Augmentation de salaire : 6 raisons d’être optimiste cette année

Augmentation de salaire : 6 raisons de la demander

Vous avez atteint, voire dépassé, vos objectifs et vous attendez un geste de la part de votre employeur ? Ces derniers mois, vous avez pris en main un dossier délicat et avez réussi à trouver une issue favorable ? Vous êtes dans votre entreprise depuis plusieurs années et votre loyauté n’a jamais été récompensée ? Si les raisons pour obtenir une augmentation sont multiples, certaines ne dépendent pas toujours du travail fourni pendant l’année écoulée. Inflation, difficultés de recrutement, contexte économique… Voici les six raisons conjoncturelles qui laissent penser qu’on a plus de chances d’être augmenté cette année.

1. C’est le patron du Medef qui le dit

Vous attendez une augmentation de salaire en 2022 ? Ça tombe plutôt bien ! Même Geoffroy Roux de Bézieux, le très médiatique patron du Medef, estime que cette année les entreprises vont devoir mettre la main au portefeuille. « Il y a, je pense, beaucoup d’entreprises qui augmenteront les salaires, parce que, d’abord, les salaires en 2020 et 2021 ont été peu augmentés, parce qu’il y a de l’inflation, et parce qu’on a du mal à recruter », a-t-il déclaré sur RTL avant d’ajouter : « Les salariés du privé attendent, après deux ans d’efforts, leur juste récompense. »

En effet, selon l’étude du cabinet Deloitte sur la rémunération publiée en septembre, 45% des salariés n’ont pas eu d’augmentation en 2021 et près de 30% ont vu leur rémunération progresser de moins de 2%… soit moins que l’inflation, estimée par l’Insee à 2,6% sur une année glissante (d’octobre 2020 à octobre 2021). Si le mouvement général plutôt favorable à l’augmentation salariale reste toutefois à confirmer selon le secteur d’activité, le patron de la première organisation patronale de France se veut optimiste : il y aura aussi « beaucoup de primes - ce qu’on a appelé la prime Macron - qui seront versées dans nombre des entreprises. »

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2. Les dividendes n’ont jamais été aussi importants !

La reprise est là ! Après une dégringolade de la situation économique des entreprises au début de la crise sanitaire, un vent nouveau souffle sur les marchés mondiaux. Tirées par l’amélioration des bilans des entreprises, les bourses mondiales ont atteint des sommets cette année : en novembre, plus rien ne semblait pouvoir arrêter le CAC 40 qui a atteint le seuil symbolique des 7 000 points pour la première fois de son histoire. Vous ne savez pas à quoi correspondent les points de Bourse ? Pas de problème, retenez seulement que l’indice phare de la Bourse de Paris s’est envolé de plus de 40% depuis l’arrivée des vaccins anti-Covid, un record ! Comme vous pouvez l’imaginer, cette dynamique profite également aux actionnaires des entreprises dont les dividendes explosent les compteurs. Exit les consignes de Bruno Le Maire qui interdisait aux entreprises qui avaient bénéficié d’un soutien de l’État de verser des revenus aux actionnaires en 2020 : cette année la hausse est là et elle est importante (en moyenne, +15,6% dans le monde) !

Mais revenons aux salaires, parce que c’est ce qui nous intéresse : lorsque les résultats d’une entreprise sont bons, les salaires ont tendance à augmenter mécaniquement. « Lorsqu’on regarde la dernière enquête de l’Insee, on s’aperçoit que les salaires en moyenne dans l’industrie et les services ont augmenté d’un peu plus de 3 %, c’est très important, soulignait François Asselin, président de la confédération générale des petites et moyennes entreprises (CPME) sur BFM Business. Dans les PME, pour conserver les compétences, vous commencez par les augmenter sinon elles partent. Donc ne soyons pas inquiets, les salaires vont augmenter et augmentent déjà. » Malgré toutes ces bonnes nouvelles, votre manager vous dit que votre entreprise se porte mal et qu’il ne peut vous augmenter dans ces conditions ? Scrutez attentivement la valeur de cette dernière, vous pourrez le challenger, chiffres à l’appui.

3. Vous travaillez dans un secteur en tension

Que ce soit dans les start-up, les PME/TPE ou dans les grands groupes, les chefs d’entreprises peinent à trouver des candidats. La situation est si tendue sur le marché de l’emploi que près d’un million d’offres d’emploi sur le site de Pôle Emploi sont à pourvoir, contre 700 000 en moyenne. Que se passe-t-il ? Eh bien, alors que les entreprises bénéficient d’un contexte économique favorisant la création de postes, « les cadres, les jeunes mais aussi les seniors recherchent davantage de sens à leur activité », analyse Benoît Serre, le vice-président de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). En d’autres termes, dans certains métiers où les conditions de travail sont difficiles (manque de moyens, sous-effectifs, horaires décalés, salaires bas), les Français ne sont plus prêts à sacrifier leur soirée, leur week-end et plus globalement leur vie personnelle - pour quelques euros de plus.

Alors, pour motiver les salariés de ces secteurs (médico-social, santé, transport, industrie, restauration…) qui ont souvent été mobilisés en première ligne dans la crise sanitaire, Bruno Le Maire, l’assure : « Il faut des augmentations significatives de salaire (…) sur le recrutement et sur la main-d’oeuvre. » Actuellement, 57 branches de métiers seraient en pleine négociation. Quand est-ce que ces secteurs mettront en place de nouvelles grilles salariales ? Vont-ils décider de majorer les heures de nuit et les weekends ? Quid de la disparition des coupures pour la restauration et de la hausse de la rémunération des heures supplémentaires ? Affaire à suivre !

4. Même le prix du poke bowl a augmenté !

En France, 38 millions de Français gagnent moins de 2 000 euros par mois, dont 9 millions vivent sous le seuil de pauvreté. « Le travail ne paie pas assez », s’est ému Michel-Edouard Leclerc, président du comité E. Leclerc dans une interview à Europe 1. Depuis le début de la crise sanitaire, ce problème s’intensifie : selon un sondage Odoxa pour Europe 1, huit Français sur dix estiment que leur situation économique s’est dégradée en un an. Que ce soit l’essence, le gaz, le chauffage, les transports, les légumes et fruits frais, le poisson, les céréales…, les prix à la consommation ne cessent d’augmenter, plaçant le pouvoir d’achat en tête des préoccupations des Français, loin devant la sécurité, l’immigration et le chômage.

Pour faire face à cette situation exceptionnelle, le salaire minimum (SMIC) a été augmenté de 2,2% en octobre dernier, alors que la revalorisation de ce revenu est normalement décidée quelques jours avant Noël, pour une entrée en vigueur le 1er janvier suivant. Ce n’est pas tout : le « coup de pouce » de l’État devrait continuer puisque le gouvernement vient d’annoncer une nouvelle hausse du SMIC de 0,9% en janvier 2022. Votre employeur ne sera pas toujours sensible à l’argument de l’augmentation du coût de la vie, mais vous pouvez peut-être tenter un peu d’ironie en demandant que vos revenus suivent au moins l’inflation.

5. Maintenant que vous connaissez le salaire de vos collègues, vous avez l’impression d’être une bonne poire

Transparence, transparence, transparence ! Le concept est en vogue et pourtant, qui connaît le salaire de son voisin d’open space ? Qui parle librement de rémunération avec son équipe ? Si le tabou du salaire demeure important en France, de plus en plus d’entreprises osent désormais rendre publique leur grille de rémunération. Rien de plus logique quand on sait que, selon un sondage réalisé par la plateforme Talent.com, près d’un salarié sur deux aimeraient que leur employeur rende accessible en interne les barèmes salariaux en vigueur et 41% souhaitent même aller plus loin en rendant les grilles de salaires complètement publiques.

Votre entreprise a déjà sauté le pas ? C’est peut-être le moment d’y jeter un coup d’œil. Tiens, ce collègue qui a moins d’ancienneté et moins de responsabilité que vous a eu une augmentation l’an dernier, alors qu’on vous avait dit que les hausses de salaire étaient bloquées pour cause de Covid ? Tous ces éléments peuvent vous donner de l’aplomb le jour J, mais évitez tout de même de l’utiliser comme un argument de négociation

6. Vous êtes toujours en télétravail

Alors qu’une infime minorité de salariés l’avait expérimenté, ce mot a pris tout son sens le 17 mars 2020 à midi pile quand, on ne vous apprend rien, les Français ont été contraints de rester chez eux pour une durée de sept semaines. Dès lors, le recours à cette organisation du travail a connu un essor sans précédent pour atteindre 41% des actifs pendant le premier confinement… Mais aussi vite mis en place, aussi vite oublié ? Alors que les protocoles sanitaires ont été progressivement assouplis, la plupart des salariés ont retrouvé les joies de l’open-space…. En octobre 2021, seuls 20% des salariés étaient au moins un jour en télétravail par semaine, dont 6% à temps plein, selon la Dares, l’un des principaux producteurs de données statistiques sur le travail.

Vous faites partie des irréductibles qui travaillent encore aujourd’hui sur la table de votre cuisine ? Sachez que grâce à vous votre entreprise fait des économies : moins de salariés dans les locaux permet de réduire le nombre de postes et donc, les mètres carrés. Pour certains cela rapporte gros. Dès 2016, Dell, le géant américain de l’informatique se vantait d’économiser 12 millions de dollars par an grâce au télétravail. En France, le calcul est aussi intéressant : en 2019, l’ARSEG, association des professionnels de l’environnement de travail, évaluait à 13 566 euros le coût annuel d’un poste de travail. Eh oui, c’est beaucoup d’argent pour un petit bureau dans un open space…

Finalement, vous le savez déjà, rien ne garantit une hausse systématique des salaires (sauf exception) et on vous déconseille vivement d’utiliser ces arguments face à votre manager ou votre responsable des ressources humaines au risque de le braquer. Il n’en reste que ces éléments contextuels sont autant d’indices qui nous laissent penser qu’on a toutes les raisons d’être optimiste cette année ! Alors, maintenant, on croise les doigts !

Édité par Eléa Foucher-Créteau, photo par Thomas Descamps

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