Promotion au travail : attention aux cadeaux empoisonnés !

Les 5 promotions pièges qu'il vaut mieux refuser

Elle vous est servie sur un plateau d’argent, dans un emballage clinquant, alors que vous ne l’attendiez pas de sitôt ? Surprise ! Une promotion ! C’est bien elle, sortie du chapeau, tombée toute cuite dans la bouche, sans même avoir eu besoin de la réclamer. C’est presque un peu trop beau pour être vrai… En y réfléchissant, il y a peut-être un loup quelque part, qui fait qu’à peine déballé, le paquet va vous exploser à la figure. Après l’euphorie de l’annonce, si vous preniez le temps de regarder l’offre séduisante en détails, histoire de vérifier qu’elle ne cache pas un cadeau empoisonné ?
Pourquoi toute promotion n’est pas bonne à prendre ? Et comment reconnaître une offre qui ne nous conviendrait pas ou qui est trompeuse ? Marie-Laure Deschamp, coach professionnelle, vous aide à regarder ce qu’il y a sous l’emballage et à refuser une mauvaise promotion sans froisser votre manager.

On vous offre une promotion : observez vos réactions…

Promouvoir quelqu’un c’est, selon le Larousse, “l’élever à une dignité, le faire accéder à une fonction, un emploi, un échelon supérieurs”. Alors, quand on vient nous chercher pour nous proposer une promotion, c’est sûr « ça flatte l’ego et ça nourrit notre besoin de reconnaissance, explique Marie Laure Deschamp, cette réaction est d’ailleurs parfaitement normale. Nous avons tous besoin de reconnaissance. Cependant, tout le monde ne va pas l’accueillir de la même manière. »

La coach distingue trois types de réactions :

  • La joie : souvent ressentie par une personne qui a une bonne estime de soi. « Depuis le temps qu’on en parle ! Enfin mon travail est récompensé », pense celle-ci. Pour elle, a l’évidence, on la reconnaît à sa juste valeur.

  • La surprise : qui se manifeste souvent chez celui qui éprouve le syndrome de l’imposteur. Il ne se sent pas légitime, il doute et pense qu’un autre est mieux placé pour cette promotion. « Je ne m’y attendais pas », a-t-il tendance à répondre.

  • La peur : qui traduit parfois un manque de confiance en soi ou l’impression de ne pas être à la hauteur. « Mais qui peut également être utile et attirer notre attention sur le fait qu’il y a peut-être un loup quelque part », souligne la coach.

Ces émotions sont un bon indicateur devant une offre de promotion. Qu’est-ce que cette perspective vous évoque, et quelle crainte suscite-t-elle en vous ? Autant de signes qui doivent vous inviter à la prudence et à vous assurer que tous les voyants sont au vert avant de l’accepter…

Quand la promotion est un cadeau empoisonné

« Quel que soit l’accueil que je fais à cette promotion, dit-elle, l’important c’est de se poser les bonnes questions ». Avant de vous emballer, prenez le temps de réfléchir. Ce cadeau est-il fait pour vous ? Arrive-t-il au bon moment ? Comme on reconnaît la pomme pourrie à la trace du ver de terre qui l’habite, voici comment identifier les promotions qui ne vous conviendraient pas.

1. Promotion manager : le faux cadeau

« Aujourd’hui, raconte Marie-Laure Deschamp, la société française renvoie l’idée que d’être manager est le Saint Graal. Comme si, si tu n’évolues pas et ne deviens pas manager, tu ne réussis pas ta carrière ». Le problème, c’est que tout le monde n’est pas fait pour encadrer une équipe. Il arrive même que d’excellents éléments promus managers se montrent décevants. « Être manager, poursuit la coach, c’est affronter plus de responsabilités et de stress. C’est un poste difficile. J’aime comparer le manager au canard qui se montre très digne en surface, mais qui patauge sous l’eau ». Avant d’accepter une telle promotion, il faut donc se poser quelques questions : suis-je fait pour encadrer et diriger une équipe ? Ai-je les reins solides ? En ai-je vraiment envie ? Serais-je accompagné et formé pour adopter la bonne posture ?

2. Promotion mobilité : le cadeau hasardeux

« Il arrive parfois que, dans le cadre d’une réorganisation, l’entreprise change une bonne partie de l’organigramme. Si cette réorganisation se fait à effectif constant, on va assister au jeu des chaises musicales, ce qui peut donner lieu à des mobilités et promotions au forceps. » Autrement dit, le collaborateur n’a pas le choix : vous acceptez le job ou vous partez. « On en vient à une situation où le manager s’efforce de vous ‘’vendre’’ un poste qui n’est pas toujours fait pour vous », dit-elle. Ne vous emballez donc pas. Si le poste que l’on vous promet, bien que séduisant en apparence, n’est pas dans vos cordes ou n’a rien à voir avec celui que vous occupez, vous risquez d’en payer le prix…

3. Promotion trop élevée : le cadeau pourri

Imaginons que l’entreprise souhaite se débarrasser de vous. De manière un peu cynique, on pourrait vous faire miroiter un poste dont on sait qu’il est au-dessus de vos compétences. Et au moment de déballer le paquet… Paf, le diable sort de sa boîte ! Traduction : vous acceptez le poste et au premier faux pas, vous êtes viré. Pas vraiment un cadeau. « En pratique, explique Marie-Laure Deschamp, si vous êtes lucide quant à votre niveau d’expertise et d’engagement, vous ne devriez pas en arriver là. En effet, si vos entretiens annuels ne sont pas positifs, si la relation avec votre N+1 est tendue, si vous ne vous entendez pas avec votre équipe, ou si vous faites votre job mais sans plus, bref si vous cochez l’une de ces cases voire toutes : demandez-vous bien pourquoi ils vous ont promu vous. C’est probablement qu’il y a un loup derrière. Et il est fort à parier que la prochaine promotion, sera la porte de sortie. »

4. Promotion pompeuse : le cadeau vide

Tadam ! Vous êtes promu cadre ! Waouh, ça vous fait un drôle d’effet. Mais, quand vous y regardez de plus près, il n’y a pas grand-chose, dans ce cadre. Sauf un titre un peu pompeux, vous n’y gagnez pas vraiment… Au contraire, une fois cadre vous risquez fort de travailler sans compter vos heures. Et le malus dans tout ça, c’est que ces heures sup’ ne seront pas rémunérées ! Au fond, « ce type de promotion satisfait davantage la quête d’un statut que d’un contenu, affirme la coach. Au fond la feuille de route ne change pas, mais au quotidien, cela risque de changer votre rapport aux autres et à l’équipe. Le titre nourrit l’ego, mais si l’on s’aperçoit que ce titre n’est que du vent, vous risquez même de devenir la risée de vos pairs. »

5. Promotion rêvée : le cadeau trop anticipé

Enfin, il y a la promotion parfaite. Celle dont vous rêvez depuis longtemps, mais qui ne tombe pas au bon moment. Vous avez le projet de fonder une famille, un souci de santé, un proche malade à assister, bref vous n’avez pas la tête à ça. Il y a mille raisons qui peuvent vous détourner temporairement d’un objectif professionnel. « Demandez-vous : là, en ce moment, quelle est ma priorité ? », propose la spécialiste. « Est-ce ma famille ? La validation des acquis de mon expérience ? Ma carrière ? » Soyez honnête avec vous-même. La meilleure réponse que vous donnerez à votre manager sera la sincérité. « Si vous déclinez sa proposition, suggère-t-elle, dites-lui que c’est un choix cornélien, parce qu’au fond vous voudriez l’accepter mais que ce n’est pas le bon timing ».

Maintenant que vous savez repérer les pièges, apprenez à les éviter. Et lorsque se présente à vous une promotion foireuse, ne vous faites pas berner. Dites poliment « merci du cadeau », mais « non merci ».

6. Savoir dire non à une promotion

On vous offre une promotion ? Ne vous emballez pas… Pesez le pour et le contre, regardez ce qu’il y a sous l’emballage et ne vous bercez pas d’illusions. En refusant cette offre, vous craignez que votre manager vous mette au placard à jamais ? Tout dépend de la manière dont vous procédez…

  • Remercier

« La première chose à faire, indique Marie-Laure, c’est de remercier votre manager. Dites-lui que vous êtes reconnaissant et que c’est une marque de confiance qui vous touche. » Après tout, cette promotion vous est présentée comme un cadeau que l’on vous fait. La moindre des choses, c’est remercier. « Mais ce n’est pas parce que cette promotion vous flatte que vous devez l’accepter pour autant, insiste-t-elle. Il ne faut pas tomber dans cet écueil en particulier si on vous met la pression. Le mieux est donc de demander un délai de réflexion ».

  • Écouter ses besoins

« Une fois au calme, prenez du recul et faites la liste de vos besoins, propose Marie Laure Deschamp. Demandez-vous ce qui vous satisfait dans la situation actuelle, notamment au regard de votre carrière, des compétences exploitées, mais aussi votre équilibre de vie professionnelle-vie perso, votre disponibilité pour vos amis, votre famille, votre couple. Y-a-t-il des besoins qui ne sont pas satisfaits ? »
Prenez une feuille de papier et posez le pour et le contre de votre job. Puis ajoutez les points positifs et négatifs du poste que l’on vous propose. « Observez, ajoute-t-elle. Que ressentez-vous quand vous regardez les points positifs ? et négatifs ? » Si vous hésitez et que vous ressentez quelques doutes, c’est peut-être que vous avez besoin d’être rassuré ou besoin de quelques informations complémentaires avant de prendre votre décision.. « Pour accepter, continue-t-elle, vous devez être 100% aligné. Ne vous fiez pas aux jugements ou avis de vos proches ou collègues qui risquent de transférer sur vous leurs peurs ou leurs besoins, soyez simplement entier et honnête avec vous-même. »

  • Regarder sous l’emballage

Il y a l’image qu’on se fait d’une promotion et la réalité. Ne vous fiez pas à l’emballage. Regardez ce qu’il y a en dessous. « Soyez très clairvoyant sur l’écosystème dans lequel vous êtes, met en garde Marie-Laure. Renseignez-vous sur les raisons qui ont conduit vos chefs à vous faire une proposition. Pourquoi vous et pas d’autres personnes en interne ? » Pour vous rassurer, « vous pouvez demander un entretien à la personne qui vous a offert la promotion, suggère-t-elle. Ce sera l’occasion de creuser les pours et les contres que vous avez identifiés. Insistez pour clarifier la feuille de route et clarifiez les moyens qui vous sont donnés. Allez-vous pouvoir choisir votre équipe ? De qui dépendrez-vous ? Quel sera le budget alloué ? Bénéficierez-vous d’une formation ? Vous avez le droit d’en savoir plus avant de vous lancer ! »

  • Verdict : satisfait ou remboursé !

Ça y est ? Vous avez pris votre décision ? Si vous choisissez de décliner la proposition deux options s’offrent à vous :

« Soit vous êtes à l’aise avec votre manager, alors vous pouvez remercier et répondre naturellement que vous n’êtes pas la bonne personne, développe Marie-Laure Deschamp. Expliquez pour quelles raisons vous refusez. S’il s’agit plutôt d’un mauvais timing, dites-lui au contraire que vous êtes intéressé par ce type de poste, mais que vous avez peur de le décevoir (et de vous décevoir), parce que vous n’êtes pas pleinement disponible et en mesure de vous engager à l’instant T. »

« Soit vous n’êtes pas à l’aise, poursuit-elle, et alors vous pouvez user d’un subterfuge pour échapper à cette promotion. Dites par exemple que vous avez bien réfléchi et que vous êtes capable de prendre ce poste à telles conditions. C’est un ‘’oui, mais’’ tellement exigeant qu’ils ne pourront accepter. »

Tout compte fait, toute promotion n’est pas bonne à prendre. Que l’on ait souhaité la recevoir ou non, elle a tendance à tout bouleverser. Une chose est sûre, ne laissez pas vos peurs ou le regard des autres décider pour vous. Écoutez vos besoins, demandez à clarifier la proposition et si le contenu de ce cadeau vous plaît, profitez-en à fond. Il est sûrement mérité !

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Photo d’illustration by WTTJ

Gabrielle de Loynes

Rédacteur & Photographe

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