Partir travailler à Singapour

Partir travailler à Singapour : conseils et démarches

Vous avez vu le film Crazy Rich Asians, et Singapour vous en a mis plein les yeux ? On n’a pas trop de mal à vous croire ! Alors, on vous encourage à tenter l’aventure de l’expatriation, qui est, contrairement à ce qui est montré dans le film, accessible à toutes les bourses ! Et elle vous paraîtra d’autant plus abordable après avoir lu notre guide !

Le marché de l’emploi

Avec une architecture futuriste, un taux de chômage en-dessous des 3%, une innovation financière à la pointe, celle qui abrite le premier port de conteneurs au monde, a de quoi faire rêver ! Cette toute jeune Cité-État (devenue indépendante en 1965), surnommée la Suisse d’Asie, aurait pu être affaiblie par son absence de ressources naturelles… C’est finalement tout le contraire qui s’est produit ! Très en avance sur la technologie et les industries de pointe, elle est devenue un îlot de richesse et de modernité. Et elle compte bien le rester. À l’occasion des 50 ans de son indépendance, en 2015, le gouvernement a décidé d’investir 13 milliards d’euros dans les transports, l’ergonomie de la ville et les nouvelles technologies, afin d’améliorer toujours plus le quotidien de ses habitants. Les ingénieurs, quel que soit leur domaine d’expertise, et les développeurs web ne devraient ainsi pas avoir beaucoup de difficulté à trouver un emploi. Les spécialistes en développement durable et énergies vertes ne seront pas en reste car Singapour s’est lancée un défi de taille en ce début de décennie : l’autosuffisance en eau, voire en énergie !

Pour ceux d’entre vous qui ont la fibre entrepreneuriale ou commerciale, sachez que la Banque Mondiale considère Singapour comme l’endroit au monde où il est le plus facile de faire des affaires : peu de taxes, une juridiction simple, efficace, et, surtout, pas de corruption. Bref, il n’y a plus qu’à avoir l’idée de génie ! Ça nous est confirmé par Jean, fondateur d’une start-up qui travaille à Singapour depuis 3 mois : « *il y a beaucoup de startups car Singapour est un hub commercial, maritime et technologique pour l’Asie. Il y a aussi des opportunités à prendre car les Singapouriens préfèrent travailler pour des grosses boites, ce qui reste plus prestigieux socialement*. »

Bonne nouvelle ! Vous n’aurez pas besoin de vous lancer dans l’apprentissage du Mandarin ou du Malais pour trouver un job, ou pour maintenir une vie sociale, la maîtrise de l’Anglais suffit. Vous pourrez également compter sur une communauté francophone, bien installée sur place, avec plus de 14 500 ressortissants déclarés, et 800 filiales de sociétés françaises.

Les secteurs qui recrutent

  • Le numérique, notamment dans les domaines du “Big Data” et de la cyber-sécurité : un ingénieur web gagne en moyenne 108K par an (soit un peu plus de 71K/an en euros)
  • La finance : le salaire annuel moyen d’un trader est de 130K par an (soit plus de 85K/an en euros)
  • L’industrie pétrochimique : « depuis l’augmentation du prix du pétrole, les ingénieurs spécialisés dans le domaine sont très recherchés », explique Maxime Vanderhaeghe, co-fondateur de CityTalent, cabinet de recrutement à Singapour Au Petit Journal.
  • Enseignement : un professeur gagne en moyenne 72K/ an (soit environ 47K/an en euros)
  • Tourisme : en 2018, Singapour a accueilli un peu moins de 17 millions de touristes, soit 6% de plus qu’en 2017 ! En bref, le secteur est en pleine croissance, ce qui signifie que des opportunités sont à saisir, notamment pour les polyglottes.

NB : certaines professions sont strictement réservées aux Singapouriens, comme les professions médicales par exemple.

La vie en entreprise

Vous travaillerez jusqu’à 44 heures par semaine, avec des journées de maximum 8 heures. Sachez que vous n’aurez le droit qu’à 14 jours de congés par an, auxquels s’ajoutent 10 jours fériés. Si l’un d’entre eux tombe un dimanche, le lundi est chômé (à quand cette merveilleuse règle en France ?) ! Mais Jean tempère : « la plupart des entreprises donnent 3 ou 4 semaines de congés ». Sachez que si vous obtenez un salaire supérieur à 4 500 dollars mensuels (soit l’équivalent de presque 3000 euros), les conditions de travail seront régies par la volonté des deux parties, c’est-à-dire par vous et votre employeur. Une loi à ne pas sous-estimer lors de la négociation de votre contrat. Cela peut en effet être l’occasion de demander plus de congés payés, un congé maternité voire paternité, ou même de négocier le délai de préavis en cas de renvoi ou de démission.

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New York, Lisbonne, Bangkok... La série explore ces grandes villes du monde à travers le regard et l’expérience de ceux qui s’y sont installés.
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Les plus

  • La ville est un vrai melting-pot culturel : on y trouve des immigrés chinois, malaisiens, indiens et occidentaux. On y compte d’ailleurs quatre langues officielles : le Mandarin, l’Anglais, le Malais et le Tamoul ;
  • Singapour est connue comme étant l’une des villes les plus sûres du monde : « si vous oubliez vos affaires dans un taxi, on vous rappellera pour que vous puissiez venir les récupérer » raconte Léa, qui a étudié à Singapour pendant un an dans le cadre d’un échange avec son école de commerce, « inimaginable en France ! »
  • Bienvenue dans le futur : c’est ici qu’ont été implémentés pour la première fois les taxis sans chauffeur !
  • Singapour a longtemps tenu la première place du classement HSBC des meilleurs pays où s’expatrier, et elle s’est faite détrôner en 2019 par la Suisse qui la relaie en seconde position, une place qui reste plus qu’honorable.
  • « Tout est très efficace, les transports sont rapides, fiables et nombreux, les démarches administratives peuvent quasiment toutes se faire en ligne de manière sécurisée » s’enthousiasme Jean : Singapour, où la ville de l’ergonomie !
  • Les salaires y sont plus élevés : en 2018, le salaire médian tournait autour de 4 400 dollars, contre 1 775 euros en France.
  • Il fait chaud, et ce toute l’année : en moyenne, la température est de 30°C.

Les moins

  • Pendant les mois de septembre et d’octobre, les habitants de l’île indonésienne de Sumatra brûlent des arbres pour pouvoir planter des palmiers, et les fumées ont tendance à envahir Singapour : une nuisance pour la qualité de vie mais aussi pour la santé. « Après cette vague de pollution, j’ai été malade pendant un mois » se souvient Léa ;
  • Si en moyenne, le coût de la vie est “seulement” 11% supérieur à celui de la France, cela fait 5 ans que Singapour demeure la ville la plus chère du monde (hors coût du logement)
  • Vous envisagez d’avoir un bébé à Singapour ? Prenez une couverture maternité dès votre arrivée, lorsque vous souscrivez à votre assurance santé : les délais de carence peuvent s’étendre sur 12 mois !
  • « C’est un petit pays de 5 millions d’habitants : on peut vite avoir l’impression de tourner en rond » prévient Jean ;
  • Il fait chaud, oui, mais aussi très humide : les taux d’humidité peuvent dépasser 90% en novembre et décembre et descendent rarement sous les 60% le reste de l’année . « J’ai quand même vu des gens faire des joggings à Singapour… Je ne sais pas comment ils font ! Personnellement, je me réfugiais parfois dans l’un des nombreux centres commerciaux » s’amuse Léa.
  • Respectez les règles ! Sans quoi, vous serez dénoncé par un honnête samaritain - il suffit parfois d’envoyer un SMS et une photo à la police - ou d’être repéré sur l’une des très nombreuses caméras de surveillance qui filment en permanence l’espace public. Léa nous confie : « C’est vrai que ce côté un peu Big Brother peut devenir un oppressant par moment ». La ville est sûre, certes, mais ça a un prix.
  • Celle-ci, vous ne l’aurez probablement pas vu venir mais… La vente de chewing-gum est interdite ! Si on vous surprend en train d’en mâcher un, l’amende s’élève à… 1000 euros ! Une interdiction à ne pas prendre à la légère, donc. Par ailleurs, si vous souhaitez rentrer sur le territoire avec des chewing-gums à la nicotine, on vous demandera votre ordonnance
  • Singapour ne fait pas figure d’exemple en terme de progrès social : il n’existe aucune loi contre les discriminations des personnes LGBTQI+ et la peine de mort y est toujours en vigueur.

Pour qui ?

Singapour ravira les palais des gourmands : le melting-pot culturel se retrouve dans la richesse de la gastronomie à retrouver dans les différents quartiers de la ville ! À vous les food-court asiatiques, où vous devrez choisir entre des mets indiens, philippins, malaisien, thaïlandais et plus encore (le choix de Sophie vous avez dit ?), les escapades dans Chinatown ou les restaurants proposant des spécialités moyennes-orientales ! « C’est très peu cher, chose rare à Singapour, et très bon ! Par contre, les végétariens auront plus de mal à trouver leur bonheur…» précise Léa.

Vous êtes plutôt tech addict ? Pas de problème, Singapour est à la hauteur de sa réputation : l’architecture futuriste et les multiples évènements dédiés à l’innovation devraient amplement satisfaire votre curiosité.

Si vous êtes à la recherche de calme et de verdure, Singapour pourrait vous plaire : la ville doit son appellation “cité-jardinaux nombreux espaces verts implantés au sein même de la métropole. Par ailleurs, le gouvernement mène une politique anti-voiture qui semble porter ses fruits : l’obtention du permis peut coûter jusqu’à 37 000 dollars, somme calculée en fonction du cylindré du véhicule. Conséquence ? Peu, ou plutôt moins, de pollution que dans d’autres villes asiatiques : « Le ciel est tout le temps bleu à Singapour, ce qui est moins le cas à Shanghai et à Hong-Kong par exemple, que j’ai pu visiter à la même période », nous raconte Léa.

Si vous êtes un globe-trotteur, Singapour devrait également vous convenir. Sa position géographique stratégique vous permettra de partir en weekends à Bali ou en Thaïlande - ça change de Deauville, c’est sûr !

Infos pratiques

Loyer :

On l’a déjà mentionné, Singapour est une ville chère, et les loyers n’échappent pas à la règle : comptez en moyenne 5294 $ (environ 3500 euros) pour un studio en centre-ville. Cela dit, les immeubles sont souvent dotés d’une piscine et d’une salle de sport ! Ça reste trop élevé pour vous ? On comprend ! Alors tournez-vous vers les colocations, plus “abordables” : entre 1800 et 2600 dollars singapouriens (soit entre 1180 et 1710 euros), dans les quartiers d’expatriés.

Santé :

Si vous avez le statut d’expatrié (vous restez donc pour une durée déterminée), vous ne n’aurez pas la possibilité d’accéder au système de santé singapourien, et devrez recourir à une assurance privée ou à la CFE (Caisse des Français de l’Étranger). Si vous faites la demande du statut de résident permanent, vous profiterez du système d’assurance santé singapourien, Medisave. Chaque mois, 6 à 9% de votre salaire sera prélevé pour être déposé sur un compte spécial “Medical Saving Account”, afin que vos dépenses de santé soient auto-financées. Votre taux de cotisation augmente avec l’âge, et vous serez remboursé des sommes non-utilisées. Il est possible de compléter votre assurance santé avec Medishield, l’équivalent d’une mutuelle (non obligatoire) qui prend en charge les dépenses plus importantes : maladies graves, chirurgies rares…

Transport :

Pour profiter du réseau de transport de Singapour, soit l’une des (nombreuses !) fiertés nationales, investissez dès votre arrivée dans une Cepas Card (aussi appelée EzLink) pour 12 dollars (8 euros) (soit 5 dollars, car vous pouvez utiliser les 7 restants pour votre premier voyage). Vous devez la recharger, et le montant est débité en fonction des kilomètres parcourus : en moyenne, le coût d’une trajet s’élève à maximum 2,40 dollars (soit 1,60 euros) (excepté pour aller ou revenir de l’aéroport).

Internet & téléphonie mobile :

Comptez minimum 40 dollars singapouriens mensuels (26 euros) pour un forfait mobile (attention, les forfaits appels et SMS illimités n’existent pas !) et entre 40 et 60 dollars par mois (entre 26 et 40 euros) pour votre box internet et télévision.

Visa :

Sachez qu’en tant que citoyen européen, vous n’avez pas besoin de visa pour aller à Singapour, et vous pouvez y rester jusqu’à trois mois comme touriste : un premier voyage peut être une option pour prendre la température, avant de vous lancer sans filet. Afin d’obtenir un visa de travail, votre employeur doit vous sponsoriser, et c’est votre futur salaire qui déterminera votre type de visa. Pour information, l’éventail des catégories de visas s’étend de “pas de minimum salarial” (pour le Work Permit) jusqu’à “salaire mensuel s’élevant à plus de 8000 dollars (5300 euros) singapouriens par mois” (soit le P Pass). La plupart de ces visas permettent à votre époux·se de vous accompagner, grâce au Dependant Pass. Ce dernier devra tout de même faire la demande d’une Letter of Consent pour travailler sur place (plus facile à obtenir qu’un visa de travail à proprement parlé). Et pour les potentiels entrepreneurs, vous avez la possibilité de faire la demande de l’Entrepass, un visa dédié.
Mais attention, gardez en tête que le renouvellement du visa, quel qu’il soit, n’est pas automatique !

On espère vous avoir convaincu que partir vivre à Singapour n’est pas si difficile : c’est le moment ou jamais de sauter le pas, pour vivre pleinement votre Asian Dream !

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Photo d’illustration by WTTJ

Anouk Renouvel

Freelance @ Communication numérique

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