Transformer son stress en force motrice au travail, c’est possible ?

Le stress positif : comment le reconnaître et le favoriser ?

Bien que de nombreuses études scientifiques affirment qu’un certain degré de stress est nécessaire pour être performant au travail et pour être physiquement et mentalement actif, la réalité n’est pas aussi simple. Car on ne sait pas toujours gérer les situations stressantes et cela peut finir par faire des ravages. Nous avons discuté avec la thérapeute Ana Lombard, spécialiste de la gestion du stress et autrice du livre “#POSITIVEstress: convierte el estrés en tu aliado” (#POSITIVEstress : transformer le stress en allié, prochainement traduit en français) pour découvrir comment renverser le stress et le transformer en une force motrice qui nous aidera à être plus efficaces (et heureux), au travail et dans notre vie quotidienne.

En France, selon une étude de Workforce View 2020, menée par l’ADP Research Institute, près de 55 % des Français ressentent du stress chaque semaine au travail. Et dans les faits, le stress et l’anxiété sont à l’origine de 50 à 60 % de l’absentéisme au travail en Europe, ils diminuent la productivité des professionnels de 60 % et sont à l’origine de troubles tels que le syndrome d’épuisement professionnel ou le burn out. Et pourtant…

Stress positif vs stress négatif : qui est qui ?

Le stress est une réaction physiologique de l’organisme au cours de laquelle divers mécanismes de défense entrent en jeu pour faire face à une situation perçue comme menaçante. On l’interprète toujours comme un état négatif, mais Ana Lombard nous rappelle toutefois qu’il ne l’est pas forcément, et que lorsque nous sommes dans cet état de tension, nous recevons une série d’impulsions qui peuvent nous aider à gérer les difficultés, quelles qu’elles soient. Pour la thérapeute, « le stress peut nous apporter le boost d’adrénaline qui nous manquait pour décupler certains de nos capacités ».

C’est ce qu’on appelle l’eustress, ou stress positif (comme la thérapeute préfère l’appeler), celui qui nous pousse à faire face aux problèmes avec réactivité, à prendre des initiatives et à répondre de façon appropriée aux situations complexes. Le stress positif est la réponse qui survient naturellement lorsqu’une situation exige un niveau d’effort élevé pour être résolue. Au niveau physique, il permet d’être plein d’énergie, ce qui favorise nos activités quotidiennes.

Cependant, nous poussons souvent trop loin cette réponse de notre corps, ce qui entraîne l’apparition du distress ou stress négatif. Le distress peut se traduire par une sensation d’angoisse, de mal-être, de douleur, de tension, d’anxiété ou d’inquiétude. La différence entre les deux repose sur le fait que, si le stress positif nous permet de faire face à la vie de façon efficace et sereine, le distress est source d’anxiété et peut mettre notre santé en danger. Mais, peut-on l’éviter ?

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Les trois phases du stress (et pourquoi elles sont importantes)

« Si nous savons exploiter l’adrénaline générée par le stress, nous pouvons décupler nos capacités », affirme Ana Lombard. L’experte l’explique ainsi : « le stress positif peut fonctionner comme un levier qui active certaines zones de notre cerveau « endormies » et qui nous aide à aborder les problèmes sous un angle différent ou à trouver des solutions plus créatives ». En effet, d’après elle, la créativité est l’un des domaines où on s’améliore lorsque nous apprenons à tirer profit du stress positif.

Pour y arriver, il est essentiel de savoir différencier les trois phases que notre corps traverse face à une situation stressante :

  1. Lorsqu’on fait face à un problème, ou à une situation dangereuse (ou perçue comme une menace par notre corps), on commence à sécréter de l’adrénaline. Dans le monde du travail, ça peut être le cas lors d’une première conversation avec un nouveau client, d’une réunion avec notre chef, d’un désaccord avec un membre de notre équipe ou d’un problème de dernière minute.

  2. Après cette première réaction, vient la deuxième phase, au cours de laquelle on libère davantage d’adrénaline mais aussi du cortisol, dont le rôle est d’augmenter la quantité de sucre dans le sang. La libération de ces hormones peut être bénéfique pour l’organisme, en nous aidant à surmonter une situation dangereuse par exemple.

  3. Ces moments d’euphorie sont suivis par la dernière phase, qui consiste à un retour au calme. Cette dernière phase peut paraître insignifiante à première vue, mais c’est la clé pour gérer le stress de façon positive. Car, selon les termes de l’experte, le problème est que trop de personnes sont « accros » aux premières phases et ont besoin du « rush » d’adrénaline et de cortisol pour rester alertes et productives au travail. C’est cette exposition à long terme qui le rend négatif, malsain et néfaste.

Il est donc important de toujours revenir à la phase de récupération afin de bien gérer l’accumulation de stress. Selon les mots d’Ana Lombard, « après être passé par la phase de stress nécessaire, vous devez récupérer comme après un marathon : vous reposer physiquement, intellectuellement et émotionnellement pour recharger les batteries ».

Apprenez à favoriser l’eustress au bureau

Pour passer de la phase de stress positif à la phase de repos, Ana Lombard recommande de faire une pause et de prendre 10 minutes pour soi. Mais il existe d’autres choses que vous pouvez faire au travail pour vous détacher du distress et favoriser le stress positif :

1. Faites des pauses

« Si les travailleurs arrivaient à prendre des pauses sans se sentir coupables, les entreprises auraient beaucoup moins de pertes et réduiraient substantiellement leur taux d’absentéisme dû au stress », assure l’experte. Pour elle, il est indispensable de se reposer, pour pouvoir se féliciter du travail accompli et savourer les réussites, autant sur le plan individuel qu’en équipe.

Les pauses sont également nécessaires pour passer de l’état de stress réactif à la phase de récupération et ainsi vous détacher du stress négatif. Ana Lombard conseille d’aller se balader un peu, ce qui vous permettra en même temps de profiter des bienfaits de la vitamine D du soleil, ou de relâcher les tensions en écoutant de la musique. La clé est de « trouver un moment que vous pouvez savourer.

2. Demandez de l’aide quand vous en avez besoin

Selon Ana Lombard, quel que soit le domaine, et encore plus sur le lieu de travail, demander de l’aide est presque tabou, « et pourtant savoir demander de l’aide quand on en a besoin est une force ». « Demander de l’aide à un(e) collègue peut être une occasion pour vous d’apprendre, en plus d’être une preuve de reconnaissance de son travail. » Pour cela, l’experte conseille de discuter avec vos collègues et créer des synergies au travail. Vous réduirez ainsi le stress négatif et renforcerez votre estime de soi.

3. Attention aux heures des repas

Pour l’experte, l’alimentation est intimement liée au stress négatif : « notre cerveau nous dit qu’il est fatigué et qu’il a besoin d’énergie, mais au travail, on gobe plus qu’on ne mange ». La thérapeute prévient que le fait de ne pas mastiquer correctement et d’avoir une alimentation pauvre ou principalement composée d’aliments transformés peut faire exploser le niveau de stress négatif. Donc, vous l’avez compris, pour favoriser le stress positif, pensez à manger plus lentement, même si vous ne disposez que d’une demi-heure pour le faire, et augmentez la part de légumes et de légumineuses dans votre alimentation.

4. Ne négligez pas votre espace de travail

Pour Ana Lombard, il est indispensable que les travailleurs disposent d’un espace de travail fonctionnel et ergonomique pour laisser libre cours au stress positif. Selon elle, « le confort de votre chaise de bureau et les pertes de votre entreprise sont peut-être plus étroitement liées que l’on ne le pense ». N’hésitez pas à utiliser cet argument quand vous demanderez à votre chef de changer de mobilier.

5. Apprenez à relativiser

Transformer des pensées négatives en un apprentissage positif peut sembler compliqué au départ, mais c’est une étape essentielle si vous voulez garder le stress à distance. Vous pouvez essayer de le faire grâce à la méditation, mais il existe d’autres moyens de transformer les pensées négatives en pensées positives, comme la pratique d’un sport ou l’apprentissage de techniques de respiration. L’essentiel est de savoir comment gérer les situations angoissantes et agir sereinement pour tirer pleinement parti du stress. Vous pourrez ainsi décupler vos capacités, analyser la situation sous un angle plus créatif et augmenter votre estime de soi. Tout bénef’ !

Article traduit de l’espagnol par Sophie Pronier
Photo de Thomas Decamps

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