Par Stéphanie LAMOUR, Psychologue et Rémi PLAISANT, Cadre de santé
La prise en charge de l'autisme sévère chez l'adulte nécessite une approche globale, personnalisée et coordonnée. Il est essentiel de créer un environnement repérant qui respecte et valorise les compétences uniques de chaque individu, tout en fournissant le soutien nécessaire pour améliorer leur qualité de vie et leur participation sociale. Une collaboration étroite entre les professionnels, les familles et les personnes elles-mêmes est cruciale pour atteindre ces objectifs.
Dans le cadre de l’autisme sévère, on retrouve régulièrement des comportements perturbés, en lien avec les difficultés de compréhension de l’environnement et des attentes sociales, souvent majoré par des troubles de la communication.
Ces troubles du comportement ne sont pas critères diagnostiques et sont considérés aujourd’hui comme comportements défis, au sens où ils peuvent nous fournir une grille de lecture sur les besoins prioritaires des personnes accompagnées.
Dans cette perspective, l’analyse fonctionnelle des comportements fournit une grille d’évaluation plurifactorielle. Outre le dépistage de la douleur et des facteurs somatiques qui doivent faire l’objet d’un dépistage systématique, l’évaluation des particularités du traitement de l’information sensorielle et perceptive est une étape essentielle. La perception par le détail conduit souvent l’adulte à vivre des surcharges liées à l’environnement. Un environnement épuré, avec une structuration visuo-spatiale claire, des routines temporelles fonctionnelles apporte à l’adulte des informations fiables.
La prise en compte des particularités de traitement de l’information sensorielle et perceptive conduit à la mise en place d’un programme sensoriel avec un équipement qui permet de préserver la personne de ses hypersensibilités et la proposition d’activités adaptées fournissant des feed-back dans les modalités hypo-réactives.
A tout âge, il reste fondamental de proposer des alternatives à la communication, que ce soit par le développement de la demande fondée sur l’échange (d’objets, de photos, d’images selon les compétences évaluées) ou de signes de communication comme le Makaton. Restaurer ou apprendre à communiquer ses demandes est un vecteur important de réduction des comportements défis.
Enfin, s’occuper de façon fonctionnelle à travers des activités de la vie quotidienne ou des activités physiques permet de réduire les temps libres et inoccupés, souvent propices à l’apparition des troubles. L’évaluation des compétences permet d’y voir plus clair pour identifier le potentiel de progression de l’adulte autiste sévère.
Le comportement n’est que la partie émergée de l’iceberg. Envisager le comportement comme un défi nous place dans une dynamique constructive et positive.