2/3 des Français attendent plus de leur entreprise en matière d'écomobilité

Écomobilité : 2/3 des Français attendent plus de leur employeur

Le matin, on est tous un peu en mode “pilote automatique” sur le chemin du boulot, non ? On connaît la route par cœur à force de la faire tous les jours, dans les deux sens. Pour certains, elle se fait en voiture, pour d’autres en métro, en bus ou encore en vélo. Il y a même des éclectiques qui font un petit peu de tout, en mode triathlon, et des adeptes de la sobriété qui se contentent de leurs pieds. Mais vous êtes-vous déjà demandé quel était l’impact environnemental de tous ces trajets maison-boulot ? Avez-vous déjà entendu parler d’écomobilité ? Pensez-vous, comme 67% des salariés français, que votre employeur a un rôle à jouer dans le développement de modes de transport plus durables ? Analyse et explications.

L’écomobilité : pourquoi l’appliquer au travail ?

L’écomobilité est une des solutions proposées en réaction à l’urgence climatique constatée ces dernières années. Elle implique la modification de nos habitudes en matière de mobilité en faveur de modes de transport moins nuisibles à l’environnement. Concrètement, il s’agit de prôner l’utilisation de transports collectifs (bus, métro, train, covoiturage) et les déplacements non-polluants comme le vélo ou la marche à pied. L’écomobilité concerne tous nos déplacements, y compris ceux que nous faisons pour nous rendre au travail. Il faut dire que les allers-retours quotidiens entre notre domicile et notre bureau ont un impact considérable sur la planète. En France, selon une étude de SD Worx, en 2019, 75% des Français utilisaient la voiture pour se rendre au travail chaque jour. Sachant qu’environ 28 millions de Français travaillent (chiffres DARES, fin 2018), imaginez l’empreinte écologique de tous ces moteurs qui recrachent du dioxyde de carbone en chœur tous les matins… Le cabinet de conseil spécialisé dans l’adaptation au changement climatique Carbone4 l’a d’ailleurs calculée et les résultats ont de quoi être inquiétants : les trajets domicile-travail représenteraient 15% des émissions annuelles de gaz à effet de serre liées aux transports en France (hors aérien et maritime international). Dans ce contexte, l’écomobilité appliquée au transport des travailleurs français pourrait être un moyen de réduire considérablement la pollution. Mais comment faire pour adopter ces nouvelles habitudes de déplacement ? Cela relève-t-il uniquement de la volonté de chacun ou peut-on envisager que les entreprises prennent le sujet à bras le corps ?

Le rôle de l’entreprise, essentiel dans l’adoption de l’écomobilité

Selon les résultats d’une étude Opinionway sortie en novembre 2019, 67% des salariés Français estiment que leur employeur n’en fait pas assez pour favoriser l’écomobilité. 29% d’entre eux jugent même que les entreprises font partie des principaux acteurs (avec les pouvoirs publics) devant agir dans la promotion de cette pratique. Mais qu’attendent-ils vraiment de celles-ci en matière d’écomobilité ?

D’après les réponses de salariés collectées par Opinionway, il semblerait que la principale action que pourraient mettre en place les entreprises soit une adaptation des horaires de travail. Pour 36% des salariés dans l’impossibilité de passer à l’écomobilité, c’est en partie le manque de flexibilité de leur employeur sur leurs heures d’arrivée et de départ qui constitue un frein au changement. Si les entreprises s’engageaient à assouplir ou adapter les horaires de travail de leurs salariés, cela permettrait peut-être à ces derniers d’emprunter plus facilement les transports en commun ou de compenser un temps de trajet plus long par une sortie du bureau moins tardive. Le covoiturage aussi se développerait si les horaires étaient plus adaptés. L’étude d’opinionway nous révèle que l’un des principales barrières empêchant une partie des salariés à adopter le covoiturage est l’impossibilité de partir à heure fixe, notamment à cause des réunions de fin de journée. Les employeurs auraient donc, selon les salariés, leur part de responsabilité à assumer dans l’empreinte écologique de leurs employés et un vrai rôle à jouer dans le développement de l’écomobilité.

L’écomobilité n’est pas accessible à tous

Mais les entreprises ne sont pas les seules dont on attend beaucoup en termes d’écomobilité. L’étude Opinionway nous apprend que les pouvoirs publics aussi sont très attendus (31%) à ce sujet, et c’est à eux que revient d’ailleurs la lourde tâche de mettre un terme à certaines inégalités qui persistent en matière de transports. Toujours selon Opinionway, il serait en effet plus facile pour les habitants de la région parisienne et les CSP+ d’opter pour un moyen de transport durable que pour les personnes vivant en province et les CSP-. Pour comprendre les disparités géographiques, il faut savoir que la principale barrière à l’écomobilité, mentionnée par 51% des interrogés, est le manque d’alternatives à la voiture et le peu de transports en commun disponibles en province et dans les zones rurales. Quant aux inégalités entre catégories socioprofessionnelles, il semblerait qu’il y ait plusieurs explications : les CSP-, qui habiteraient plus loin de leur travail, sont nombreux à citer la longueur du trajet comme principal frein au remplacement de la voiture. Par ailleurs, ils sont plus nombreux que les CSP+ à ne pas considérer l’écomobilité comme une priorité. Si les entreprises sont donc très attendues sur le sujet de l’écomobilité, leur action devra sans doute se faire en coordination avec les pouvoirs publics. Car avant d’inciter les salariés à opter pour davantage d’écomobilité, encore faut-il que les alternatives écologiques à la voiture soient rendues accessibles au plus grand nombre.

Un manque connaissances autour de l’écomobilité

Malgré les attentes exigeantes des Français envers les entreprises et les pouvoirs publics en matière d’écomobilité, il semblerait qu’au niveau psychologique la route - sans mauvais jeu de mot - soit encore longue avant que nos déplacements soient 100% “eco-friendly”. La cause ? Sans doute une trop forte méconnaissance de la problématique, dûe à un manque de sensibilisation autour de la thématique de l’écomobilité. C’est en tout cas ce que révèle l’étude d’Opinionway : car si, fort heureusement, 8 salariés sur 10 estiment que l’écomobilité est un sujet important, ils ne sont que 9% à pouvoir expliquer précisément ce qu’il y a derrière ce concept. D’autre part, les Français n’auraient pas une conscience aiguë de la nécessité de changer leurs habitudes en matière de transport. Selon l’étude de SD Worx déjà citée, ils sont 65% à penser que leurs déplacements sont bons pour l’environnement, alors que, rappelons-le, 75% d’entre eux optent pour la voiture tous les jours pour se rendre au bureau et revenir à la maison.

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Photo d’illustration by WTTJ

Alexandre Nessler

Journaliste - Welcome to the Jungle

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