Mais en fait, c’est quoi le véritable rôle d’un manager ?

30. 5. 2024

4 min.

Mais en fait, c’est quoi le véritable rôle d’un manager ?
autor
Daphnée Breytenbach

Journaliste freelance

prispievatel

Inspiration, développement des compétences, leadership, atteinte des résultats... Concrètement, quel est le véritable rôle d'un manager ? On fait le point.

Dans l’univers complexe de l’entreprise, les attentes vis-à-vis des managers peuvent parfois sembler ambivalentes, voire contradictoires. Pourtant, clarifier le rôle d’un manager, c’est essentiel pour comprendre son impact sur une organisation. Aurore Wisniewski, consultante en management, démystifie ce sujet passionnant.

Ce qu’attend l’entreprise des managers

Avant toute chose, il faut rappeler une réalité souvent méconnue : les managers jonglent avec des attentes multiples et parfois divergentes. Du côté de la direction, on attend d’eux qu’ils incarnent son image et ses valeurs, qu’ils soient loyaux et exemplaires. « Les managers doivent être les porte-étendards du changement, en entraînant leurs équipes vers de nouvelles perspectives, que ce soit un passage au 100 % télétravail, la création de nouveaux produits ou services, ou encore la restructuration de l’entreprise par exemple », note Aurore Wisniewski.

Autre point crucial : « Être garant de l’application des procédures internes et légales, en assumant des responsabilités importantes, notamment en matière de conformité aux règlements tels que le RGPD ou les normes de sécurité au travail ». Bien sûr, le rôle d’un manager, c’est aussi de satisfaire les attentes de leurs supérieurs directs. « Du côté du N+2, il faut prouver que les résultats sont au rendez-vous, qu’on déploie une stratégie sur le long terme et qu’on est en mesure de préserver la paix sociale et de pérenniser son vivier de collaborateurs », explique la consultante en management.

« Pour les N+1, ou les managers intermédiaires, les attentes se concentrent sur l’atteinte des objectifs de l’équipe, le respect du budget et des délais, ainsi que sur le cadrage des collaborateurs, pour garantir une performance optimale. » L’essentiel, donc, c’est de trouver l’équilibre entre bonne entente et réussite, un exercice délicat qui nécessite une gestion minutieuse des ressources humaines et matérielles.

Ce qu’attendent les équipes des managers

Des moyens pour performer

Le manager doit assurer à ses équipes qu’elles disposent des moyens suffisants pour mener à bien leurs missions. « Très concrètement, l’idée, c’est de résoudre les problèmes que les salariés seuls ne peuvent pas débloquer : il peut s’agir de la validation d’un nouvel équipement informatique, de l’obtention d’une attestation employeur pour un arrêt maladie ou encore de s’assurer, pendant une réunion du comité exécutif, que les autres services respectent leurs délais », précise Aurore Wisniewski. En résumé, tout faire pour enlever les cailloux des chaussures de ceux qu’on supervise !

Des objectifs clairs

Le manager doit porter une ligne directrice claire et simple, pour que les salariés puissent toujours répondre à la question du « pourquoi ». « C’est ce qui va permettre de savoir si se concentrer sur telle ou telle tâche permet d’atteindre l’objectif final. Il est question de rendre les équipes autonomes dans le tri des priorités, en se référant toujours à un but global », détaille Aurore Wisniewski.

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De l’écoute et du soutien

« Je le répète toujours, il n’y a pas d’un côté la vie professionnelle et de l’autre la vie personnelle… Il n’y a qu’une seule vie ! », sourit la consultante. Savoir écouter ses équipes est donc essentiel pour la santé mentale de chacun, sans pour autant trop se dévoiler et en gardant la bonne distance. « Dans mon passé de manager, j’ai été confrontée au cas d’une salariée avec un enfant handicapé. S’intéresser à sa vie personnelle m’a permis d’ajuster mes exigences et d’organiser les plannings au mieux pour la soulager. » Une attention à l’autre qui permet aussi au manager de repérer les signaux faibles : y a-t-il des jalousies dans l’équipe ? Des départs probables ? Quelles sont les envies de chacun ? « Par exemple, savoir qu’un collaborateur est en souffrance et qu’un autre est en sous-régime permet de rééquilibrer la charge de travail, en répondant aux besoins de l’un comme de l’autre ».

De la confiance

« Créer une safe place où l’on peut tout dire, même admettre qu’on s’est trompé, c’est le cœur du rôle d’un manager ! », insiste Aurore Wisniewski. En prenant du recul, on est à même d’accepter que les salariés fassent des erreurs. C’est ce qui permet de grandir – dans la mesure où cela ne compromet pas l’ensemble du projet, bien sûr ! « Laisser la place à l’erreur demande du temps et de l’investissement, mais c’est gagnant-gagnant. Parce que cela se traduit par un gain d’autonomie et de productivité. Et surtout, il faut rappeler aux équipes de n’être pas avare dans le partage des connaissances. » Autre moyen de prouver sa confiance : savoir dire merci et bravo. En appréciant le travail et les efforts fournis, même si les résultats ne sont pas au rendez-vous, on renforce la confiance en soi des collaborateurs.

De l’inspiration

Pour Aurore Wisniewski, le véritable rôle d’un manager réside avant tout dans sa capacité à inspirer ses équipes. « Être vrai, être soi-même, c’est la clé pour être suivi », assure-t-elle. En somme, rester aligné avec ses valeurs en respectant le principe de la congruence, à savoir faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait.
Ainsi, créer des moments d’échanges informels, tout en maintenant une distance professionnelle appropriée, est une bonne piste. « La reconnaissance de l’impact de l’affect dans le travail est essentielle. Les collaborateurs travaillent plus pour quelqu’un qu’ils respectent que pour une entreprise… » Le manager efficace, c’est celui qui sait combiner leadership et empathie pour motiver son équipe et favoriser son épanouissement professionnel.

Du courage managérial

Autre point essentiel : le courage managérial. « Savoir annoncer une nouvelle difficile ou faire un feedback délicat, ça demande du tact et de la diplomatie. Il faut rester factuel, trouver le ton juste sans accabler, mais en s’assurant que le message est bien passé », ajoute Aurore Wisniewski. Dans le même temps, le rôle d’un manager, c’est aussi de s’excuser quand c’est nécessaire, pour bâtir un lien de confiance solide avec son équipe. Des qualités de courage et d’intégrité essentielles pour favoriser un environnement de travail sain et productif.

Du sang-froid

Défendre ses équipes, c’est le nerf de la guerre. « Ça implique de prendre la foudre quand les résultats ne sont pas à la hauteur et de ne pas jeter en pâture un collaborateur… L’idée n’est pas de payer pour les autres, mais de mener des actions stratégiques adaptées pour cadrer les performances », affirme la consultante. À noter : le bon manager, c’est aussi celui qui sait gérer la pression et garder la tête froide, pour préserver une communication non violente avec son équipe.

En somme, le rôle d’un manager dépasse largement celui de la simple gestion d’une équipe. C’est une position complexe et multifacette qui exige des compétences humaines, techniques et stratégiques. « Mais au-delà de tout, c’est une mission qui demande de l’authenticité, du courage et de l’engagement envers ses équipes », conclut Aurore Wisniewski. Car ne l’oublions pas : c’est dans cette relation de confiance et d’inspiration que se trouve la clé du succès pour être un bon manager !


Article écrit par Daphnée Breytenbach, édité par Ariane Picoche, photo : Thomas Decamps pour WTTJ

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