Plus de 200 000 candidats ont trouvé un emploi sur Welcome to the Jungle.
Explorer les jobs