La semaine de 4 jours, LE remède de sortie de crise ?

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En pleine crise économique, après deux mois de confinement, des voix s’élèvent pour nous enjoindre à “travailler plus”. Pourtant, ce n’est pas la seule manière de voir les choses ! On pourrait dire à l’inverse que l’organisation du travail a besoin de plus de flexibilité et de temps libre, pour concilier les temps de famille et de travail, stimuler le tourisme et surtout, nous pousser à être plus productifs.

Et si la semaine de quatre jours restait pertinente en ces temps de crise ? C’est ce qu’a suggéré la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Adern, en mai 2020 lorsqu’elle a enjoint les employeurs de son pays à envisager la semaine de quatre jours (ainsi qu’un surcroît de flexibilité dans leur organisation) pour stimuler le tourisme, mais surtout aider les familles à trouver un meilleur équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle.

Les femmes ont beaucoup perdu professionnellement pendant le confinement, tant le partage des tâches domestiques était globalement déséquilibré. La semaine de 4 jours pour les hommes et les femmes pourrait être un bon moyen de rééquilibrer un peu la donne. Dans notre livre 100 idées innovantes pour recruter des talents et les faire grandir, nous avons consacré un chapitre à ce sujet, que nous publions ici en libre accès.

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Idée innovante #4 : Et pourquoi pas la semaine de quatre jours ?

En 1930, l’économiste John Maynard Keynes prédisait que grâce aux gains de productivité, nous travaillerions 15 heures par semaine. Sa prévision ne s’est pas avérée juste puisque la plupart des gens travaillent encore de 9 heures à 17 heures (au moins), cinq jours par semaine. Mais elle est loin d’être absurde.

Et s’il était malgré tout possible d’obtenir la même performance de nos salariés, en moins d’heures ? Autrement dit, les rémunérer cinq jours en échange de quatre jours de travail seulement ? Voilà une idée qu’aucun manager parfaitement sain d’esprit n’envisagerait de mettre en œuvre. Pourtant les entreprises qui ont essayé la semaine de quatre jours ont constaté des résultats si spectaculaires dans leurs équipes que leur exemple en a incité d’autres à les imiter.

Une organisation de Nouvelle-Zélande a adopté la semaine de quatre jours pendant quelques mois et a relaté l’expérience. En mars et avril 2018, les 250 salariés de Perpetual Guardian, administrateur de trusts, liquidateur de successions et gestionnaire de biens, ont travaillé 32 heures au lieu de 40 (en étant rémunérés sur la base de 40 heures hebdomadaires). Les journaux du monde entier y ont consacré leurs gros titres.

Perpetual Guardian a ensuite pérennisé le nouvel emploi du temps. « Les chefs d’équipe disaient que le personnel était plus créatif : qu’il y avait moins d’absentéisme, que tous les salariés arrivaient à l’heure et qu’ils ne partaient pas plus tôt du bureau ni ne s’accordaient de longues pauses », a déclaré Andrew Barnes, le fondateur de l’entreprise. « La performance n’a pas diminué lors du passage de cinq jours à quatre jours. »

La tentative de Perpetual Guardian s’appuyait sur des recherches et une documentation abondantes montrant que les humains sont capables d’effectuer un travail concentré et créatif pendant un nombre limité d’heures seulement. Le psychologue Anders Ericsson avance le chiffre de quatre ou cinq heures d’affilée : « Si vous poussez les gens à aller au-delà des limites dans lesquelles ils peuvent se concentrer de manière maximale, ils finiront probablement par acquérir des habitudes néfastes.»

Les salariés qui ont travaillé quatre jours au lieu de cinq ont déclaré qu’ils avaient trouvé plusieurs méthodes pour être plus efficaces et pour compenser la journée perdue. Ils ont commencé par réduire la durée des réunions, ce qui leur a permis de perdre nettement moins de temps. Perpetual Guardian se félicite d’avoir été « la première ». En réalité, un certain nombre d’entreprises ont introduit la semaine de quatre jours, notamment en Suède, où une étude gouvernementale sur une entreprise pratiquant la semaine de travail raccourcie a conclu que les salariés étaient plus heureux, moins stressés et qu’ils appréciaient davantage leur travail.

La réalité (parfois inavouable), c’est que les salariés gaspillent souvent une bonne partie de leur journée au bureau à des activités qui ne sont pas toujours directement en lien avec leur travail (nouer et entretenir des relations, lire les dernières nouvelles, déjeuner, surfer sur les réseaux sociaux, rechercher un nouvel emploi, s’octroyer une pause pour fumer). Selon une étude de 2016 réalisée sur 1 989 employés de bureau britanniques, le salarié moyen ne travaille en réalité que trois heures environ !

Le succès de la semaine de quatre jours illustre l’aversion croissante des salariés pour le présentéisme au bureau. Les contrats de travail sont de plus en plus axés sur une mission, des tâches spécifiques et des résultats concrets. Si les salariés parviennent à satisfaire ces exigences en moins de temps, leur rémunération ne devrait pas être réduite en conséquence. La flexibilité est un avantage que nombre de salariés recherchent chez un employeur, et si vous pouvez l’offrir, votre entreprise n’en sera que plus attractive. Ce choix n’est peut-être pas pertinent dans votre activité (certains secteurs exigent une présence 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ce qui est incompatible avec la semaine de quatre jours).

Mais pourquoi ne pas tenter l’expérience pendant quelques mois, juste pour voir ce qui en sort ?

Laetitia Vitaud

Editor in Chief

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